Présentation.

Présentation.
Hello tout le monde !!!

J'ai enfin créer un blog...consacré à mes os.
J'espère que ce qui ont lu ma fiction x-virtuelle-yaoi-x viendrnt sur ce blog pour continuer à me lire et qui sait peut-être j'aurais de nouvelles lectrices.
On verra bien !

Je sais pas trop quoi dire. Je ne vais pas me présenter ça ne sert un peu à rien! lol Donc je vais passer directement à comment va marcher ce blog.

Sur cet article je mettrais une petit sommaire pour mener à tous les os que je vais publier pour que ce soit plus facile pour vous. J'inscrirais l'avancée de l'os si je le poste en plusieus parties. ^^

Ensuite... bientôt je publierais le dernier os que j'ai fait. Je voulais aussi savoir si vous voulez que je poste d'anciens os, ceux que j'ai surement publier dans l'autre blog?

Voilà voilà!
Je vous dis à bientôt ^^

Bisous bisous la compagnie!






SOMMAIRE




# Posté le mardi 06 janvier 2009 11:17

Modifié le samedi 17 octobre 2009 07:51

[OS]: Inéluctable attirance.

: Inéluctable attirance.



Premier OS à être posté ici!
J'espère qu'il vous plaira et qu'il ne sera pas trop long lol.

Genre: OS Bill/Tom


******


Deux respirations haletantes. Deux corps qui bougent en parfaite synchronisation. Mouvements gracieux et fluides qui se perdent dans la chaleur étouffante d'une chambre. Il fait chaud, beaucoup trop chaud mais c'est une chaleur enivrante. Chaleur due à cette excitation qui laisse place au plaisir de deux corps qui s'unissent.
Ce n'est pas la première fois qu'ils ne font qu'un mais à chaque fois c'est aussi intense.

Les cuisses du jeune homme se resserrent autour d'une taille fine mais dorée. La tension de la journée redescend doucement alors que les va et vient à l'intérieur de lui se font plus soutenus.
Des doigts qui se crispent sur la peau luisante de son amant. Sueur qui fait glisser ces derniers le long de la colonne vertébrale du blond.
Un gémissement beaucoup trop fort pour être contenu sort de la bouche du garçon aux cheveux noir jais. Gémissement suivi de près par un cri rauque. Son corps se cambre, ses membres se tendent. L'orgasme est dévastateur.
Scène identique à quelques minutes d'intervalle pour la personne qui l'accompagne.

Ils échangent de place. Le brun passant au dessus du blond pour se caller contre lui. Un silence après une litanie de gémissements, de cris. Silence réconfortant et apaisant.
Une tête brune repose sur le torse imberbe de son petit ami. Leur souffle se fait moins rapide, plus régulier, bien que brûlant. Les doigts du jeune homme qui reposent sur le torse de son amant commence à caresser cette peau qui s'offre à lui. Rêveusement, ses yeux se ferment lentement, l'intensité de l'orgasme fait son effet.

C'est avec un sourire aux lèvres qu'il se souvient de comment tout a commencé.
Comment, par un jour d'hiver, ses barrières sont peu à peu tombées. Comment ses grands yeux noisettes, qui sont actuellement posés sur lui, ont su l'envoûter.
Tout est une histoire d'attirance.
Une attirance inexplicable qui n'a toujours pas trouvé de réponses. Une attraction entre deux personnes qui ne se connaissaient pas vraiment.

La tentation de se découvrir se faisait trop forte.
Deux personnes qui ont fini par succomber à cette attirance avant qu'elle ne s'éloigne et disparaisse.

FLASH BACK

Une silhouette longiligne de 19 ans se dessine au coin d'une rue. Il fait sombre, le trottoir n'est éclairé que par quelques lampadaires. Certains clignotent, d'autres ne sont plus en activité. Ses pas sont rapides. Pas qu'il ressente de la peur ou de l'angoisse à parcourir une rue peu lumineuse. Il sait juste où il va. Il sait où tourner, où traverser. Ses pas le mènent d'eux même dans la direction voulue. Presqu'un an qu'il fait le même chemin.
10 mois à vivre une relation sérieuse avec un homme tout ce qu'il y a de plus charmant.
10 mois à vivre une idylle qui le convient...

Pourtant son c½ur s'emballe de façon irrégulière quand ses yeux se posent sur l'immeuble où il se rend. Ses mains parfaitement manucurées s'enfoncent un peu plus dans ses poches alors que la moitié de son visage se cache derrière son écharpe pour échapper au froid du mois de novembre. La cadence des battements de son organe vital accélère. C'est inexplicable.
Ce n'est pas pour la raison que tout le monde croit. Et le jeune homme aux cheveux noirs s'en veut de ressentir ça alors qu'il a un copain et qu'il l'aime.

Ca fait 5 mois que ça dure.
5 mois qu'il ne contrôle plus les battements de son c½ur.
5 mois qu'il ne peut faire disparaître cette boule qui se loge au creux de son ventre quand il voit cette chambre allumée.
Ses pas ralentissent. Il sait où il va mais la destination ne lui semble plus si sûre que ça. La seule lumière de l'appartement allumée le fait déglutir. Comme à chaque fois que ses yeux se posent sur cette chambre ou sur lui.
C'est sa chambre. Celle du colocataire de son petit ami. Il a beau se retourner l'esprit dans tous les sens, toujours la même pression l'envahit. Il n'arrive pas à en trouver la cause. Il n'arrive pas à la faire disparaître. Il sait juste que ça arrive quand il se rapproche de cet appartement et qu'il sait qu'il va le trouver. Encore plus quand il est en contact direct avec lui.

Peur de faire un faux pas.
Peur de céder à cette attirance qui se fait de plus en plus forte et qu'il ressent à tous les coups. Une tension électrique naît quand il est en face de lui. Qu'il le veuille ou non, il n'arrive pas à la contrôler.

Cette tension... agréable mais intimidante. Tellement puissante qu'elle lui donne la chair de poule. Bouffée de chaleur qui parcourt son corps à 200 kilomètre/heure mais frisson glacial qui lui rappelle qu'il n'est pas là pour lui.

Il sort le double des clés qu'il possède et ouvre la porte d'entrée avant de s'engouffrer dans l'endroit chauffé. Il soupire de bien-être en sentant la chaleur l'envahir. Il déteste l'hiver. Ses habits sont beaucoup trop légers pour cette saison mais il ne se voit pas porter ses horribles doudounes qui ne ressemblent à rien. Il range les clés dans sa poche avant de s'approcher de la cage d'escaliers pour gravir les étages.
Un nouveau soupir sort de sa bouche pour tenter de faire disparaître ce tourbillon dans son estomac qui n'en fait qu'à sa tête. Il se tord de plus en plus au fur et à mesure qu'il voit les escaliers se dérober sous ses pas. Et inévitablement... il arrive devant la porte.

Il hésite. Ouvrir la porte ou taper. Faire comme chez lui, comme lui a recommandé Jürgen ou d'abord prévenir de sa présence. Il ne veut pas le déranger. Il ne veut pas non plus s'imposer. Bien sûr il est le petit ami d'un des habitants mais à chaque fois c'est pareil... il oublie ce détail quand il rencontre ses yeux. Il se décide finalement et tape trois légers coups sur la porte en bois avant de faire un pas en arrière. Inconsciemment, il passe une de ses mains dans ses cheveux pour replacer quelques mèches rebelles. Subconscient qui parle pour lui-même. Subconscient qui lui joue aussi des tours.

Une musique cesse. Des pas se rapprochent. Son c½ur accélère.
Un verrou se fait entendre. La porte s'ouvre à moitié. Son c½ur manque un battement quand leurs regards se rencontrent.
Il ne s'était pas trompé. C'est bien lui.

- Hé salut Bill, ca va ?
- Salut... Tom ça va merci. Jürgen est là?
- Ah non désolé il travaille encore.
- Oh..
- Mais rentres ne restes pas là, il va bientôt arriver.


L'androgyne jette un coup d'½il par dessus l'épaule de Tom. Il se mord la lèvre inférieure semblant réfléchir à quelle réponse donnée. Il ne sait pas si c'est une bonne idée. Mais comme d'habitude il ne peut s'empêcher de répondre la même réponse.

- Oui mais je voudrais pas te déranger.
- Tu me dis ça à chaque fois. Si tu me dérangeais je te proposerais pas.
- Désolé...


Un léger rire sort de la bouche de Tom avant de laisser le passage à Bill. Ce dernier respire un bon coup avant de pénétrer dans l'appartement. Leurs épaules se frôlent au moment où il passe à côté du dreadeux.
Toujours ce frisson. Toujours cette tension qui renaît de ses cendres quand il croit l'avoir vaincu.
Bill croyait pourtant que ce ne serait que passager. Un léger coup de c½ur pour le nouveau colocataire de son copain. Mais ça dure et ne part pas. 5 mois se sont écoulés. 5 mois qu'il vit ici et le brun n'arrive toujours pas à gérer cette étrange attirance.
Attirance qu'il sait réciproque. Il peut sentir que le regard que Tom pose sur lui est aussi fort que celui qu'il lui donne. Aucun mot pour décrire cette attirance électrique qui s'est mise en place entre eux depuis le début de leur rencontre. Ils en n'ont jamais parlé mais la ressentent.
Mais pour Bill c'est déjà beaucoup... il a l'impression de tromper indirectement Jürgen à agir de la sorte. De flirter sans vraiment sans rendre compte. Mais comment cesser une sensation aussi grisante? Comment réussir à contrôler cette électricité qui s'émane de leurs corps sans jamais être mise à profit?

Il a déjà failli succomber plusieurs fois. Bill sait que c'est risqué de rester seul avec Tom mais il ne peut pas s'empêcher de vouloir ressentir cette sensation qui parcourt tout son corps. Il adore autant qu'il déteste éprouver ce désir et sentir les yeux de Tom le regarder avec cette lueur de désir. Envie de plonger tête baissée vers l'inconnu mais il sait qu'il pourrait le regretter, et perdre beaucoup. A quoi bon tout laisser tomber pour une histoire juste physique ?
Un tas de contradiction tourne dans sa tête et il se sent de plus en plus perdu.

Il frissonne malgré lui à la pensée de ce qu'il pourrait se passer s'il n'écoutait pas sa raison mais ses envies.

Bill se dirige instinctivement dans la seule pièce éclairée de la maison.... la chambre de Tom. Ne faisant pas attention à où ses pas l'emmènent, Bill s'assoit sur le lit en regardant la guitare installée sur le lit.

- Tu jouais?
- Ouais je fignolais un morceau.
- Ah d'accord.
- Jürgen ne devrait pas tarder. Tu veux boire quelque chose en attendant?
- Euh non merci.


Bill ôte sa veste et la pose à ses côtés après avoir regarder Tom quitter la chambre. Il revient quelques instants plus tard, une petite bouteille d'Ice Tea à la main.

- Il ne m'a pas dit que tu devais passer ?
- Il ne le savait pas. Je suis juste venu.. comme ça
.

Bill hausse les épaule et un sourire est échangé. Comme d'habitude l'air s'alourdit en une fraction de secondes. Comme d'habitude l'atmosphère se charge en électricité.

Cette tension...
Omniprésente quoiqu'ils fassent. Ils la ressentent tous les deux et n'arrivent pas à s'en défaire.
Il sentent leurs souffles se faire plus longs et plus silencieux comme pour ne pas troubler ce moment. Ils voient leurs regards devenir trop intense et trop longs quand ils se posent dans les yeux de l'autre. Ils entendent dans la voix de chacun que l'autre pèse ses mots pour ne pas commettre un sous-entendu. Ils peuvent presque toucher le stress qui s'émane d'eux tellement il est présent. Palpable au point de les mettre mal à l'aise.

Ils mettent une distance respectable entre eux. Pas trop proche pour ne pas tenter le diable.

Après un long silence une discussion s'engage. D'abord hésitante, elle se fait plus confiante au fur et à mesure que les minutes passent. Il faut dire qu'ils ont un point en commun... la musique. Une passion qu'ils se sont vite découverte en commun. Passion que Jürgen ne partage pas, et parfois même ne comprend pas.
Incompréhension quand il voit les yeux de Bill s'illuminer quand Tom joue de la guitare.
Incompréhension quand il voit cette complicité entre eux alors qu'ils ne se connaissent pas tant que ça.
Incompréhension quand il croise les regards que Bill et Tom peuvent échanger quand ils parlent.

Incompréhension ou jalousie ?

Un rire clair retentit dans la chambre. Bill se plie en deux, tellement rire peu faire mal quand ça dure trop longtemps. Il entoure ses bras autour de sa taille, se tient le ventre et se penche vers l'avant.

- N-- non.. c'est.. t-- t'as...

Difficulté à parler. Respiration hachée par les rires qui se font plus bruyants. La distance entre les deux jeunes hommes diminue. Assis en tailleurs, face à face sur le lit, leurs genoux se frôlent. Ils ne font pas attention à la proximité qui s'installe peu à peu entre eux. Un peu plus à chaque fois. Facile à venir, mais beaucoup plus difficile à faire partir. Ils ne le remarquent pas encore mais s'en rendront compte quand la réalité ressurgira.

- C'est pas de ma faute..
- Quand même un peu.. tu-- et t'as continué à jouer?
- Ben euh... oui...


Bill pouffe de rire en essuyant une larme qui coule au coin de l'½il. Tom baisse un peu la tête, en triturant ses doigts faisant mine d'être vexé.

- Ca devait être comique à voir. J'imagine la scène. Ta guitare qui se débranche et toi qui essaie de sortir des notes. J'imagine ta tête ! « Ah ben merde pourquoi y a rien qui sort »
- Oh ça va hein...


Tom retrousse son nez en regardant Bill avant de baisser le regard. Le brun esquisse un sourire attendri par la scène. Il n'avait encore jamais réellement apprécié ce côté de la personnalité de Tom. Sa lèvre inférieure légèrement ressortie, son visage dirigé vers le bas et ses mains accrochées à la couture de son tee-shirt. Il est mignon... et tellement à croquer dans cette position et avec cette expression.
Le blond relève doucement la tête et capte le regard de Bill posé sur lui. Le brun n'avait pas réalisé qu'il fixait autant le dreadeux.

Et là tout bascule une nouvelle fois. Océan noisette dans lequel chacun se perd. Leurs yeux se rencontrent et la tension qui avait légèrement disparu lors de leur fou rire revient prestement. Ou peut-être qu'ils s'y étaient juste habitués...

Un frisson parcourt l'androgyne et il est pratiquement sûr d'avoir vu le corps de Tom tressauter pour la même raison.
Encore cette atmosphère... lourde de sens. Impossible à effacer. Leurs c½urs battent un peu plus vite quand le genou de Bill se posent inconsciemment sur celui de Tom.
Tout semble être oublié. Leur discussion, leur fou rire, plus rien ne semble exister... sauf cette électricité qui erre dans la pièce, un peu plus chaotique à chaque fois qu'elle refait son apparition.

Tout s'est passé trop vite. Ils n'ont rien vu venir. Bill voudrait baisser le regard ou du moins le détourner mais il n'y arrive pas. Il se sent hypnotiser par ce qu'il a en face de lui. Son grand sourire s'est peu à peu effacé mais un léger reste en surface. Il trouve tellement adorable la manière d'agir de Tom que ce sourire ne peut pas s'effacer.

A chaque fois c'est le même scénario.

Guidé par cette attirance inexplicable, Tom se redresse légèrement, et se penche vers le brun dans un mouvement fluide. Leurs regards ne se quittent pas. Bill regarde chaque geste de Tom avec la boule dans son ventre qui se contracte quand il sent les mains effleurer ses hanches à travers le tissu avant de se poser de chaque côté pour prendre appui.
Leurs visage sont à quelques centimètres l'un de l'autre.
Tout est redevenu si sérieux que ça semble irréel.

Il devrait l'arrêter, le repousser. Il le sait mais ne le fait pas. Il ne peut pas s'empêcher de regarder ses deux iris posées sur lui. Il n'arrive pas à s'en défaire.

A chaque fois c'est le même sentiment.

Tension palpable qui monte d'un cran quand les yeux de Tom délaissent ceux de Bill pour fixer ses lèvres. Le regard du brun s'attarde sur les yeux marrons de Tom qui semblent focaliser sur sa bouche. Il ressent alors un effleurement aérien en même temps qu'une explosion éclate dans son ventre. Ses yeux maquillés se ferment à moitié sous le contact.
Si faible mais si fort.

Leurs souffles se mélangent, s'entremêlent pour s'évader sur le visage de l'autre. La lèvre inférieure de Tom se calle entre celles de Bill. Entrouvertes... si tentantes. Comment résister à cette vue ?

Toucher électrisant qui les fait frissonner tous les deux. Tentation à son paroxysme. Deux c½urs qui accélèrent sans pouvoir arrêter cette machine qui savent dangereuse et glissante.
Tension palpable qui se ressent dans tous les recoins de la pièce et même à l'intérieur d'eux. Elle tourbillonne dans tous les recoins et se concentre autour des deux corps.

Comme à chaque fois, plus rien n'existe.

- Tom....

Leurs peaux frissonnent. Leur ventre se tord délicieusement. Un seul contact mais pourtant tellement intense. Aucun moment n'a été aussi fort depuis longtemps pour chacun d'eux.

Une main de Bill se pose sur un avant-bras de Tom. Pour le repousser ? Pour le retenir ? Il n'en sait rien. Il sait juste qu'il va exploser de l'intérieur s'il ne fait rien.

Les mains de Tom glissent et ses doigts attrapent les draps alors qu'il tire sur la lèvre supérieure de Bill qui soupire silencieusement. La langue de Tom sort de sa bouche pour aller redessiner celle de l'androgyne. Toujours en regardant ses lèvres rougies d'impatience.
Il peut les voir s'entrouvrir un peu plus pour laisser libre accès à cette langue qui devient si tentante pour Bill. Humide et chaude. Envie de la sentir se coller contre la sienne. Envie de la mordiller et de la sentir s'enfoncer dans sa bouche. Envie de sentir tout ce corps se presser contre lui.
Leurs yeux finissent par se retrouver alors que l'autre main de Bill, quelque peu tremblante part s'accrocher à la nuque de Tom.
Première fois que Bill va aussi loin et qu'il lui donne son accord. Il en a tellement envie et il ressent tellement de désir pour le blond qu'il lutte pour garder ses yeux ouverts. Il ne pense qu'à une chose... sentir la langue de Tom encore plus.

- Vas-y...

Un porte claque.

- Sale temps de merde!

Un juron bruyant retentit dans l'appartement.
Tom et Bill sursautent d'un même mouvement avant de s'éloigner brutalement l'un de l'autre, réalisant ce qu'ils étaient entrain de faire. Les yeux de Bill s'arrondissent soudainement avant de se lever prestement du lit. Il se tourne et passe ses doigts sur ses lèvres, ses yeux fixant un point invisible comme s'il était hors du temps. Au même moment, Jürgen entre dans la pièce et le ramène à lui.

- Bill! Ca me fait plaisir de te voir. Qu'est ce que tu fais là?

Son petit ami ne lui laisse pas le temps de répondre et se faufile tendrement dans ses bras. Etreinte que Bill lui rend. Bill ferme les yeux pour essayer d'atténuer la culpabilité qui recommence à le ronger. Mais rien n'y fait, derrière ses paupières, seul le moment qu'il vient de passer avec Tom suscite. Il n'imagine même pas ce qui ce serait passé si Jürgen avait été plus silencieux.

Sauvés... mais pour combien de temps?


[...]

- Tu dors ici ce soir?
- Euh oui je...
- T'inquiète je sais ce que tu vas me dire et non tu ne me déranges pas et Tom non plus pas vrai?


Tom se crispe en entendant son nom et finit par détourner la tête de la télévision, pour poser son regard sur Bill et Jürgen qui se trouvent dans la cuisine. La vue qui s'offre à lui, lui retourne l'estomac tellement il aimerait être à la place de son colocataire à cet instant. Son ventre se tord de façon désagréable alors qu'un sentiment qu'il ne connaît que trop bien prend place dans son esprit.
La jalousie...
Il déteste se sentiment mais ne peut pas s'empêcher de le ressentir quand il s'agit de Bill. Cette attirance est allée beaucoup trop loin pour lui. Semblant deviner ses pensées, Bill pose ses yeux sur Tom attendant une réponse de sa part, sa tête se penchant légèrement sur le côté, cognant légèrement contre celle de Jürgen.
Il essaie de lire en lui, il essaie de voir ce que Tom peut ressentir. Ses yeux se plissent légèrement et une profonde tristesse l'envahit. Comment en est-il arrivé là ?

Equipé d'une cuisine américaine, Tom peut assister à la scène sans prendre la peine d'aller dans la pièce, un bar étant encastré dans le mur, laissant une vue imprenable sur la pièce.
Bill est accoudé à ce dernier, semblant être assis sur un des tabourets. Ses coudes le soutenant alors que ses yeux fixent toujours Tom dans l'attente d'une réponse. Jürgen a passé ses bras autour de la frêle taille du brun, sa tête reposant sur son épaule, lui posant quelques bisous dans le cou de manière irrégulière.

- Alors Tom?
- Comment?
- Roh j'te jure... tu veux bien qu'il reste dormir?
- Euh.. non ça ne me gène pas.


Tom se replace convenablement dans le canapé, coupant court à son suicide mental. Ca ne sert à rien de se faire du mal comme ça. Ne s'étant plus rien passé depuis l'incident en début de semaine, Tom semble croire que Bill a retrouvé ses esprits, et a réalisé à quel point ça avait été débile de se laisser faire. Le dreadeux soupire doucement alors que l'effleurement des lèvres de Bill lui revient en mémoire. Ses yeux se ferment d'eux même.
Impression de ne pas être assez bien pour lui. Impression d'être en trop ou de ne pas être à sa place...
Ses paupières s'alourdissent et il ne se rend pas compte qu'il tombe dans le sommeil. Loin de la réalité, là où ses envies sont comblées. Là où une certaine personne n'est plus si inaccessible que ça.

***

- Eh Tom tu t'es endormi...
- Merde... il est quelle heure?


Tom se frotte les yeux et les ouvre pour se rendre compte qu'il est affalé sur le canapé, la bouche pâteuse, la télé toujours allumée.

- Tard 23h30. Comme on ne voulait pas te réveiller on a mangé ça te gène pas j'espère.
- Non j'avais pas faim de toute façon... Bill est parti?
- Oh non il est dans ma chambre. On va aller se coucher demain faut que je me lève.
- D'a-- accord...
- Bonne nuit vieux.


A peine réveillé, la réalité revient en pleine face. Rien qu'à l'idée que Jürgen et Bill dorment ensemble le fait soupirer. Soupir d'exaspération. Il en a marre de cette situation. Il devrait peut-être... partir...

***

Une douce chaleur remplie la pièce. Jürgen s'installe au dessus de Bill qui s'est changé pour troquer ses habits contre un simple boxer. Plus maquillé, il paraît plus fragile, plus enfant...
Il calle son nez dans le creux du cou de Bill et inspire profondément avant de chuchoter.

- Tu sens bon...
- Merci...


Les mains du brun remontent dans le dos de son petit ami pour une douce caresse sans arrière pensée. Il n'en a pas vraiment envie ce soir de toute façon. Mais pourtant les mains de Jürgen se font rapidement plus baladeuses. Passant sur son torse, sur son ventre et à l'intérieur de ses cuisses. Il adore ce genre de caresse d'habitude. Un léger frôlement qui donne plus de sensations. Mais ce soir... il ne comprend pas pourquoi les mains de son amant ne sont pas assez grandes pour lui.
Il essaie de profiter, de se contenter de cela mais c'est plus fort que lui... ses yeux se ferment et tout d'un coup, les sensations ne sont plus les mêmes. Les mains deviennent grandes, les doigts plus fins... plus rugueux, comme s'il jouait d'un instrument.
Les caresses sur son corps le font réagir.
Cette main qui se pose sur son entrejambe le fait gémir. Cette langue dans son cou le fait frissonner. Cette voix qui lui murmure qu'il l'aime fait battre son c½ur un peu plus fort. Voix rauque, chaude sensuelle... mais ce n'est pas la voix de Jürgen. Des traits de visages se forment dans son esprit. D'abord abstraits, il deviennent de moins en moins flous, de plus en plus concrets. Comme un tableau que le peintre achève en ajoutant de la couleur. Des yeux noisettes se plongent dans les siens. Des dreads blondes et bien soignées font irruption dans son subconscient. Dreads dans lesquelles il y passe une main.

A cette vision, son corps se cambre alors qu'il se retrouve nu en dessous de son copain. Mais il n'a pas l'impression d 'être avec lui. Les caresses qui lui sont infligées se font plus appuyées, plus sexuelles, mais ne sont pas de Jürgen pour lui. Son esprit est tellement focalisé sur Tom qu'il a véritablement la sensation que c'est le jeune homme qui le touche. Il en a tellement envie, qu'il matérialise ce désir pour le rendre réel.
Il a l'impression de devenir fou... c'est devenu une obsession ce gars.

Bill retourne la situation et inverse les rôles. Se retrouvant au dessus, il surplombe Jürgen, ses yeux cherchant une lueur dans ceux de son petit ami. Mais aucune n'apparaît.. pas celle qu'il cherche. Pas celle que les yeux de Tom détiennent. Cette lueur de malice mélangée à celle enfantine qui fait toute l'expression de Tom.

- Hé t'as l'air en forme ce soir dis moi...

Il n'avait pas remarqué à quel point son érection était visible. Ni non plus que Jürgen ne portait plus rien. Trop perdu dans ses pensées, trop perdu à matérialiser son rêve.
Aucune réflexion sort de la bouche de Bill alors qu'il est le premier à faire des sous-entendus d'ordinaire.
Jürgen n'en tient pas rigueur, appréciant l'enthousiasme de l'androgyne qu'il semblait plutôt farouche au début.
Un léger rire sort de sa bouche, vite capturée par Bill, qui se cambre pour presser son sexe contre celui de son petit ami. Ses yeux se ferment, un visage se dessine. Celui qui le fait rêver depuis bien trop longtemps.
Bill gémit en sentant ses doigts du châtain s'enfoncer dans son dos quand il le pénètre doucement. Il rêve tellement de sentir un autre corps contre lui.

- Han oui...

Ses gémissement se transforment en cris alors que dans son esprit ce n'est plus Jürgen qui est à ses côtés. Il se sent minable d'agir ainsi mais c'est tellement mieux comme ça... sentir les mains de Tom descendre jusqu'à ses fesses. Sentir ses doigts se contracter et presser cette chair avant qu'un se faufile et fasse le tour de l'orifice. Les coups de Bill se font de plus en plus rapides. Jürgen ne retient pas ses gémissements et le brun non plus à présent.

- Vas-y putain...

Il a besoin de sentir quelque chose. Ses yeux fermés, ses lèvres effleurent celles de Jürgen alors qu'un doigt s'enfonce en lui. Il sent le doigt rugueux de Tom s'insérer petit à petit en lui. Il sent l'odeur de Tom enivrer son odorat. Tous ses sens le trahissent et se retournent contre lui. Il ne perçoit plus rien du réel... tout n'est que tromperie.

- T-- T...
- Hum quoi?


Bill se mord la lèvre inférieure, ses mains se crispant sur les cuisses de son amant pour ne pas gémir un nom qui n'est pas le sien. Il soupire fortement en respirant de grandes bouffées d'air par le nez, s'enfonçant plus profondément en Jürgen.

- Tellement bon putain t'arrête pas...

Si Tom savait qu'il était à ce point la raison de cet orgasme qui envahit peu à peu l'androgyne. S'il savait que Bill ne voulait qu'une chose... le sentir contre lui et ne faire qu'un pour enfin réussir à mettre des faits réels sur son imagination qui lui joue de plus en plus de tours.
Mais il ne sait rien. Il entend juste le plaisir que Bill ressent. Plaisir qu'une autre personne lui donne. Plaisir que Jürgen lui prodigue... enfin ça c'est ce qu'il croit. Il ne se doute pas qu'à cet instant Bill ne voit que lui, n'imagine que lui. Tout son corps ne demande que lui mais le dreadeux ne le sait pas. Il n'entend que cette voix enrouée qui s'élève de plus en plus. Se cachant de moins en moins.

Seul dans sa chambre, Tom se tourne plusieurs fois dans son lit sans jamais trouver le sommeil. Les yeux fermés, des images illusoires font leur apparition. Bill sous Jürgen. Bill entrain de faire l'amour à une autre personne. Bill prenant du plaisir sans lui. Bill frissonnant, gémissant, luisant de sueur.

Ses yeux s'ouvrent d'un coup alors qu'un gémissement sonore se fait entendre. Il reconnaît la voix. Il s'assoit sur son lit croisant les jambes, sa main allant masser sa nuque. Il essaie en vain d'effacer toutes ces horreurs de son esprit. Il essaie de faire disparaître Bill de sa tête. Il prend cette dernière entre ses mains pour essayer de ne plus penser à tout ce qu'il entoure.
Il ne veut plus penser.
Il ne veut plus entendre.
Juste ce soir... il ne veut plus exister si ça lui permet de ne pas avoir à écouter Bill et Jürgen. Il ne supporte pas ça. Il n'arrive pas à extirper cette envie qui lui tiraille le ventre et ce désir qui le consume à chaque fois que Bill pointe le bout de son nez.

Il en a marre de ressentir tout ça et ne veut plus à avoir à subir cette situation. Il ne veut plus ressentir son c½ur manquer un battement à chaque fois qu'un gémissement traverse les murs. Il ne veut plus sentir cette envie presque obsessionnelle d'être à la place de son colocataire. Il ne veut plus avoir à endurer cette attirance qui le rend fou un peu plus chaque jour.

Se rendent-ils compte qu'il est dans le même appartement que lui?
Pourquoi faut-il qu'il entende? Pour lui torturer l'esprit? Pour lui faire comprendre que Bill n'est pas accessible? Et qu'il n'est pas à lui? Ca il a compris... de la plus mauvaise des manières. Tom n'a rien demandé. Il n'a jamais demandé à ressentir tout ça pour Bill.
Et pourtant il en paye le prix fort ce soir. Il n'aurait jamais cru qu'il aurait autant envie de vomir. Sa gorge se contracte et l'empêche d'avaler correctement. Il se sent minable d'être dans cet état pour un homme qu'il ne peut avoir mais comment faire? Son corps agit de lui-même. Il se lève sans s'en rendre compte et se dirige dans le couloir. Impression d'être ailleurs et de ne plus rien voir correctement. D'être en dehors de la réalité.

Quelques minutes plus tard, la chasse d'eau est tirée. Tom se racle la gorge en tentant vainement de faire disparaître ce goût affreux de sa bouche. Il grimace en se positionnant face à l'évier, son regard tombant directement dans le miroir.
Livide... il déteste vomir surtout qu'il ne voit pas une raison assez forte pour en arriver là. Son estomac le torture et il détourne le regard quand ses yeux se posent une nouvelle fois dans le miroir. Il se mouille le visage en bougeant la tête de gauche à droite.

Il ne comprend rien. Il ne comprend pas comment une simple attirance a pu se transformer ainsi.
Que peut-il faire maintenant?

[...]

Ellipse d'une semaine.

Une main cogne le bois dur de la porte. Il doit y mettre beaucoup de force pour que son poing fasse le bruit voulu. Pour que la personne à l'intérieur l'entende. Pour qu'il vienne lui ouvrir...
Le brun est nerveux, stressé par ce qu'il va suivre. Il s'est retrouvé devant cette porte sans vraiment sans rendre compte. Ses pensées ont pris le dessus et son subconscient l'a mené là où il avait envie d'être. Chez la personne qu'il avait envie de voir. Peut-être pas la bonne... pas celle qu'il devrait avoir envie de voir, mais c'est plus fort que lui.

Bill pince la lèvre inférieure entre ses dents pour tenter d'évacuer le stress qui l'envahit un peu plus à chaque seconde qui passe. Un stress qui s'infiltre dans tout son corps sans lui laisser une once de repos.

Son c½ur manque un battement en entendant un bruit de verrou familier et son ventre se tord. Il déglutit difficilement en apercevant une tête dans l'entrebâillement de la porte. Un visage reflétant une surprise totale. Il ne s'attendait pas à le voir. Bill lui-même ne s'attendait pas à se trouver devant cet appartement.
Des yeux arrondis. Une bouche entrouverte. Une personne qui cherche ses mots sans les trouver. Tom semble perdu.

- Salut Tom...

La voix de Bill est hésitante, quelque peu tremblante. Il n'aurait peut-être pas dû frapper. Il aurait peut-être dû tourner les talons et oublier qu'il était venu ici.
Se dire que c'était une erreur et ne pas faire un pas vers lui.
Mais maintenant c'est trop tard. Son c½ur se serre quand il voit le visage de Tom se fermer. Ils ne se sont pas réellement revus depuis la nuit où Bill a dormi ici. Depuis cette nuit-là, il peut sentir que Tom met une certaine distance entre eux. Encore plus qu'avant...
Il peut sentir ce frisson assez désagréable le parcourir alors que ses yeux se posent dans ceux de Tom. D'habitude c'est une chair de poule enivrante qui l'envahit. D'habitude...

Depuis cette fameuse nuit, il sent bien que quelque chose a changé, que le blond ne laisse plus cette tension s'immiscer entre eux.
Il essaie de paraître indifférent face au brun. Il essaie de ne pas dévoiler ses émotions. De ne pas se souvenir de ce qu'il a entendu bien que cela le hante tous les jours depuis. Il ne peut s'empêcher à cet instant de repenser au bruit, aux gémissements de Bill. Des gémissements dont il n'était pas le responsable et dont il ne le sera probablement jamais... c'est ça qui fait le plus mal sûrement.
Ce n'est que dans un souffle qu'il prononce quelques mots. Il tente de ne pas se trahir face au visage perplexe et déçu de Bill. Il peut imaginer ce qu'il pense, il peut ressentir cette déception qu'il lit dans ses yeux.

- Bill... Jürgen n'est pas là.

Ce dernier baisse les yeux à l'entente de cette phrase. Il mord le bord de sa lèvre inférieure un peu plus fort qu'à l'accoutume en réalisant quelque chose... il se sent honteux de ne pas avoir penser à Jürgen en venant ici. Une seule personne traversait son esprit et ce n'était pas son petit ami... il se sent vraiment pitoyable.
Il se sent tellement mal face à cette situation. Et pourtant il ne peut empêcher ce désir d'augmenter à chaque rencontre avec Tom. Il devient plus fort, bien trop fort pour être contrôler. Mais à cet instant il se sent ridicule. Debout devant un Tom qui ne montre aucune émotion à travers sa voix, ou même à travers son regard. Il se sent petit et vulnérable. Il ne s'attendait pas à cette réaction.
Il ne pensait pas ressentir de l'indifférence émanée de Tom. Et surtout... il ne la ressent pas. Cette tension qui d'habitude surgit au premier regard qu'ils s'échangent. Il perd un peu ses moyens et déglutit avant de répondre.

- J- je suis venu te voir toi...

Sa voix est faible, et bégayante. On peut la sentir trembler légèrement. Preuve de son incertitude face à ce qu'il va se passer.
Bill se sent complètement perdu et Tom le ressent. Il ressent cette pointe d'angoisse qui augmente de minutes en minutes. Plus il paraît indifférent, plus l'androgyne sent la boule au fond de son ventre grossir. Il déglutit en l'attente d'une réponse de la part de Tom. Tellement pressé d'entendre ne serait-ce qu'un mot. Le dreadé ressent ses doutes.
Il sait qu'il en est la cause.
Il sait que c'est sa faute si Bill est encore plus stressé qu'à son arrivée.
Il sait tout ça alors pourquoi ne fait-il rien? Pourquoi essaie t'il de rester de marbre pour ne pas montrer ses émotions ? Pourquoi agit-il ainsi ?
Il provoque lui-même ces doutes et ne fait rien pour le rassurer. Il ne veut pas montrer qu'il est aussi perdu que lui. Il ne veut pas commencer à espérer. Tom sait parfaitement que s'il commence à réfléchir sur la raison de la venue de Bill, il va peut-être s'imaginer des explications fausses. Il ne veut pas craquer et paraître aussi indifférent que lui. Il ne veut pas ressentir encore une fois cette attirance beaucoup trop prononcée pour Bill alors qu'il n'est pas accessible.

C'est égoïste?
Peut-être mais il cherche seulement à se protéger pour ne pas souffrir. Il ne veut plus ressentir cette souffrance qu'il a pu éprouver quand il a entendu des choses qu'il n'aurait pas du entendre. Il ne devrait pas ressentir tout ça alors il tente de repousser au maximum ses sentiments. Il les dissimule pour mieux réussir à les faire disparaître.

Il se mord légèrement la lèvre inférieure quand il voit Bill triturer ses doigts sans savoir quoi faire. Il s'en veut de lui faire endurer ça. Paradoxe entre l'envie d'éprouver tout ce que Bill lui fait ressentir et le désir d'arrêter une fois pour toute cette histoire pour pouvoir vivre sans la honte d'éprouver une telle attirance pour le petit-ami de son colocataire.

Tom n'est pas du genre à briser les couples, et il ne veut pas commencer maintenant.
Ses yeux s'affaissent doucement alors que son regard se fait plus intense. Il essaie de lire en Bill. Il essaie de voir ce qu'il ressent. Il essaie mais... va-t-il y arriver ?
Le brun relève un peu la tête et leurs regards se croisent quelques secondes. Tom détourne la sienne et fixe un point imaginaire.
Ne pas craquer.

Pour ne pas la ressentir... pour ne pas ressentir cette électricité qu'il est sûr d'éprouver s'il se laisse déborder par les sentiments. Il ne doit pas ressentir cette sensation étrange qui lui retourne l'estomac quand il voit Bill. Un tourbillon de sentiments le submerge mais il fait tout pour le repousser.
Pour ne pas craquer...

Le silence se fait pesant. Chacun aimerait dire quelque chose mais aucun n'ose vraiment parler. Bill de peur de se faire rejeter et d'avoir imaginer cette attirance réciproque. Tom de peur de se laisser aller et de partager un moment avec Bill qui ne le rendra que plus fou de lui. Qui rendra cette tension, pour l'instant seulement mentale, beaucoup trop concrète pour lui.

Il finit par s'appuyer sur la porte en soupirant, ses yeux restant dirigé vers le sol, cherchant à tout prix à éviter les yeux de Bill. Il se connaît. Il sait que s'il le regarde trop longtemps, cette chaleur familière qu'il sent naître à l'intérieur de lui quand le brun est à proximité va revenir. Il ne veut pas courir de risque même si une petite voix dans sa tête lui intime l'ordre d'arrêter de réfléchir aux conséquences. De vivre ce qu'il a envie de vivre. Mais paradoxalement sa raison l'oblige à ne pas aller trop loin et à mettre un terme à cette situation qui devient de plus en plus gênante.
Pour Bill comme pour lui.
Duel permanent entre la raison et le c½ur. Entre l'intellectuel et les sentiments.
Le choix est difficile et personne ne sait qui va l'emporter avant que le concerné prenne sa décision. Ses iris noisettes prennent les commandes et se posent sur le visage de Bill. Elles le scannent en détaillant la moindre de ses réactions. Ce dernier garde ses yeux baissés. Il attend une réponse de la part de Tom mais en même temps la craint. Contradiction au fond de lui.
Envie qu'il réponde vite mais en même tems peur de connaître justement cette réponse.

- T'aurais pas du venir...

Ce n'est qu'un souffle qui traverse les lèvres de Tom. Léger, presqu'inexistant mais à ce son, Bill tente de capter le regard du dreadeux en osant relever la tête. Il soupire légèrement de soulagement en sentant cette pointe d'inquiétude que Tom ressent. Il est aussi déstabilisé que lui. Aussi perdu.
Il l'a senti... cette hésitation dans le ton de sa voix. Il a senti la voix de Tom faiblir quand le denier mot a été prononcé. Preuve qu'il n'est pas le seul. Preuve qu'il est autant perdu que lui. Ils sont deux dans cette histoire.
Lui qui avait peur de l'indifférence de Tom à son arrivée se sent plus léger. Indifférence qui le rendait presque malade. Peur de ne plus être aussi important à ses yeux. Peur de ne plus ressentir cette tension entre eux. Il ne devrait pas mais pourtant il meurt d'envie d'éprouver encore une fois cette sensation bizarre mais agréable au creux de son ventre.

- Je sais.
- Alors pourquoi?


Il ouvre la bouche mais la referme quelques secondes après. Le brun ne le sait pas lui-même. Quand il a tapé à la porte il savait juste une chose... il voulait le voir. Les restes du quasi baiser qu'ils ont échangé sont encore trop présents pour lui. Il ne fait qu'y penser même s'il sait pertinemment qu'il ne devrait pas. Il le sait mais pourtant il le fait. Pourquoi? Parce que c'est plus fort que lui. Parce qu'il a adoré sentir Tom aussi proche de lui. Parce qu'il a encore envie de sentir ce phénomène qui se produit quand la distance entre eux disparaît.
Il adore ressentir cette tension lourde mais en même temps tellement douce...
Il sait que c'est réciproque. Il sait que Tom ressent pareil mais qu'il le cache. Il a envie de le croire. Il n'arrive pas à imaginer que toute cette attirance ne soit vraie que dans un sens.

- Je sais pas...

Chuchotement incertain qui montre sa peur face à la réaction de Tom. Il craint le rejet. Même s'il a cette intuition que c'est réciproque, il a toujours ce doute en lui qui s'immisce lentement et qui le rend nerveux. Il finit par hausser les épaules en gardant sa tête obstinément baissée.

- Enfin je... je voulais te parler.

Murmure dans le silence du couloir où Bill se trouve. Tellement bas que sa voix ne résonne pas. Mots presque inaudibles mais Tom les entend. Pour la première depuis son arrivée, leurs iris rentrent en contact.
Ce n'est peut-être pas une bonne chose se dit Tom.
Leurs yeux se fixent, se fondent les uns dans les autres. Chacun cherche à comprendre l'autre. Chacun cherche des réponses dans le regard de l'autre mais il sont dans le flou autant l'un que l'autre.

- Je peux entrer ?
- Je sais pas je...
- S'il te plaît. Juste pour parler.


Tom baisse les yeux mais les relève la seconde d'après.
C'est trop tard...
Comment peut-il lui résister ? Comment peut-il lui dire non ?
Il devrait mais il sait qu'il ne le fera pas. Il sait parfaitement qu'il le laissera entrer et qu'il profitera de la moindre seconde qu'il va passer avec lui-même si ce n'est que pour l'écouter parler.

- Ok ..

La porte s'ouvre un peu plus pour laisser passer Bill. Tom s'efface légèrement et se décale. A cette vision, le c½ur de ce dernier accélère sans réelle raison. Il souffle un bon coup avant de pénétrer dans l'appartement la tête baissée. Tom referme la porte derrière lui et s'adosse à cette dernière. Ses yeux retrouvent inconsciemment le corps de Bill. Au milieu de la pièce, comme perdu dans un environnement qu'il ne connaît pas.
Fragile mais tellement impressionnant.

C'est ce que se dit Bill en regardant la pièce qui s'ouvre devant lui. Intimidé par le silence qui ne cesse d'être le maître des lieux, il n'ose pas faire un pas. Ses yeux cherchent un repère mais ne trouve que l'inconnu. Première fois qu'il ne se sent pas à sa place ici.
Il sourit légèrement en pensant au comique de la situation. Un sourire qui devient vite un rire étouffé. Tom hausse un sourcil en entendant un léger rire.

- Je n'aurais jamais cru qu'on serait aussi coincé l'un en face de l'autre.

Bill se retourne pour faire face à Tom toujours adossé à la porte. Le c½ur de ce dernier se gonfle en voyant une esquisse de sourire toujours peint sur le visage de Bill. Deux petites fossettes formées qui le rendent un peu plus enfantin.

Ce n'est que lorsque leurs yeux se rencontrent une nouvelles fois qu'ils sentent l'atmosphère de la pièce changer. Se transformer de manière agréable et familière. Une chaleur qui envahit les lieux de façon invisible pour les envelopper dans une bulle qu'ils ne briseraient pour rien au monde.
Cette tension irrésistible voit de nouveau le jour.

- J'dirais pas coincés.

Bill penche la tête sur le côté en observant Tom avant de détourner le regard vers une lumière allumée... celle de la chambre du dreadeux.

- Tu faisais quoi? Enfin j'veux dire.. j'veux pas être indiscret hein mais...
- Je jouais c'est tout.
- Ah... ok.


« Comme d'habitude » pense t-il en regardant en direction de la chambre.
Le brun sourit gêné de son bégayement improvisé. Sourire qui se peint également sur les lèvres de Tom avant de redevenir sérieux. Les fossettes creusées par cet étirement ne durent pas, l'ambiance se remplit à nouveau d'un silence qui met mal à l'aise chacune des personnes présentes.
Chacun cherche dans le regard de l'autre une explication muette. Une explication qui arrangerait beaucoup de choses et qui éviterait une discussion embarrassante. Une explication qui résoudrait le problème et qui mettrait fin à cette ambiguïté qui s'installe dans leur relation à chaque fois qu'ils se retrouvent dans la même pièce.

Mais pourtant, c'est plus fort qu'eux. Bill veut encore la ressentir, Tom veut encore la ressentir... tous deux le veuillent mais un des deux à des obligations et aucun ne sait où ça va les mener. Cette tension qui se transforme en douce chaleur est effrayante même si elle est attrayante. Première fois qu'il la ressente et première fois qu'ils ont peur de ce qu'ils ressentent. En se rencontrant rien ne devait se dérouler de cette manière. Ils devaient être amis... comme ils le sont en apparence quand Jürgen est dans les parages. Mais quand il n'est pas présent, leurs gestes ne sont plus les mêmes, leurs voix changent et se font plus envoûtantes malgré eux.
Bill a beau ne pas avoir explicitement trompé son petit ami, à l'intérieur de lui c'est comme si. Il le ressent au fond de lui. Ses sentiments le trompent impunément devant ses yeux sans qu'il ne le voit. Sans que Bill puisse faire quoique ce soit.

Tom, toujours adossé à la porte, détache son regard des iris du brun pour se plonger à son tour dans le couloir. Il craint autant qu'il languit le moment où Bill et lui se feront face de manière plus proche. Il a l'appréhension qui se traduit par cette boule au ventre mais est-elle agréable ou désagréable?
Il ne saurait le dire.
Tout est trop confus quand il s'agit de Bill.

- Et si... on allait s'asseoir?
- Euh oui.


Instinctivement ses pas le mènent vers le couloir, ils le mènent vers la chambre de Tom. Il ne jette pas de regard en arrière, ses doigts s'enroulant autour de la couture de son tee-shirt pour évacuer ce stress qu'il n'arrive pas à faire partir. Le dreadeux fronce les sourcils à cette scène avant sourire légèrement devant la nervosité palpable de Bill. Il ferme la porte à clés avant de le rejoindre, s'engouffrant dans le couloir pour atterrir dans sa chambre

- On aurait pu se mettre dans le salon.
- Ah euh oui je... j'sais pas pourquoi je suis venu là euh.. on peut y aller.


Bill se lève précipitamment et se sent honteux d'être venu ici sans vraiment comprendre pourquoi. Il aime bien sa chambre. Il la trouve reposante et agréable à vivre. Toutes ses guitares qu'il peut admirer et ses partitions qui s'étalent sur son bureau. Il adore se sentir entourer d'un environnement musical.

Arrivé devant Tom, ce dernier lui attrape le poignet doucement pour le retenir. Bill frissonne et ses yeux se posent sur la main du dreadeux qui empoigne délicatement cette partie de son corps.

- Non c'est bon on peut rester là maintenant.
- Hum.


Il relève les yeux au moment où Tom relâche sa prise en laissant retomber son bras le long de son corps. Sans un bruit les deux garçons s'installent sur le lit. Bill quelque peu éloigné de Tom pour ne pas qu'il soit trop proche. Aucun des deux ne sait quoi dire. Le calme de la pièce pourrait être très pesant mais il ne l'est pas... pas pour l'instant. Bill soupire doucement et c'est lui rompt ce silence.

Ses mains moites se posent sur ses cuisses et ses yeux les regardent bouger, ses doigts s'accrochant au tissu de son jean alors qu'un nouveau soupir traverse ses lèvres. C'est fou quand une certaine situation peut faire monter la nervosité. Tout ce calme qui ne présage rien. Tous ces mots qu'il a envie de dire mais qu'il n'arrive pas à prononcer. Il voudrait juste des réponses sur cette histoire. Savoir ce que tout ça veut dire. Mais parfois des questions ne trouvent pas de réponses.

Ses yeux se ferment, espérant oublier cette histoire d'un claquement de doigts. Si tout pouvait disparaître pour qu'il puisse reprendre sa petite vie tranquille, sans doute tout irait bien. Mais il sait qu'une fois ouverts, ils se replongeront dans ceux de Tom et toutes ses questions qui disparaissent dans le noir réapparaîtront.

Tout serait plus simple s'il était célibataire finalement mais... s'il ne connaissait pas Jürgen connaitrait-il Tom?

- J'en ai marre..
- De quoi?


Bill tourne le visage vers Tom en penchant la tête pour le regarder plus intensément arrêtant par la même occasion de se triturer les doigts. Finalement la discussion est inéluctable.
Où tout ça va les mener?
Ce n'est peut-être pas si mal d'en parler. Peut-être que certaines zones d'ombres vont s'éclaircir.

- De cette situation.

Bill sent le lit s'affaisser alors qu'un corps se rapproche de lui. Il déglutit et jette un ½il par dessus son épaule pour constater que Tom est plus proche. Il peut désormais sentir un peu mieux son odeur même si elle est déjà présente dans la pièce. Cette odeur qu'il affectionne. Il peut voir le regard du dreadeux perdu dans le vide alors qu'un soupir franchit ses lèvres. Plus las qu'autre chose.

- Y a pas que toi...

Leurs yeux se rencontrent encore une fois. Bill sent son ventre se tordre et il se mord la lèvre en regardant le visage de Tom. Il le trouve vraiment beau. Ses traits si finement dessinés. Ce grain de beauté sur sa joue qu'il rêve d'embrasser. Ce piercing au labret qu'il rêve d'avoir dans sa bouche. Le brun trouve en Tom un fantasme mais... un fantasme est fait pour ne restait qu'un fantasme et là Bill rêve d'assouvir son envie. Il prend une profonde inspiration tout en gardant les yeux sur Tom. Il ne se lasse pas de le regarder.
Plus il l'observe, plus son c½ur s'accélère, plus cette attirance s'accentue.

- Ca serait plus simple si tu n'étais pas aussi...
- Aussi quoi?
- Beau.


Révélation qui sonne comme un aveu.
La voix de Bill n'est qu'un murmure. Mot prononcé dans un souffle alors que son visage se rapproche de celui de Tom sans le toucher. Une proximité assez intime se met en place. Il n'arrive pas à s'éloigner. Ses yeux sur lui, ce corps près de lui... tout le guide vers ce même point.

- Je n'devrais pas ressentir tout ça. J'ai Jürgen et...
- Je sais.
- Alors pourquoi je n'peux pas m'en empêcher.


Bill baisse la tête mais la relève aussitôt. Il doit faire face à cette situation et ne pas la fuir. Mettre cartes sur table pour se dire qu'il n'y a plus de mensonges et que tout a été dit. Il ne sait pas comment va se finir la soirée mais il sait qu'au moins il n'aura plus ce malaise persistant.

- A chaque fois que je te vois je me dis que je dois résister. Putain Tom... pourquoi tu me rends aussi dingue.

Aucune réponse ne vient mais finalement il n'en attend pas. Il aimerait savoir pourquoi mais c'est qu'il ne trouvera jamais de réponses à cette question. Il se la pose depuis le début et depuis elle tourne en rond dans sa tête à la recherche d'une réponse qui ne vient pas.

Il sait que c'est là que tout se joue. Il sait parfaitement que ce sera sûrement sa dernière chance d'être vraiment seul avec Tom. Il se mord la lèvre et tourne la tête vers le dreadé qui le regarde.

Il se rapproche alors en posant sa main sur la cuisse de Tom, crispant ses doigts autour de la zone qui est sous son emprise. Cette attirance est tellement forte qu'il n'arrive plus à la dissimuler. Il essaie mais en vain.
La respiration de Tom s'accélère inconsciemment en sentant la proximité qui s'installe entre eux. Il voudrait le repousser délicatement. Lui dire que ça ne peut pas se passer comme ça. Lui dire qu'il a un copain qui l'aime. Lui dire tout simplement que toute cette histoire est ridicule. Alors pourquoi ne le fait-il pas?
Il est coupé dans ses pensées par la voix de Bill. Une voix trop proche de lui. Ce n'est qu'un chuchotement mais elle est distincte. Bill s'est rapproché de lui et il peut sentir son souffle s'étaler sur sa peau.
Beaucoup trop proche...
Alors pourquoi ne le repousse t-il pas?

- Là si je ne me retenais pas je t'embrasserais.
- Et on devrait pas.
- T'en as pas envie?
- Trop justement.


Bill se mord la lèvre inférieure alors qu'il sent la main de Tom sur sa cuisse pour la rapprocher et la passer au dessus des siennes. Le brun retire sa main et la pose sur sa propre cuisse alors que l'autre est posée sur le matelas.
Leurs lèvres s'effleurent sans jamais se toucher réellement. Cette proximité spontanée trouble Tom mais il ne peut s'empêcher de ressentir cette chaleur qui augmente de secondes en secondes. C'est en le regardant que Bill murmure quelque mots.

- J'en peux plus Tom... à chaque fois que t'es là des millions de frissons m'envahissent. A chaque fois que tu me frôles, j'peux pas m'empêcher de sentir cette décharge électrique qui parcourt tout mon corps. Est ce que t'es comme moi?
- Bill...
- Est ce que tu la ressens cette putain de chose qui me tue à chaque fois que t'es dans la même pièce que moi ?


Leurs yeux se fixent, ils sont tellement proches que Tom remarque alors un léger strabisme chez Bill. Tout ce qu'il y a de plus adorable quand c'est lui...
Bill passe ses mains sur la chemise du dreadeux, caressant chaque bouton comme s'il avait la capacité de les enlever sans les déboutonner. Son nez se frotte contre celui de Tom, dans une recherche de contact un peu plus directe. Plus le temps passe moins il se sent la force de rester éloigner de Tom. Il se sent inexplicablement attiré par le blond depuis leur première rencontre et pour la première fois, il ne résiste pas et laisse aller ses envies.

Peut-être va-t-il regretter. Peut-être qu'il ne fait pas le bon choix. Mais ce soir, il ne réfléchit plus même s'il sait que peut-être il devrait écouter sa raison et non ses sentiments. Il a juste envie d'être tendre avec Tom. Il veut lui montrer une partie de sa personnalité qu'il ne connaît pas encore.

- On ne peut...
- J'en ai marre de la sentir Tom... putain j'ai tellement envie de toi. A chaque fois qu'il me touche j'rêve que ce soit tes doigts. C'est tellement mal mais ça me fait tellement de bien... si tu savais...


Les mains parfaites de Bill s'accrochent à la chemise de Tom en la tirant vers le bas, rapprochant leurs deux torses. Il peut sentir le c½ur de Tom battre un peu plus vite quand leurs peaux couvertes d'un simple tissu se touchent. Habilement, ses doigts passent sous le vêtement et caressent à même la peau. Le dreadeux attrape alors ses mains entre les siennes pour les stopper, le mettant une dernière fois en garde. Il ne sait pas combien de temps il va pouvoir tenir. Combien de temps avant qu'il ne perde le contrôle?

Leurs yeux sont plongés les uns dans les autres. Tom se raccroche à quelque chose pour essayer de résister mais il ne voit que de l'envie. Chose qui ne l'aide pas au contraire. Le bas de son ventre se réchauffe de voir autant de désir dans les yeux de quelqu'un. Désir qui lui est adressé.

- Bill si tu continues...
- J'en ai envie.
- Tu n'sais pas dans quoi tu vas te lancer alors...
- J'ai pas envie de savoir pour l'instant. J'veux juste enlever ce désir qui est en train de me rendre fou. Tu me rends fou Tom... comment tu fais?
- Je te retourne la question?


Bill s'humidifie les lèvres involontairement, ses yeux vagabondant sur celles de Tom qui effleurent les siennes. Effleurement aérien qui augmente son envie. Qui augmente cette chaleur dans le bas de son ventre. Chaleur qui va devenir beaucoup trop insupportable s'il ne touche pas de suite cette bouche qui s'offre à lui.

Tous deux la sentent. Tous deux la ressentent. Et c'est ensemble qui vont succomber.

- Embrasses moi s'il te plaît.
- Aucune porte ne va claquer aujourd'hui?


Bill sourit doucement avant de baisser sa tête pour capturer les lèvres totalement offertes de Tom. Leur premier baiser. Premier vrai contact avec les lèvres du blond. Et c'est comme il avait imaginé. Un frisson les envahit soudainement en réalisant qu'ils s'embrassent.

Les mains de Tom, toujours dans celles de Bill, se détachent et passent autour de sa taille pour se poser sur sa chute de reins. Geste banal mais qui prend toute son ampleur quand Bill se rend compte que c'est celles de Tom qui le touche. Les doigts se crispent sur le tissu en provoquant un légère pression.
Pression pour créer un rapprochement. Un corps qui glisse jusqu'à se coller à l'autre, Bill se retrouve assis sur les genoux de Tom.
Pression pour le sentir un peu plus contre lui. Pour se dire que c'est bien réel et qu'il ne va pas lui échapper.
Pression qui se renforce quand le baiser s'approfondit.

D'abord simple contact, les lèvres de Bill s'appuient un peu plus contre celles de Tom en s'ouvrant légèrement. Ce dernier suit le mouvement et peut alors sentir la langue de son futur amant demander timidement l'accès. Les yeux mi-clos, Tom passent ses mains sous le tee-shirt de l'androgyne, le sentant frissonner à cette attention. Un sourire se dessine sur ses lèvres entrouvertes. Puis un murmure. Un murmure faible étouffé par la bouche de la personne en face.

- Pas la peine de demander.

Bill se mord la lèvre en louchant sur celles de Tom. Son visage se rapproche un peu plus, leurs nez se cognent, son souffle s'accélère alors que Tom effleure une nouvelle fois ses lèvres. Frisson incontrôlable. Faible frisson de bien-être. Frisson qui n'a pas la même signification que ceux que Jürgen lui procure. Moins intense, moins fort...

- Ca fait tellement longtemps que j'attends ça que...
- ... ?
- T'es pas un rêve?


Bill pose son front sur celui de Tom en le regardant dans les yeux. Regards remplis d'intensité qui rend l'atmosphère un peu plus électrique. Tension qui monte d'un cran et qui se fait palpable. Le dreadeux sort alors sa langue de sa bouche pour aller caresser les lèvres du brun. Leurs yeux se ferment à moitié sous le contact humide. Il la laisse ensuite s'aventurer à l'intérieur et passer sur les dents de Bill avant de la retirer.

- T'es pas un rêve...

Chuchotement quasi inaudible dans le silence d'une pièce où la température se réchauffe. Leurs corps aussi d'ailleurs. Les mains de Bill remontent le long des bras de Tom pour savourer sa présence. Ne pas aller trop vite par peur de ne pas assez profiter. Profiter de son corps contre lui. Profiter de la chair de poule qui envahit les bras du blond quand ses doigts passent sur sa peau.
Leurs lèvres se scellent enfin. Leur souffle se coupe avant de s'accélérer d'un seul coup. Toute cette tension accumulée depuis des mois se concentre dans cet échange et le rend de plus en plus langoureux, sauvage. Les deux jeunes hommes ne pensent plus respirer. Ils le font à travers l'autre.
Cette sensation d'enfin avoir ce que l'on veut les envahit et les rend encore plus enthousiaste. Ils se perdent complètement dans ce nouveau contact. Un gémissement se fait entendre.
Qui en est le propriétaire?
Bill ? Tom ? Les deux mais tellement synchronisés qu'ils n'en forment plus qu'un.

Bill sent les bras autour de lui se resserrer et presser un peu plus son corps contre le sien. Il sent aussi l'excitation de Tom se coller contre la sienne. Jamais cette sensation ne l'avait rendu aussi heureux. Heureux de constater qu'il n'est pas le seul à désirer un homme aussi fort.
Les mains du dreadé descendent sur sa chute de rein et continue jusqu'à ses fesses. Il se sent quelque peu soulever alors que Tom empoigne cette partie de son corps. Encore une manière de le presser un peu plus contre lui même si ce n'est pas possible.

Leurs bassins se frottent l'un contre l'autre alors qu'un soupir s'échappe des lèvres de Bill. Il les détache de celles de Tom, son souffle saccadé s'évade sur le visage de Tom.

- Ca fait du bien.

Tom ne répond rien de concret. Il s'empare juste une nouvelle fois des lèvres du brun. C'est finalement une réponse qui veut dire beaucoup. Sa langue passe directement la barrière, qui n'en est pas une, des lèvres de Bill. Elle rencontre celle du brun qui se presse contre elle. Leurs lèvres se découvrent et redécouvrent inlassablement. Elles se goûtent sans jamais se séparer.

Un contact froid sur son palais fait soupirer Tom qui apprécie l'utilité du piercing de Bill. Pointe de fraîcheur dans un monde qui a succombé à la chaleur.

La pièce s'est d'ailleurs réchauffée en quelques minutes. Les mains de Bill redescendent le long du corps de Tom en même temps que les boutons de sa chemise sautent. Un à un ils s'ouvrent. Un à un ils font découvrir à l'androgyne un torse imberbe et légèrement bronzé, plus que le sien en tout cas. Il se recule de Tom pour détailler la moindre partie de ce corps qui s'offre à lui.
Corps qu'il imagine depuis longtemps et qu'il voit enfin.

Inconsciemment, il se mordille les lèvres alors qu'il arrive au dernier bouton, son regard errant sur la partie inférieure, celle au dessous de la ceinture, où une bosse est née. Il recule son postérieur, toujours entre les mains de Tom pour apercevoir un peu plus son excitation, bien qu'elle soit cachée par un pantalon beaucoup trop grand pour la personne dedans.

Ses yeux se détachent difficilement de cette partie et remontent pour retrouver ceux de Tom qui le fixent sans ciller. Ce dernier rit doucement de l'air de Bill, si innocent mais pourtant si indécent. Air qui fait tout son charme et qui rend fou toutes les personnes qu'ils croisent.
Comment résister à ce regard ?

- T'as apprécié la vue ?

Bill sourit en coin alors que son corps se soulève, son bassin se retrouve au niveau du torse de Tom. Qui pourrait croire qu'il ne sait jamais rien passer entre eux ? Qui se dirait qu'un des deux va être infidèle ce soir ?
Leur comportement est tellement naturel et une complicité est tellement présente qu'on pourrait croire à un couple qui se retrouve après une journée de travail. Le brun baisse la tête alors que ses mains passent sur les épaules de Tom pour faire glisser sa chemise le long de ses bras. Un premier vêtement est ôté et jeté à terre. A la vue du torse de blond complètement offert, Bill sent son excitation grossir dans son pantalon, beaucoup trop moulant pour ça.

Il effleure les lèvres de Tom, les humidifiant de sa langue pour enfin murmurer sa réponse. Un seul mot. Un seul mais dit avec une voix qui sous-entend beaucoup de choses. Voix grave et suave, qui fait frissonner Tom.

- Oui.

Le blond passe ses mains sur les hanches de Bill, qui se rassoit doucement sur ses cuisses, alors que sa tête va se réfugier dans son cou, ses lèvres à quelques millimètres de son oreille.

- A moi alors de profiter.

Après quelques bisous humides sur cette peau qui paraît sensible en vue des frissons qu'il a pu ressentir chez Bill, Tom retire sa tête pour la replacer face de celle de Bill. Ce dernier hoche la tête sans le quitter des yeux. De lui-même, il relève les bras pour faciliter la tâche.

A cette vue, Tom rigole plus franchement alors que Bill fronce les sourcils.

- Quoi ?
- T'as l'air pressé ?
- Maaaaaaaais...


En bon enfant qu'il est, Bill croise ses bras contre son torse en affichant une mine boudeuse. Faisant un peu plus rire Tom, il retrousse son nez en faisant les gros yeux avant de les plisser pour faire culpabiliser le dreadeux.
Cette complicité revient et est encore plus forte. A les voir ils sont faits pour être ensemble.

- Je me demande pourquoi j'ai autant envie de toi d'un coup.
- Parce que...


Redevenant sérieux, Tom se recolle contre Bill, ses mains longeant les bras du brun pour les relever au dessus de sa tête comme quelques minutes auparavant. Ce dernier se laisse faire sans rien dire mais garde tout de même une moue enfantine qui fait sourire Tom. Qui le fait craquer aussi.
Ses bras descendent ensuite le long du torse de son partenaire pour passer sous le tissu, caressant la peau. Toutes ses phrases ne sont que murmures. Murmures à peine audibles mais qui font leur effet à Bill.

-... moi aussi j'ai envie de toi et...

Il tente de ne pas ressentir tous ses frissons et cette chair de poule qui l'envahit quand Tom le touche. Il essaie de garder une expression neutre et de ne pas montrer ce désir qui peut se lire dans ses yeux.
Ses mains qui remontent vers sa poitrine et ses doigts rugueux qui continuent leur ascension, s'arrêtant aux tétons pour les titiller. Un soupir incontrôlable sort alors de ses lèvres et son visage se détend.


- ... tu n'as pas envie que ça s'arrête hum ? Ce désir qui te consume comme si c'était quelque chose qu'on est obligé de vivre...
- Tom...


Bill se mord la lèvre en fermant les yeux alors qu'il sent deux lèvres se poser sur les siennes avant de sentir son tee-shirt passer au dessus de sa tête. Il entend alors tomber au sol dans un léger bruit.
Il sent un mouvement et deux mains se poser dans la chute de ses reins avant qu'un contact humide lui fasse poser les siennes sur les épaules de Tom et qu'un nouveau soupir se fasse entendre.
Une langue taquine s'amuse à s'enrouler autour d'un de ses tétons tandis qu'il se sent pousser vers l'avant, une bouche suçotant à présent le bout rougi. Simple succion qui fait gémir Bill.

Sa tête se baisse pour se poser dans le cou de Tom, ses lèvres sortant de faibles sons de bien être alors que la bouche remonte le long de sa clavicule puis dans son cou. Bill se rend alors compte qu'un seul contact, aussi banal soit-il, le rend fou. Et ses mots qu'il ne fait qu'entendre encore et encore.

Les doigts du blond se crispent sur la peau du brun avant de descendre et de passer la barrière du pantalon. Ses mains touchent une peau plus douce, qu'il imagine blanche.

- J'peux pas te dire pourquoi mais je peux te dire que je ressens pareil et que j'ai aucune envie que ça s'arrête. Toutes ses sensations mélangées qui te brûlent de l'intérieur. Tu les ressens non ?

L'androgyne soulève son corps pour permettre à Tom d'aller plus loin. Il a envie qu'il le touche, qu'il le caresse et qu'il ne s'arrête pas.

- Hein ?
- Hum...


Ce n'est que ce mot qui sort de la bouche de Bill. Mot étouffé par les lèvres de Tom qu'il capture pour ne pas gémir trop fort alors qu'un doigt grappe son anneau de chair sans jamais pénétré à l'intérieur.

C'est avec des mains tremblantes dû au baiser et aux mains de Tom qu'il atteint le pantalon de ce dernier. La boucle de ceinture est défaite en quelques secondes puis s'en suit une bataille pour les boutons.
Un rire étouffé s'élève faiblement alors que Bill détache ses lèvres de celles de Tom, reprenant sa respiration puis se mordant la lèvre en sentant le doigt appuie plus fortement sur son intimité.

- Hum...
- Tu t'en sors?


L'intéressé hoche la tête rapidement en dégrafant le dernier bouton. Ses mains se posent alors sur les hanches de Tom qui soulève son bassin pour retirer le pantalon mais un problème se pose. Bill soupire en frôlant les lèvres du dreadeux, son souffle saccadé s'insinuant à l'intérieur de sa bouche.

- Je meurs d'envie de te voir nu mais ça veut dire m'éloigner et ne plus ressentir cette... ça...

Pour appuyer ses dires, Bill presse ses fesses contre la main de Tom qui se trouve toujours dans son habit. Main aux doigts qui chatouillent cette peau pendant qu'un se fait plus vicieux, tapotant l'entrée de Bill dans un rythme régulier, de manière plus ou moins appuyée.
A l'entente de cette phrase, Tom se mord la lèvre inférieure. Il ferme les yeux quelques instants avant de les rouvrir tombant dans ceux brûlant de désir du brun.

- Bill... me dis pas des trucs comme ça...
- Comment ?
- Qui me font encore plus perdre la tête.


Il ne le laisse pas finir et remonte ses mains le long du corps de Bill, les pose sur ses joues, pour capturer ses lèvres dans un baiser fougueux. Le genre d'échange qui vous fait perdre la tête et qui vous fait tout oublier. Le genre de baiser que toute personne rêve de recevoir au moins une fois dans sa vie.
Un baiser rempli de passion.

Dans un mouvement habile Bill se retrouve recouvert du corps de Tom, ce dernier pressant son corps bouillant contre le sien. A moitié habillé, un mouvement d'avant en arrière débute sans qu'aucun des deux ne s'en aperçoive réellement.
Une envie trop forte pour être contenue.
Un désir trop important pour attendre.

Bill replie ses jambes, ses pieds se mettant automatiquement à plat sur le matelas, tandis que son bassin part en avant, suivant le rythme que Tom instaure. Elles se resserrent contre ses hanches pour accentuer le contact. Mais à un moment donné les vêtements se font de trop.
Beaucoup trop de couches. Beaucoup de chaleur concentrée à l'intérieur. Envie de sentir la peau de l'autre glisser contre la sienne.

- T... Tom... ton pantalon et le ... mien... en... en trop...

Tom sourit en frottant son nez contre celui de Bill avant de placer ses mains sur les hanches du brun, attrapant un morceau de tissu entre chaque doigt. Le mouvement s'arrête, Bill pousse un soupir de frustration mais ne réplique pas quand il sent son pantalon glisser entre ses jambes en même temps que son sous-vêtement. L'air brûlant de la pièce s'écrase sur cette peau surchauffée.
Le vêtement tombe, seul le bruit de la boucle de ceinture raisonne dans la pièce.

Le visage de Tom réapparaît en face de celui de Bill, qui semble plus détendu.

- Merci.

Soupir de soulagement avant de passer ses deux bras autour du cou de Tom pour rapprocher son visage. Leurs lèvres s'effleurent et les rôles s'inversent. Bill passe au dessus de Tom, ses yeux scrutant presque immédiatement ce torse qui le fait rêver.

Il peut enfin le toucher.
Ses mains parcourent délicatement la peau. Ses doigts redessinent les tétons, passant subtilement dessus le bout de chair qui se contracte à ce contact. Ils passent ensuite sur le nombril, enchaînant le même manège que plus haut avant d'arriver à l'élastique du boxer qui dépasse.

Il peut enfin le goûter.
Sa tête s'abaisse et embrasse la clavicule puis se dirige vers ce torse imberbe. Où ses doigts sont passés, sa bouche repasse. Tom soupire doucement en fermant les yeux, et se délecte de cette sensation qu'il a mis tant de temps à ressentir. Son corps se cambre légèrement quand il sent la langue de Bill cogner contre son nombril puis descendre jusqu'à la couture de son vêtement.
Les gestes de Bill sont lents et sensuels.
Chaque frôlement de peau. Chaque souffle qui se répand sur ce corps. Chaque pression qui fait soupirer le dreadeux.
Tom peut sentir chaque partie de son corps frissonner, ressentir chaque caresse. Caresse qui s'accentue quand elle s'approche de son entrejambe. Bill baisse habilement le bagguy, appréciant la douceur de la peau qui s'offre à lui.
On dirait une peau de bébé pense t-il quand ses mains remontent le long des jambes de Tom pour attraper la couture du sous-vêtement et le tirer vers le bas, dévoilant peu à peu la virilité dressée de Tom. Ses baisers suivent le mouvement et un soupir plus prononcé se fait entendre quand sa bouche se pose vers cette peau si sensible.

Tout se passe au ralenti. Aucun des deux ne souhaitent que ça se termine et pourtant l'envie monte encore et encore. A un point que ça en devient douloureux et difficile de ne pas sauter sur l'autre. Ce désir cumulé au fond d'eux réapparaît dix fois plus fort. Bill et Tom s'enivrent de cette tension qu'ils existent entre et qui les a fait succomber.

Le bassin de Tom part en avant quand la bouche de Bill englobe le gland pour le lécher et faire entrer en contact son piercing froid avec la peau qui se rétracte .

- Hum...

Une fois complètement nu l'un comme l'autre, le boxer de Tom trouvant refuge sur le sol, Bill se réinstalle sur le dreadeux, leurs sexes rentrant pour la première fois en contact sans tissu superficiel. Un gémissement commun se fait entendre alors qu'ils halètent en même temps. Tom se relève en position assise et Bill se retrouve entre ses jambes. Leurs souffles se mélangent et leurs lèvres s'effleurent. Leurs corps déjà en sueur se pressent l'un contre l'autre alors que Bill pose ses mains sur les épaules de Tom pour faire cogner sa virilité contre celle du blond.

L'excitation se fait ressentir. Leurs soupirs se font plus forts. Leur souffle brûlant s'alourdit un peu plus.

Tous deux s'accrochent l'un à l'autre. Ils s'accrochent au corps de l'autre, leurs mains glissant à cause de la sueur qui se crée un peu plus que les secondes passent. Ils s'accrochent l'un à l'autre dans le but de ressentir un peu plus de contact. Ce contact tellement désiré est enfin assouvi.
Cette électricité qui s'est crée entre eux rend la situation plus excitante. Elle parcourt leurs corps et les envahit comme une drogue qui s'infiltre dans leurs veines. Elle les rend dépendants sans qu'ils ne s'en aperçoivent.

Ils profitent de chaque seconde de cette intimité qui leur est offerte. Ils sentent le désir se décupler et envahir chaque goût de leur sang. Après tout ce temps, ils savourent enfin le corps de l'autre.

- Alors le program... hum.

Tom se mord la lèvre en sentant son sexe glisser sous les testicules de Bill pour toucher une partie beaucoup plus intime de son anatomie.

- Moi en toi...
- Ah ?
- Hum hum.


Ses mains se posent à plat sur le torse de Tom pour le pousser délicatement et l'allonger sur le lit. Ce dernier esquisse un sourire en posant les siennes sur les épaules de Bill.

- Sûr de ça ?
- Oh oui.


Tom regarde le visage de Bill se crisper sous le plaisir de ressentir ce frottement incessant qu'il crée. Plusieurs minutes passent comme ça. Chacun admirant l'autre. Cherchant ses points sensibles du bout des doigts. Profitant de ce moment qui sera sûrement unique. En une nuit, Bill et Tom doivent satisfaire des mois de désir refoulé.
Nuit où tout est oublié pour que demain la normale revienne. Nuit où toutes leurs envies peuvent être exaucées.

Habilement, les mains de Bill passent sous les fesses de Tom, et le bout de ses doigts part caresser l'arrière de ses cuisses. Un frisson envahit Tom quand il sent les ongles du brun parcourir sa peau pour rejoindre son intimité.

- Tu veux au moins ?
- Tu me le demandes vraiment ?


Un sourire est échangé et une permission est donnée. Bill pose son front sur celui de Tom en fermant les yeux. Son souffle s'arrête quelques instants pour s'accélérer à l'entente de quelques mots murmurés par cette voix qui le fait fondre.

- J'attends que ça depuis que je t'ai vu.

Bill ouvre les yeux en se mordant la lèvre pour empêcher un sourire trop large d'apparaître. Ses yeux plongent dans ceux de Tom et ce dernier peut alors remarquer cette étincelle. Une petite étincelle étouffée par celles du désir et de l'envie. Il ne sait pas exactement ce que c'est pour le moment mais à cet instant il se dit juste que ça le rend encore plus beau. Il se demande même comment c'est possible.

Tom relève alors la tête et effleure les lèvres de Bill alors qu'il sent un doigt forcer contre son entrée puis entrer doucement. Ce n'est pas désagréable. Peut-être parce que ça fait longtemps qu'il attend ce moment. Peut-être que grâce de ce désir trop grand et trop longtemps contenu, la douleur n'est pas assez forte pour se faire ressentir. Le brun frotte son nez contre le sien, Tom laissant retomber sa tête contre l'oreiller.

Bill ne cherche pas à frustrer le dreadeux. Il veut juste lui donner du plaisir et c'est en entendant des soupirs sortir de la bouche de Tom qu'il se dit qu'il y arrive. Mais il a envie que ses soupirs soient plus prononcés alors il entre un deuxième doigt. Les muscles de Tom se contractent et un gémissement plus fort envahit la pièce. Bill sourit doucement avant de s'emparer des lèvres de son amant.

Un soupir de bien-être est étouffé. Ses doigts entrent et sortent du corps du blond d'abord lentement puis plus rapidement.
Tom lâche alors les lèvres de Bill, son souffle lui faisant défaut.

- Hum...

Le brun plonge sa tête dans le cou de Tom, sa langue caressant cette partie de son corps avec douceur et envie alors qu'un troisième doigt s'insère à l'intérieur du blond.
Le plaisir le submerge un peu plus. Il coule dans ses veines à une allure folle et se répand dans tout son corps.

Tom remonte ses mains et les pose sur les épaules de Bill, les réactions de son corps trahissant son plaisir. Jamais encore il n'avait ressentir un plaisir si exquis. C'est comme il avait imaginé.
Il peut sentir chaque particule de peau de Bill se coller à lui. Son souffle effleurer sa peau et lui procurer une vague de frissons.

Son dos se cambre et ses jambes s'enroulent autour de la taille du brun.

- Maintenant Bill...

Le brun relève la tête à l'appellation de son nom dit d'une voix enrouée et sensuelle. La vision qui s'offre à lui, le laisse sans voix.
Tom le regarde dans les yeux. Des yeux brillants et remplis de désir. Il reprend alors son souffle qui s'était coupé face à cette vision.

Tom complètement offert.
Une vision orgasmique qui ne veut plus partir de son esprit. Après avoir retiré ses doigts de l'antre de Tom, il accroche ses mains sous les cuisses du blond, rapprochant leurs deux corps.

Le moment fatidique arrive et aucun des deux ne pensent aux conséquences que cela peut engendrer. Seule leur envie dévorante parle pour eux. Plus rien n'existe à part l'autre.
Chacun regarde son amant dans les yeux pour garder cet instant en mémoire. Un seul instant qui peut changer une vie et qui va peut-être changer la leur.

Tom descend sa main le long du torse de Bill pour se saisir de sa virilité humide et gonflée pour la guider. A peine la peau frôlée, le brun soupire de plaisir.
Une seule caresse et une décharge électrique se répand à l'intérieur de lui. Aussi forte que ce qu'il ressent quand il est en sa présence. Toujours plus intense quand il s'agit de Tom.
Pourquoi ?
Comment l'expliquer ?
Bill ne sait pas et ne cherche plus à savoir. Il vit ce qu'il a à vivre et ce qu'il a envie de vivre avec la personne de son choix.

Sa tête se pose sur l'épaule au dessous de lui pour garder son self-control. La respiration saccadée de Tom touche sa peau et le fait frissonner.
Des frissons qui se lisent aussi sur le corps du blond qui ressent puissance mille tout ses sensations.

- Regarde moi s'il te plaît...

Tom relève la tête au moment où le bout de la virilité de Bill se presse contre son entrée. Il se mord la lèvre et fait tout ce qu'il peut pour ne pas fermer les yeux. Et ce qu'il voit l'encourage.
Un sourire.
Bill lui sourit alors que ses mains se mettent à caresser ses hanches. Il se détend complètement à cette vision.
Le nez de Bill caresse celui de Tom en murmurant les yeux mi-clos.

- J'veux te voir.

Bill remonte ses mains et encadre le visage en sueur de Tom. Leurs souffles chauds se mélangent agréablement et une bulle se forment autour d'eux. Une bulle peut-être fragile mais qui est bien présente.

C'est au moment où il pose ses lèvres sur les siennes, ses mains se crispant sur sa peau que Tom sent le brun s'insérer un peu plus en lui. Doucement pour qu'il n'ait pas mal. Tellement soucieux du mal que ça peut faire que le blond peut ressentir chaque millimètre de Bill entrer en lui. Il ne se souvient plus exactement la dernière fois qu'il a ressenti autant de plaisir à être pénétré. C'est pourtant le moment le plus redouté. Celui qui est le plus douloureux bien que la suite soit super.
Et pourtant... aucune douleur déchirante ne le transperce. Aucune envie que ça s'arrête au contraire il donnerait n'importe quoi pour sentir Bill un peu plus.

Ses mains se posent sur les fesses du brun et les pressent pour le faire entrer plus profondément. Les doigts de Bill, accrochés au drap, de chaque côté du visage de Tom, blanchissent et ses lèvres s'ouvrent pour aller goûter celles du dreadeux. Un soupir s'échappe de ses lèvres quand il est entièrement en lui.

- Putain...

C'est alors qu'un mouvement se met en place. D'abord doucement pour profiter de ce moment peut-être unique. Bill et Tom se regardent autant qu'ils le peuvent, s'embrassent aussi.
Ils ne peuvent plus se passer de ce contact. Envolés les doutes, ils ne pensent qu'à leur plaisir et à ce bien-être qu'ils ressentent.
Peut-être qu'une fois terminée, cette attirance s'en ira aussi. Une fois l'exaltation de la première fois et de l'inconnu passé, peut-être qu'ils ne ressentiront plus rien.

Pourtant Bill se demande comment il va faire pour se séparer de toutes ses sensations. Sentir l'étroitesse de Tom contre lui. Et pour Tom s'est pareil. Il se cambre en jetant sa tête en arrière, appréciant chaque entrée de Bill en lui.

Les accoups se font de plus en plus rapides et le plaisir les traverse de plus en plus souvent. Des frissons parcourent leurs corps en sueurs. Tellement envie de l'un de l'autre que la libération arrive beaucoup trop vite pour eux. Ils sentent leurs ventres se tordre et leurs souffles se couper.
Un mouvement plus profond touche la prostate de Tom qui s'accroche au dos de Bill pour ne pas sombrer complètement dans le plaisir. Il ne veut pas venir seul, il veut en même temps que le brun. Ce dernier se mord la lèvre en voyant l'expression peinte sur le visage de Tom. Il a toujours rêvé de voir le visage de Tom pendant ce genre de moment et il peut enfin le voir.

Son c½ur explose quand il entend Tom gémir plus fort et qu'il sent sa semence se répandre entre eux. Il ne lui en faut pas plus pour atteindre plus aussi l'orgasme. Tellement puissant qu'il en perd la tête. Sa respiration se coupe alors qu'il se laisse tomber sur Tom, qui respire bruyamment.
Jamais ils n'ont ressenti autant de plaisir. Jamais ils n'ont vécu un moment aussi forts en intensité.

Une fois calmé, Bill s'allonge à côté de Tom et se met sur le côté pour le regarder. Le dreadeux prend la même position et ils restent un moment silencieux. Un moment où les images de ce qu'il vient se passer défilent dans leur tête. Alors que Tom voit le regard ailleurs de Bill, il lève la main pour caresser sa joue. Au moment où elle touche la peau une légère décharge se fait ressentir et Bill sursaute un peu en revenant à la réalité.
Il regarde Tom qui a déjà ses yeux posés sur lui et tous deux rigolent au même moment. Un électricité plane dans l'air, ils la sentent et s'en enivrent.

Tom se rapproche de Bill et effleure ses lèvres en fermant les yeux. Les mais de Bill se pose à plat sur la torse de Tom alors qu'il caresse toujours sa joue. Ils profitent de chaque instant passé parce qu'ils ne savent pas quand ils vont revivre un moment aussi fort.

Un soupir de bien-être sort de la bouche du brun. Il ressent toujours autant de désir pour lui. Il la sent encore cette attirance et plus forte que jamais mais derrière elle, se cache un sentiment étrange qu'il n'arrive pas à nommer. Un sentiment qui le fait frissonner. Un sentiment qui le pousse à rester prés de Tom.

- Tom...je peux rester...
- Dormir ?


Tom sourit devant l'air gêné de Bill avant de se rapprocher un peu plus de lui. Il murmure quelques mots en frottant son nez contre celui du brun.

- Bonne nuit beau brun.

Soulagé, Bill se calfeutre dans les draps avant de se coller contre Tom, assez surpris mais heureux par cette soudaine marque d'affection. Il ne sait pas où tout ça va le mener mais il n'a pas encore envie d'y réfléchir. Peut-être que demain il va tomber de haut et que ça va faire mal mais il ne veut pas briser ce moment de plénitude qu'il ressent.

Un peu maladroit, les bras de Bill entoure délicatement sa taille comme s'il avait peur qu'il s'en aille. Mais cette nuit est la leur, aucun des deux ne bougera avant le lendemain. A cette pensée, Bill soupire d'aise, en relâchant son corps qui s'était tendu à cette réflexion.

La nuit porte conseil dit-on. Peut-être que Bill trouvera des réponses à ses questions. Des réponses qui lui indiqueront pourquoi il se sent aussi bien dans les bras de Tom? Pourquoi cette attirance physique n'est pas encore parti après ce qu'ils ont fait? Et surtout... pourquoi son c½ur est si léger quand il sent les douces mains de Tom lui caresser les cheveux dans un geste d'affection.

Il veut juste savoir... pourquoi il a envie d'être dans ses bras et nulle part ailleurs?

FIN FLASH BACK


- Hé Bill réveille toi. Bill...

Qui aurait cru qu'ils finiraient ensemble? En tout cas pas eux.

Le lendemain matin aucun des deux ne voulaient revenir à la vie réelle. Cette attirance et attraction mutuelle étaient toujours aussi présentes... si ce n'était pas plus encore. A son réveil, Bill se souvient avoir héberger du pays des merveilles pour un retour assez dur dans le monde réel. Le monde où il venait de tromper son petit ami. Et pourtant aucun remord ne l'envahissait. Il s'est trouvé horrible à ce moment là.

Il se souvient avoir regarder Tom se réveiller en douceur avant de l'embrasser comme si sa vie en dépendait. Il voulait voir si c'était toujours présent ou si c'était parti. Mais c'était bien là, au creux de son ventre. Il la sentait l'envahir à nouveau au contact du dreadeux. Cette attirance était toujours aussi forte que la veille. Et il ne pouvait s'empêcher de l'embrasser ou le toucher. Il sentait que pour Tom s'était pareil. Leurs baisers se faisaient appuyés comme si à chaque fois c'était le dernier qu'ils allaient échanger. Et de fil en aiguille Bill a laissé Tom être en lui et le dominer. Il a adoré ça, cette sensation d'être comblé et de ne faire qu'un.

Bill a mis du temps avant de parler à Jürgen et pendant presqu'un mois, il se torturait à se demander ce qu'il fallait faire. A chaque fois qu'il voyait Tom, son c½ur s'accélérer et il n'avait qu'une envie : retrouver leur cocon qu'ils avaient créé pendant une nuit. Il sentait le regard intense de Tom sur lui et c'est ce qui lui a fait prendre une décision. Cette décision qui a tout bouleversé. Un soir il a tout avoué à Jürgen qui ne semblait pas aussi choqué que ça.
Il lui a juste demandé de choisir. Il lui en voulait mais n'a jamais essayé de lui faire payer et Bill s'est senti encore plus coupable.

Que devait-il faire ?
Il aimait Jürgen mais cette attirance pour Tom le bouffait jour après jour. Mais est ce qu'il pouvait se contenter de contact purement charnel? Est-ce que c'était seulement physique entre eux ? Est-ce qu'il aimait encore sincèrement Jürgen ou se voilait-il la face ?
Il ne savait plus où il en était, des tonnes de questions traversaient son esprit mais aucunes avaient de réponses. Et puis, après un certain temps sa décision a été prise. Il est alors allé voir la seule personne qu'il avait envie de voir.

Et maintenant voilà où il en est... c'est une voix qu'il connaît par c½ur à présent qui le réveille tous les matins.

- Allez Bill debout..

Il s'étire avant de serrer le corps chaud contre lui. Il le sent lui rendre cette étreinte avant de frissonner à la sensation de baisers humides dans le cou puis un chuchotement dans le creux de son oreille qui le fait sourire.

- Bon anniversaire mon Bill. 30 ans.. ça se fête pas tous les jours.

Et 10 ans qu'ils vivent ensemble.
10 ans jour pour jour, que Tom lui a demandé de vivre avec lui le jour de ses 20 ans. A cet instant il n'a jamais été aussi heureux du choix qu'il a fait. Il n'a jamais regretté de l'avoir choisi lui.

Comme quoi il faut toujours suivre son instinct et ne jamais aller contre ses sentiments. Parce qu'ils sont toujours plus fort que la raison.

FIN.

# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:42

Modifié le dimanche 05 avril 2009 13:02

[OS] Joue encore pour moi.

 Joue encore pour moi.
Hello le people!

Vous allez bien? Moi très bien j'ai reçu le sommier de mon new lit today!!!!
TROP HAPPY!!!
Tout le monde s'en fout mais bon lol...passons aux choses sérieuses.

En attendant la fin de l'os que je suis entrain d'écrire, je vous poste un assez grand OS que j'ai écrit pour un jeu sur le forum de Nokaia. C'était pour Halloween ou Noël je ne me souviens plus très bien. C'est la première fois que je m'essayais à un nouveau couple. La demande demandait un "Tom/Gordon"... je préfère prévenir lol.

J'ai voulu le poster pour vous montrer une nouvelle sfacette de ce que j'écris parce qu'une copine, ma VIP, m'a dit que je l'avais pas écrit de la même manière que d'habitude donc... je tenais à le poster. Et puis j'ai vraiment travailler sur cet OS pour que ça plaise à la personne qui m'a demandé cette histoire donc voilà, il me tient un peu à coeur même si ce n'est pas vraiment mon style d'habitude.

Si vous ne voulez pas le lire je comprendrais.
En tout cas, bonne lecture à celles qui le lisent et j'espère sincèrement que ça va vous plaire ^^.
Bisous!

Genre: OS
Couple: Tom/Gordon


* * * * * * * * * * * *



A 6 six ans, âge de l'innocence, l'enfant ne se sent pas prêt à partager sa mère. Il a du mal à faire entrer une nouvelle personne dans sa famille et encore plus s'il a déjà vécu la séparation d'un être cher. Peur que tout recommence et peur d'être déçu par une nouvelle personne.
Laisser un étranger envahir un bout de son territoire et partager sa mère est quelque chose d'impensable pour un petit garçon. L'enfant est terrifié à l'idée que cette personne entre dans son c½ur et prenne sa place. Il n'y a pas forcément d'explication, peut-être la peur d'être rejeté par cette personne de qui vous pouvez être si proche.

C'est ce que Tom a ressenti à l'arrivée de Gordon.
Qui était-ce?
Il a d'abord été présenté comme une connaissance, un ami proche. Il a fait irruption dans leur vie de famille à trois sans qu'il s'y attende. Du jour au lendemain, Tom a vu le comportement de sa mère changer. En bien. Il la sentait plus heureuse, plus épanouie. Son frère et lui ont tous deux remarqué que ce jeune homme était de plus en plus présent dans leur quotidien. Mais si Bill l'a de suite accepté, Tom est resté plus en retrait. Il a été plus réticent et est resté sur ses gardes les premiers mois.
Peur d'être déçu une nouvelle fois. Peur de s'attacher à cette présence masculine qui se fait de plus en plus naturelle pour lui.

Tout se résume en un seul mot finalement : la peur. Celle d'un enfant qui ne veut pas souffrir à nouveau. Pourtant Tom a fait des efforts même si c'était difficile. Il ne sait pas exactement à quel moment sa vision a changé. Il sait juste que Gordon est arrivé dans sa vie presque en même temps que la naissance d'une passion. Ca a aidé.
C'est peut-être ça qui les a autant rapprochés ou peut-être le sentiment d'être enfin compris par une autre personne que son frère jumeau.
Il a fallu que ses yeux se posent sur un instrument pour que tout change. Pour que leur relation évolue.

[...]

1997


La porte s'ouvre en même temps qu'une rafale de vent pénètre dans le couloir de la maison. Au sifflement du vent dans son oreille, Tom lève les yeux de son dessin animé et tourne la tête pour voir la personne qui vient d'arriver.

- Hé Tom ça va ?

Ce dernier fronce les sourcils en voyant le compagnon de sa mère en train d'épousseter son manteau en cuir, des tonnes d'affaires l'encerclant. Tom se souvient alors que c'est aujourd'hui qu'il emménage avec eux.
Il avait complètement oublié.

Il se souvient encore du soir où sa mère leur a annoncé la nouvelle. De l'angoisse sur son visage à l'idée que ses enfants soient contre, bien qu'ils s'entendent bien avec Gordon. Tom a d'abord hésité et s'est finalement dit que ça ne pouvait pas être une mauvaise chose. Après tout, cet homme rend sa mère heureuse. C'est tout ce qui compte.

Ses petits yeux froncés se posent sur une valise noire d'une forme étrange. Première fois qu'il voit une valise de la sorte. Il se demande alors ce qu'il peut bien mettre dedans. Tellement intrigué par l'objet, le petit garçon ne sent pas Gordon s'approcher de lui et s'asseoir à ses côtés. Il ne capte sa présence qu'une fois qu'il voit un bras passer à côté de sa tête et se poser sur le dossier du canapé.

- Ben qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Tom sursaute légèrement à l'entente de la voix et tourne la tête vers Gordon. Il se mordille la lèvre inférieure, hésitant à faire sortir sa curiosité ou à la garder pour lui. Les mots sortent alors de sa bouche avec l'innocence d'un enfant de son âge.

- C'est quoi cette drôle de valise ?
- Q-quoi ?
- Ca.


Pointant son petit doigt en direction de l'objet, Gordon suit le mouvement et pouffe de rire en se rendant compte que Tom parle de son étui noir.

- Ben quoi ?

Vexé, Tom croise ses bras sur sa poitrine en fronçant à nouveau les sourcils. Gordon rit un peu plus devant la scène avant de se rapprocher du petit garçon pour lui chuchoter quelques mots.

- Ne boude pas on dirait un petit monstre comme ça.
- Mais euh...


Le petit monstre en question regarde son ainé en coin et le voit se lever pour récupérer le fameux objet. Il relève légèrement la tête qu'il avait enfoncée dans ses épaules pour mieux regarder les gestes de Gordon. Ce dernier retourne s'asseoir à sa place après avoir délicatement soulever l'étui et le pose sur ses genoux pour mieux l'ouvrir.

- Ca s'est un étui à guitare.
- A guitare ?

Voyant l'incompréhension du plus jeune, Gordon détache la fermeture pour ouvrir l'étui en question. Les yeux de Tom s'arrondissent quand ils tombent sur l'objet.

- C'est mon instrument de musique.
- Wow pour ton groupe ?
- Oui exactement.


Gordon sourit face à l'air béat de Tom. Ses yeux qui brillent légèrement, sa bouche entrouverte... Il a l'impression de se revoir quand lui-même a vu sa première guitare. C'est à ce moment-là qu'il a su qu'il voulait faire ça de sa vie.

- Et tu sais bien en jouer ?
- Je me débrouille on va dire.
- Je t'ai jamais entendu pourquoi ?
- Je ne sais pas.
- Joue.
- Maintenant ?
- Ouiiii !

Devant le sourire éclatant de Tom, Gordon ne peut résister et installe la guitare sur ses genoux après avoir déposé l'étui sur le côté. Tom lui se met en tailleur, face au brun pour mieux le regarder, son impatience se faisant ressentir dans ses gestes assez rapides.

A peine les doigts de Gordon posés sur l'instrument que des notes s'en échappent. Le petit garçon ouvre un peu plus la bouche en entendant une musique qu'il connaît un peu. Seulement quelques notes sont jouées et le silence refait son apparition. Mais cela suffit à faire rêver Tom.
Il savait que Gordon jouait d'un instrument mais ne l'avait jamais vu de ses propres yeux.

- Où est ta mère au fait ?
- A l'étage avec Bill.


Le ton légèrement ailleurs, les yeux du garçon restent fixés sur cette guitare qui l'intrigue plus qu'autre chose. Une envie de pincer les cordes pour entendre à nouveau ce son si beau qui peut en sortir. Il n'entend qu'à peine l'adulte lui adresser la parole, tellement pris dans sa contemplation.

- J'reviens. Prends-en soin.
Tom sent alors un poids en moins sur le divan alors que Gordon dépose délicatement la guitare à sa place. Une main passe affectueusement dans ses cheveux blonds avant de disparaître et de laisser sa tignasse en désordre.

Une fois le brun hors de la pièce, Tom hésite puis ses doigts se posent doucement sur le bois verni pour glisser dessus. Délicatement, il passe ses doigts d'enfant sur les cordes rugueuses et une idée germe dans sa tête. Une petite lumière qui le rend euphorique à la seule pensée que cela pourrait se réaliser.

[...]

- Oui voilà doucement.
- C'est dur...


Le visage légèrement déformé dans une adorable grimace, Tom est assis sur une chaise de la salle à manger, la grande guitare de Gordon sur ses jambes. Son air concentré et en plein travail le fait limite gagatiser. C'est d'une voix remplie de tendresse et de réconfort qu'il essaie de rassurer Tom. Ses débuts à lui n'ont pas été un exploit non plus. Il a plus d'une fois désespéré à l'idée de ne jamais atteindre son but. Et pourtant aujourd'hui il est dans un groupe et joue de son instrument favori.

- Au début c'est toujours dur mais tu vas voir tu vas y arriver.

Une mine boudeuse accompagne le visage du petit garçon tandis que Gordon laisse échapper un léger rire. Lui aussi une guitare à la main, il lui montre les notes le plus doucement possible afin que Tom puisse les reproduire à l'identique. Il sait qu'il faut du temps pour apprendre et comprendre mais il ne le laissera pas tomber et il sait que Tom persévèrera et finira par y arriver.
Il y mettra le temps qu'il faut.

- A table !
Mais d'abord...
- Pour être un excellent musicien il faut avoir l'estomac plein.
- Oh.


Tom relève la tête de l'instrument et adresse un faible sourire à son aîné. Ce dernier sent son c½ur se serrer à cette vision. Voir cet enfant si plein de vie être aussi triste et sentir ce malaise l'envahir le fait se rendre compte de l'importance que ce petit bout de chou a pris dans sa vie.

Les escaliers menant à l'étage grincent et le sosie de Tom entre dans la pièce, un sourire sur les lèvres alors qu'il se dirige dans la cuisine après avoir fait un signe de la main à son jumeau.

- Allez t'inquiète on travaillera un peu après le repas. On joue pas parfaitement du jour au lendemain. Tout s'apprend.
De jour en jour, il sent son affection et son amour pour ces deux enfants grandir. Et il sait que ça ne va pas s'arrêter maintenant. Il aime les voir heureux. Il aime sentir qu'ils se sentent bien et qu'ils ne manquent de rien. Et surtout il aime voir cette étincelle dans les yeux de Tom quand il les pose sur une guitare. Le même regard qu'il avait il n'y a pas si longtemps que ça. Et qu'il a peut-être encore.

Tous deux posent leurs instruments sur le canapé en faisant attention de ne pas les faire tomber puis Gordon passe un bras autour des épaules de Tom en se dirigeant dans la cuisine.
Geste affectueux et qui cherche à réconforter. Tom le sent et son c½ur devient plus léger quand il se rend compte qu'il sera là pour l'aider et lui apprendre pleins de choses. Des choses qui vont l'aider à grandir. Et Gordon sera à ses côtés... C'est ce qu'il espère en tout cas parce que plus le temps passe et plus il se rend compte qu'il s'est attaché... Beaucoup.

[...]


Vers 21h30, des bruits de pas précipités se font entendre dans les escaliers, puis des plus calmes font grincer les marches. Tom passe la porte de sa chambre qu'il partage avec son jumeau, suivi par Gordon qui s'appuie à l'encadrement de cette dernière pour admirer ces deux garçons qui se ressemblent tellement mais qui sont pourtant si différents.

Tom prend finalement la parole en premier en s'installant sur le lit de Bill.


- Bill ! Bill ! Regarde ce que Gordon m'a appris.


Assis en tailleur, le concerné relève sa petite tête aussi blonde que celle de Tom face à l'euphorie de son jumeau. Lui-même a déjà essayé d'apprendre la guitare mais la patience n'est pas une de ses qualités et il a donc très vite abandonné. Son frère est beaucoup plus persévérant que lui.
Il ne l'avait jamais vu aussi enthousiaste. Un sourire capture immédiatement ses lèvres en pensant que c'est à lui qu'il montre en premier le morceau qu'il a appris. Comme quoi l'enthousiasme est contagieux.

Ses yeux se posent sur Gordon, toujours à la porte, lui aussi un sourire sur les lèvres.

- Vas-y j'écoute !

Se concentrant sur les notes qu'il va jouer, Tom affiche un air concentré et le début d'une mélodie que Bill connaît retentit dans la pièce. Les notes sont un peu maladroites mais on voit le travail qui se cache derrière.

Ca fait maintenant plusieurs mois que Tom a commencé ses cours de guitare avec Gordon. En rentrant de l'école, après avoir fait ses devoirs, ou le week-end, il suffit qu'il ait un peu de temps de libre pour qu'il travaille sur ces notes qu'il s'efforce de faire du mieux qu'il peut à cet instant. L'avis de Bill compte beaucoup pour lui et il sait qu'il saura être honnête tout en n'étant pas blessant. Il connaît son frère.

Gordon a cru qu'il se lasserait comme tous les enfants de son âge. Mais il s'est trompé. Cette envie spontanée est devenue une vraie passion. Plus de six mois que Tom a découvert la guitare et plus de six mois qu'il lui donne des cours sans se lasser. Même si quelques erreurs subsistent, il sait qu'avec tous les efforts qu'il fait, il arrivera à ses fins et deviendra sûrement un excellent guitariste. Il bute sur quelques notes plus ou moins difficiles mais il apprendra. Gordon fera en sorte qu'il y arrive. Il lui apprendra tout ce qu'il sait.

Il commence à savoir placer parfaitement bien ses doigts sans se tromper et à appréhender chaque note. C'est difficile mais à le voir jouer à cet instant, Gordon se rend compte qu'il est fait pour ça. Pas beaucoup d'enfants ont autant de volonté. Beaucoup abandonnent comme Bill. Gordon sourit un peu plus en se rappelant les essais de ce dernier. Tom qui essaie de l'aider, et lui qui n'arrive pas.

En le regardant jouer, Gordon se sent fier d'être à l'origine de cette passion. Effrayé à l'idée de n'être jamais réellement accepté par Tom, la guitare lui a permis de se rapprocher de lui. Il a pu voir un nouvel aspect de son caractère, qu'il se retenait à lui dévoiler. Avant il n'arrivait pas à anticiper les réactions du petit garçon alors que maintenant oui. Cet instrument est devenu une passion pour Tom mais il a fait plus que ça. Il a permis à leur relation d'évoluer. Le fait qu'il se soit intéressé à ce qui faisait le métier de Gordon a donc été bénéfique. Ca a créé un lien entre eux.
Un rapprochement que même Bill voit.

Il s'est bien aperçu que son frère avait changé. Pas vraiment de caractère mais sa façon de voir Gordon. Une nouvelle vision s'est ouverte à lui alors que c'était celui qui doutait le plus de l'adulte. Celui qui voulait le moins s'attacher. Rien que le regard rempli de fierté que Gordon pose sur Tom le mène dans cette voie. Ou dans celui pétillant de son jumeau. Il n'est pas jaloux. Il est juste intrigué par cette relation qui s'instaure entre eux. Presqu'aussi complice que ce qu'il est avec lui.

En entendant la mélodie se terminer, Bill se rend compte que la guitare a changé la vie de Tom et qu'elle va encore sûrement le faire. Et peut-être même que sa vie à lui aussi va changer.

[...]

1998


Tom déballe son dernier cadeau de Noël sous le regard de toute la petite famille. Bill a déjà terminé et il ne reste plus qu'un paquet à déballer. Une fois le papier enlevé, ses yeux s'arrondissent.
Il s'y attendait mais de la voir juste devant lui, de pouvoir la toucher l'impressionne. Il en a enfin une à lui.

-Oh mon dieu...

Ses yeux remplis d'étoiles se relèvent et cherchent immédiatement ceux de Gordon. Un regard rempli de tendresse et d'affection lui est renvoyé. Il savait exactement celle qu'il voulait.
D'un bond, il se relève et le serre dans ses bras en ferment les yeux très fort. Peut-être pour se prouver qu'il ne rêve pas. Son c½ur manque un battement quand il sent les bras de l'adulte enlacer sa taille pour lui rendre cette douce étreinte. Il ne sait pas exactement ce qu'il se passe à l'intérieur de lui mais il sait que ça a un rapport avec Gordon.

Il ne se sent pas bizarre à ce point quand c'est Bill qu'il a dans ses bras, ou une fille. Là c'est plus fort et difficile à expliquer. Peut-être son âge qu'il l'empêche de savoir exactement ce qui est à l'origine de cet état. Il ne se doute pas que ça peut être mal.

Ses yeux se ferment doucement alors qu'il profite de cet échange.

- Merci, merci, merci.

Sa mère les regarde, attendrie du spectacle, un sourire ornant ses lèvres et attendant patiemment un câlin aussi enthousiaste que celui que son compagnon reçoit. Et Tom lui offre sans plus attendre mais ses yeux ne quittent pas Gordon. Il s'imagine déjà entrain de jouer à ses côtés, sa propre guitare sur les genoux.

La nuit de Noël se termine sur des sourires et des éclats de rire d'enfants comblés. Une famille s'endort paisiblement.

Quelques heures plus tard pourtant un des deux enfants se réveille. A travers la porte fermée, il peut voir un rayon de lumière apparaître. Plaçant ses poignets sur ses yeux il les frotte énergiquement avant de se lever sans faire de bruit. Il referme la porte derrière lui et descend doucement les escaliers pour rejoindre la pièce allumée, soit la salle à manger.

- Tom tu ne dors pas ?
- Me suis réveillé.
- Pourquoi ?


Tom hausse les épaules avant de grimper sur le canapé pour s'asseoir à côté de Gordon puis il le regarde essuyer minutieusement son instrument.

- Toi non plus tu dors pas ?

Il passe sa petite main sur ses yeux avant de lever les yeux vers Gordon qui le regarde en souriant. Un sourire rempli d'affection.

- Comme toi je me suis réveillé et j'arrivais plus à dormir. Donc je suis venu là.
- On a eu la même idée.

Le petit garçon sourit de toutes ses dents avant de passer ses pieds sous ses fesses pour trouver un équilibre. Ses yeux vont de manière répétitive de Gordon à la guitare. Une guitare qui a l'air ancienne mais très bien entretenue. Une guitare acoustique qui a beaucoup d'importance pour l'aîné. Sa première guitare. Celle que Tom n'a jamais touchée.

- Un jour je jouerai comme toi ?

Gordon lève les yeux du manche de la guitare et sourit doucement devant l'air innocent de Tom avant de poser son instrument sur son étui.


- Viens là.


Lui montrant ses genoux et l'incitant à s'installer dessus, Tom passe une nouvelle fois une main sur ses yeux avant de prendre place dessus. Les grands bras de l'adulte l'entourent alors en le berçant doucement.

- Tu sais... Tu es jeune et tu as encore beaucoup à apprendre. Prends ton temps et apprécie chaque moment. Le meilleur c'est de découvrir quelque chose qu'on ignore et d'augmenter ses connaissances. Cette étincelle qui brille dans tes yeux quand je t'apprends une nouvelle chose. C'est ça le plus important. Un jour tu joueras mieux que moi j'en suis sûr, mais en attendant chaque chose en son temps Tom.
- Oui.


Tom pose alors sa tête sur l'épaule de Gordon en se laissant bercer, somnolant doucement. Ils restent un moment dans le silence le plus complet à apprécier cette douce complicité qui se renforce de jour en jour. Jusqu'au moment où il sent le corps de Tom se faire de plus en plus lourd, signifiant qu'il s'endort petit à petit.

- Viens je vais te coucher.

Toujours dans ses bras, Tom s'accroche en entourant ses fines jambes autour de la taille de Gordon et place ses bras autour de son cou.

Il relève la tête et avec toute l'innocence qui peut exister, il pose un petit bisou sur les lèvres de l'adulte avant de reposer sa tête sur cette épaule qui semble le protéger de tout.
D'abord surpris par cette spontanéité, Gordon ne fait pas plus attention que ça à ce geste beaucoup trop affectif pour être considéré comme un geste d'un fils à son père.

Une fois arrivé à l'étage, Tom relève la tête une nouvelle fois et regarde Gordon en souriant.

- Maman te le fait pour montrer qu'elle t'aime alors moi aussi je veux te le montrer.

Plus ému qu'autre chose, Gordon resserre son étreinte autour du petit garçon en fermant les yeux pour s'enivrer des mots innocents mais pourtant si touchants que Tom vient de prononcer. Le sourire de Tom s'élargit à la réaction de l'adulte. Pendant quelques instants, en voyant le visage stupéfait de Gordon, il a eu peur de mal faire.

[ ...]

2004


Ses efforts et son travail n'ont pas été vains. Après des années d'entraînement il a su devenir un grand guitariste. Gordon repense aux premières fois qu'il l'a entendu jouer. A cet instant en le voyant sur cette scène, accompagné de son frère et de ses deux amis, il se rend compte combien il a aidé Tom dans cette voie. Il se sent fier d'être à l'origine d'un tel prodige.

A partir de 11 ans, Bill et Tom ont commencé à jouer dans de petites salles et ont interprété leurs propres morceaux. D'abord, en duo ils ont vite rencontré Georg et Gustav, les deux autres musiciens du groupe.
Il aura fallu attendre 3 ans aux quatre garçons avant que leur carrière ne soit lancée par David Jost qui a assisté à un de leur concert et a de suite accroché, voyant qu'il pourrait faire d'eux la nouvelle coqueluche allemande.

Et c'est ce qu'il a fait. De Devillish ils sont passés à Tokio Hotel.
A seulement 15 ans Bill et Tom sont célèbres dans l'Allemagne entière et peut-être que bientôt ils en dépasseront la frontière. Tout est aussi à leur âge.

Ils donnent en ce moment des concerts dans toute l'Allemagne et Gordon y assiste. Il est installé dans un endroit réservé à la famille et leur mère n'ayant pas pu venir, il est assis à coté d'un siège vide mais peu importe. Il profite du spectacle et admire ses enfants jouer. Oui ses enfants. Depuis toutes ses années, il les considère comme tels. N'est-ce pas normal ? Il les a vu grandir et s'épanouir. Il les a vu réaliser leurs rêves. C'est lui qui était là dans les mauvais moments, mais aussi dans les bons.

Aujourd'hui il se réjouit de la réussite des jumeaux et se sent fier d'avoir été présent pour eux et surtout pour Tom. Il se sent heureux de lui avoir appris tout ce qu'il sait et ce dont il se sert pour jouer sur scène.
La fin de ce dernier arrivée, il se dirige donc dans les coulisses pour pouvoir les féliciter comme il se doit. Ce n'est pas tout à fait leur premier concert mais la fierté est toujours aussi présente et elle lui gonfle encore plus le c½ur quand il voit arriver Tom, la guitare qui lui a offerte autour du cou.
Son visage rayonne tellement qu'il est persuadé qu'il peut redonner le sourire à n'importe qui.

- Alors ? Alors ?
- C'était ... parfait !
- Haaaaaa !!!


Bill et Tom sautent dans les bras l'un de l'autre avant d'aller enlacer leur beau-père. Besoin de partager leur joie. L'étreinte dure un peu plus longtemps quand vient le tour de Tom, Bill n'y prête pas attention mais le dreadeux le sent et profite de chaque seconde.
Ca fait longtemps.

***

Quelques heures plus tard, à la maison des Kaulitz, Tom est dans sa chambre pendant que Bill se lave et profite de cette soirée de tranquillité. Une douce mélodie se fait entendre, comme chaque soirée depuis plusieurs années. Plus sûre d'elles, elles s'enchaînent avec beaucoup plus de fluidité qu'il y a quelques années. Gordon suit la musique et entend l'eau couler quand il passe devant la salle de bain. Il atteint la porte de la chambre des garçons, qui est légèrement entrouverte. Il pose alors sa main dessus et l'ouvre un peu plus afin de voir Tom assis sur son lit, la guitare sur ses genoux et un cahier de partition devant lui. Le grincement léger de la porte fait sursauter Tom qui relève immédiatement la tête vers le bruit.

- Oh je voulais pas te déranger.
- Non c'est rien j'essayais juste une nouvelle composition.
- Elle me dit quelque chose nan ?
- On avait écrit un bout ensemble.


Tom baisse les yeux vers sa guitare et regarde le bout de ses doits devenus rugueux avec les années de pratique.

- Ah je comprends mieux.

Gordon sourit face à cette révélation. Tom relève la tête et sourit à son tour, son ventre se tordant agréablement. Encore cette sensation. Il la ressentait plus jeune et il la sent encore plus maintenant. Il a peur de comprendre sa signification et ne veut alors pas se l'avouer. Il préférait encore ressentir cette boule au ventre étant plus jeune, il n'en savait pas la cause et se portait mieux. Il n'y avait pas de questions trop compliquées pour un garçon de son âge dans sa tête.

- Je vais te laisser travailler alors.

Il regarde Gordon se retourner mais avant qu'il ait franchi le seuil, Tom prend son courage à deux mains et appelle son beau-père.

- Gordon ?
- Oui ?
- Je peux te poser une question ? Ou plutôt te parler d'un truc un peu... personnel.
- Bien sûr je t'écoute.
- Voilà je... c'est compliqué, enfin... difficile à dire.


Gordon se rapproche de nouveau et s'installe aux côtés de Tom qui gigote, semblant vraiment mal à l'aise. A cet instant, la seule pensée qui le traverse est que cette soudaine timidité le rend encore plus mignon que ce qu'il est déjà. Cette timidité qui lui donne un air innocent, de petit garçon. Cet air qu'il connaît si bien et qu'il a vu tant de fois quand il était plus jeune. Un air qui le fait craquer depuis qu'il a croisé son regard malicieux.

Gordon se redresse un peu en voyant Tom poser sa guitare dans un coin avant d'ouvrir la bouche. Il semble chercher ses mots. Il hésite, ne sait pas par où commencer mais sait qu'il se sentira mieux après.

- Je... les filles m'attirent pas et je... c'est ridicule de te dire ça comme ça.
- Mais non Tom vas-y dis moi.
- Je crois que je suis...
- ...homosexuel ?
- Non... peut-être bi... je sais pas en fait. Tout est compliqué dans ma tête. J'sais pas si j'suis normal ou pas. Je...
- Tom... tu as 15 ans c'est tout à fait normal d'avoir ce genre d'interrogations. Et ça ne poserait de problèmes à personne si c'était le cas.
- Oui mais... est-ce que c'est possible d'être attiré par une personne de plus vielle que toi... beaucoup plus vieille quand même...
- Je pense pas que ça ait d'importance... enfin si les deux personnes sont consentantes et si...
- Je crois avoir compris.


Alors que Tom a baissé la tête durant son discours, Gordon se rapproche de lui et passe un bras autour de ses épaules pour tenter de le consoler. Il ne sait pas vraiment comment s'y prendre alors il fait du mieux qu'il peut. Tom est comme un fils pour lui mais en même temps il a une pointe dans le ventre qui vient d'apparaître en apprenant que Tom pourrait être attiré par une personne du même sexe que lui. Et il semble que c'est le cas et qu'en plus ce soit un homme plus âgé.

- Tu es encore jeune Tom... Essaie de ne pas te prendre la tête et vis ce que tu as à vivre.
- Même si ça peut être mal ?
- Ca ne peut pas être mal si c'est sincère.
- Tu crois ?


Tom lève les yeux vers Gordon et cherche dans son regard s'il est sérieux et s'il ne ment pas. Il se mord la lèvre inférieure en se rapprochant un peu de lui. Son regard se fait profond alors que Gordon cherche à comprendre cette nouvelle attitude. Des sueurs froides le traversent quand il voit le visage du jeune homme se rapprocher un peu plus.

Il pourrait bouger ou intervenir mais il ne le fait pas et il ne comprend pas pourquoi.
Il ne sait pas pourquoi il laisse faire Tom. Il le laisse poser sa main sur sa jambe pour se pencher un peu plus sur lui. Il le laisse effleurer ses lèvres des siennes. Une décharge électrique le traverse quand il sent les doigts de Tom se crisper sur sa cuisse comme pour garder un contrôle sur la réalité.

Tout devrait se mélanger dans sa tête. Il ne devrait pas le laisser agir ainsi mais pour une fois il ne voit pas Tom comme un fils mais comme un homme. Et ce n'est pas la première fois que ça arrive.
Souvenirs enfouis qui ressurgissent. Il se rappelle de cette fois où Tom est venu vers lui pour lui poser des questions sur le sexe.

Il avait alors 12 ans et a profité d'un cours de guitare pour lui parler.
A ce moment-là, Gordon a vu en Tom un garçon qui devient grand et a occulté le statut de Tom en tant que fils pour ne voir que l'homme qu'il est entrain de devenir.
Et à cet instant cela recommence. Encore plus fort qu'avant. Il ne voit que l'homme que Tom devient et le charisme qu'il dégage.

Les lèvres de Tom se pressent un peu plus sur celles de Gordon. Il oublie ce qu'il fait, il oublie qui il embrasse. Il savoure cette sensation qu'il a rêvé de sentir. Son souffle se coupe quand il sent une certaine humidité et sa bouche s'ouvre à la recherche d'un nouveau contact.

Alors qu'il cherche à approfondir l'échange, les lèvres se séparent de quelques millimètres, et leurs souffles chauds se mélangent. Gordon n'a pas bougé, ses bras restent le long de son corps. Il semble stupéfait mais pourtant il n'arrête pas le contact.
Il apprécie et ça lui fait peur.
Ses yeux se ferment à moitié quand il sent la langue passer sur se lèvres pour demander timidement l'accès. Un simple geste mais très audacieux pour Tom.

- Tom...

Le concerné revient alors sur Terre et réalise ce qu'il vient de faire. Il se recule quelque peu en ouvrant grand les yeux.
La petite bulle qui s'était créée pendant quelques instants vient d'éclater. Il réalise son geste et se trouve stupide.

- Je... je suis désolé. J...

Un silence s'installe entre eux. Les deux ont apprécié, mais le plus âgé trouve cela terrifiant justement. Tom baisse le regard sans savoir où regarder, ou que faire.
Gordon pose deux doigts sur ses lèvres en pensant à la va-vite. Que peut-il dire pour ne pas l'effrayer ?
C'est en prenant un air qu'il essaie d'être rassurant que le brun prononce quelques mots. Deux mots simplement mais qu'il espère va rassurer le jeune homme.

- C'est rien...

La voix de Tom retentit alors timidement dans la pièce silencieuse.

- Tu ne m'en veux pas ?

La main de Gordon se lève doucement pour aller caresser la joue de Tom dans un geste rempli de tendresse. Comment il a pu en arriver là ?


- Pas du tout mais...
- Oui?
- Tu ne peux pas, enfin... ça ne se fait Tom.
- Je sais mais j'avais envie.


Gordon sourit tendrement et c'est presque inconsciemment que leurs visages se rapprochent de nouveau. Comme une force invisible qui l'attire vers lui.
Une nouvelle fois leurs lèvres s'effleurent alors que la main de Tom va rejoindre celle de Gordon sur sa joue.

- Tom !!!!!

La voix de son frère raisonne dans la maison alors que les personnes reviennent brutalement à la réalité. Gordon secoue la tête en ôtant sa main de la joue de Tom, lâchant celle de ce dernier par la même occasion. Qu'allait-il faire à l'instant ?
S'ils n'avaient pas été interrompu il aurait... de lui-même il aurait embrassé Tom. Celui qu'il considère comme son fils et qui compte tant pour lui.
Interruption qui les a fait sursauter puis soupirer Tom. Il sourit doucement en entendant le bruit singulier d'une personne frustrée avant de se lever du lit.

- Gordon t...
- J'aurais pas dû désolé.
- Mais non c'...
- Tom j'peux pas c'est... j'ai pas le droit de faire ça.


C'est sur ces derniers mots qu'il referme la porte derrière lui, laissant un jeune garçon encore plus perdu qu'il ne l'était déjà.
En sortant de la chambre Gordon, s'appuie contre cette dernière et soupire en fermant les yeux.

Il valait mieux qu'ils soient interrompus finalement. Pour lui comme pour Tom. Il est encore jeune. Plus tard il comprendra que c'était une erreur.
Il l'oubliera...

[...]

2008


Des pas qui traînent se dirigent vers une pièce. Un jeune homme arpente le couloir d'une maison qu'il connaît parfaitement. La maison de son enfance. La maison où il a grandi et où il a appris à jouer. A maintenant 19 ans, ses souvenirs le rendent nostalgique. Il aimerait encore être ce petit garçon qui gagatise devant son beau-père en le voyant jouer.
Cette seule pensée lui arrache un sourire.

Pourtant beaucoup de choses ont changé. Il a changé. Il a grandi, mûri, appris de nouvelles choses. Mais une chose ne le quitte pas. Cet attachement pour cette personne si spéciale qui lui a tout fait découvrir.
Gordon.
Il a toujours été présent à ses côtés pendant leur avancée vers le sommet.
En grandissant, il pensait que cette énorme affection qu'il ressentait pour lui à 7 ans s'évaporerait et qu'il dépendrait moins de lui. Mais il s'était trompé.

Cette affection s'est transformée en attirance.
Depuis le jour où, alors qu'il avait 15 ans, il a eu le courage de l'embrasser, il n'a fait qu'y penser. Bien sûr il a eu des relations entre temps mais ça ne ressemblait jamais à cet unique échange qu'il y a eu entre eux. Ce n'était jamais assez... parfait.

Il ne s'est rien passé depuis toutes ces années. Enfin rien physiquement, même si parfois la tentation était très forte et que c'était difficile d'y résister. Plus il a grandi, plus il s'est rendu compte que ce n'était pas bien mais c'est plus fort que lui. Il n'arrive pas à se l'enlever de la tête même après tout ce temps.
Parfois, Tom frôlait les lèvres de Gordon alors qu'ils étaient seuls mais une personne débarquait aussitôt. Comme pour les empêcher de commettre une erreur.
Dans ces moments-là, il détestait la personne qui arrivait parce que ce n'était que dans ces instants-là qu'il pouvait sentir Gordon faiblir et se laisser faire.
Jamais il ne l'a repoussé.

Ils n'ont juste jamais eu de chances parce qu'ils n'étaient jamais réellement seuls.

Ce soir Tom se dirige vers la chambre de son beau-père. La maison est calme, il n'y a personne. Pour une fois. Ses pas le mènent jusqu'à une porte d'où s'échappent quelques notes de musique hasardeuses. Il toque et entend une voix lui répondre d'entrer. Il ouvre alors la porte.

- Hey ça va ?

Gordon pense qu'il a oublié, et qu'il ne pense plus à ce souvenir qui le hante pourtant.
Tom hoche la tête en signe d'affirmation avant de venir s'asseoir à ses côtés. Le lit se baisse quelque peu alors que le silence entre eux devient plus pesant. Peut-être est-ce l'atmosphère qui se transforme.

- Tout le monde est parti ?
- Oui.


Gordon acquiesce d'un signe de tête avant de replonger son attention dans sa guitare. Tom se penche en arrière et son dos rentre en contact avec un matelas moelleux. Il a toujours aimé ces moments silencieux, à seulement écouter une mélodie reposante. Ces moments où rien ne semble l'atteindre et où il apprécie juste le son qu'il peut entendre. Le son d'une guitare, de sa passion...

Dans ce genre de moments on oublie tout, on s'évade et on ne pense plus à rien. Ca fait un bien fou et tout le monde apprécie cet instant. L'esprit s'évade peu à peu comme celui de Tom à cet instant. Et dans sa tête qu'une chose le hante ou plutôt qu'une seule personne. Et cette personne se trouve à ses côtés. Quand il était plus jeune, il s'est toujours demandé comment cela se faisait qu'il se sentait aussi bien avec Gordon. Au début il pensait que c'était parce qu'il avait enfin trouvé une présence paternelle mais au fur et à mesure, tout s'est mis en place dans sa tête. Il en a d'abord était effrayé puis il a finalement accepté.
Peut-être grâce au baiser échangé. Peut-être. Ou peut-être parce qu'il sentait au fond de lui que Gordon n'était pas indifférent. Comment le sait-il ? A sa façon de le regarder.
Oui certains disent que contrairement aux apparences le regard peut mentir mais Tom le ressent. Celui de Gordon ne ment pas. Ses yeux sont sincères.

Tom soupire finalement de contentement en fermant les yeux avant de murmurer :

- J'ai toujours adoré t'écouter jouer.

Les doigts de Gordon effleurent à nouveau quelques cordes avant de plonger la chambre dans un silence religieux. Mais étrangement il n'est pas pesant. Gordon souffle doucement avant de tourner sa tête vers Tom qui est toujours allongé sur le dos, les yeux fermés. Il ose même l'admirer et parcourir son corps du regard.
A l'instant où son regard remonte et rencontre les lèvres de Tom, l'image du baiser échangé 4 ans plus tôt ressurgit dans sa mémoire. Il aurait préféré oublier et se dire que ce n'était qu'une passade pour Tom mais durant ces 4 années, il a bien senti le regard de Tom sur lui et il se souvient encore de ses moments de faiblesse où il a failli recommencer cette erreur.

Il a l'impression de perdre ses moyens quand Tom est là et surtout d'être un pervers qui fantasme sur son fils... enfin façon de parler.

- Tu te souviens de la fois où je t'ai parlé de mes problèmes de sexualité ? J'avais 15 ans.

Gordon secoue la tête pour tenter d'oublier ses pensées mais la réalité le ramène au sujet tabou. Il essaie de paraître neutre quand il prend la parole.

- Oui bien sûr que je m'en rappelle.
- Grâce à toi je me suis rendu compte que... qu'en fait je n'étais pas homosexuel.
- Ah bon ?
- Oui parce qu'il n'y a qu'un garçon ou plutôt homme qui m'ait réellement attiré. Il n'y en a eu aucun d'autre.


Tom se relève en prenant appui sur ses coudes. Personne n'est à la maison, il n'y a qu'eux deux. Il dirige son regard vers la porte fermée la tête pour ensuite ancrer ses yeux dans ceux de Gordon qui tient toujours sa guitare dans ses mains mais plus aucun son ne sort.
Le calme plat.

- Ce n'est pas pour rien que je t'ai embrassé...
- Tom...
- Au fond je crois que tu m'as toujours attiré. Depuis notre premier cours de guitare à aujourd'hui. Mais j'étais jeune et je n'osais jamais aller vers toi.


Tom se relève encore plus et s'approche de Gordon, un flash dans sa tête lui rappelant le seul baiser qu'il a échangé avec son beau-père. Quelques secondes après Gordon.
Il s'assoit aux côtés de Gordon, toujours les mains de chaque côté de son corps. La gauche se retire pour aller toucher la guitare. Ses doigts glissent doucement dessus alors que ses yeux suivent le mouvement. Il a toujours adoré cette sensation de bois vernis.
C'est tellement lisse, doux.
Ce n'est que dans un murmure qu'il prononce quelques mots :

- Je sais ce que tu vas me dire. Mais fallait que ça sorte, depuis le temps que ça dure. A chaque leçon j'avais ce sentiment qui grandissait. J'croyais que c'était l'amour d'un fils pour son père mais non c'était plus que ça.
- ...
- Quand tu m'as laissé t'embrasser il y a des années je me suis rendu compte que pour toi c'était pareil.


Ses yeux se relèvent et se plantent dans ceux de Gordon qui ne l'a pas lâché du regard.
Que peut-il dire face à cela ?
Il ne trouve pas ses mots. Il voit juste Tom se redresser et avancer sa tête vers la sienne.

- Tom tu peux pas...
- Il n'y a personne à la maison.
- Ce n'est pas une raison.
- Arrête-moi alors.


Il peut sentir son souffle sur sa peau et jamais il n'a senti quelque chose d'aussi doux. Il sait que c'est mal, qu'il est entrain de trahir Simone, la mère de Tom, mais il ne peut faire autrement. Tous les sentiments qu'il a accumulés à l'égard de ce jeune homme remontent au fil des minutes qui passent.

- Gordon arrête-moi si tu n'en a pas envie. Empêche-moi de faire une bêtise.
- Tu as toujours eu ce que tu voulais...


Tom se mord la lèvre inférieure tandis que ses yeux vagabondent sur la bouche de Gordon entrouverte. Qu'est-ce qu'il est entrain de faire ?
Sa main se pose sur la cuisse du plus vieux et la presse doucement entre ses doigts alors qu'il a l'impression de ne plus contrôler ses mouvements.

- S'il te plaît ne me laisse pas faire une...

Les mots se perdent dans le vide quand la bouche de Tom s'appuie sur celle de Gordon. Il n'a pas le temps de finir sa phrase et se sent incapable de lutter contre ce désir qu'il refoule depuis maintenant des années. Surtout quand Gordon répond au baiser en passant sa main dans sa nuque.

Tout se déroule naturellement. Il suffit d'une dernière phrase pour conclure un accord. Trois mots prononcés par Tom et acquiescés par Gordon.

- Juste une fois.

C'est tout naturellement que leurs corps se rapprochent pour se presser l'un contre l'autre. Les deux ne savent pas dans quoi ils s'embarquent. Aucun des deux ne sait ce qu'est une relation avec un homme. Ils ne savent que la partie théorique mais la pratique ils vont la découvrir ensemble. Tous les deux. Malgré l'inconnu qui les guette, leurs gestes se font naturellement.
Tom se saisit délicatement du manche de la guitare pour la retirer des jambes de Gordon et la poser par terre. Une fois fait, il relève la tête et prend la place que l'instrument avait. Ses yeux s'ancrent dans les yeux de Gordon alors que leurs visages se rapprochent une nouvelle fois. Leurs bouches se scellent et leurs yeux se ferment en même temps. Jamais un baiser n'a été autant une bouffée d'oxygène que celui-là, se dit Tom.

Tous les deux se retrouvent allongés sur le lit. Gordon allongé sur Tom, il le recouvre de son corps, comme pour le protéger. Il prend le rôle du protecteur comme il l'a toujours fait.
Leurs souffles se mélangent et s'accélèrent au fur et à mesure que les minutes passent. Ils ne pensent plus à l'extérieur et à toutes les responsabilités qu'ils ont.

A cet instant ils ne font que ressentir et vivre le moment présent.

Les mains de l'un enlèvent les vêtements de l'autre. Avec douceur et lentement. Ils profitent de chaque seconde qui défile. Sans s'en rendre compte, Tom se retrouve en boxer sous Gordon alors que ce dernier n'est que torse nu. Les rôles s'inversent et Tom se retrouve au dessus.
Ses doigts parcourent le corps de Gordon et bientôt le pantalon n'est plus qu'un souvenir. Tout paraît si simple qu'aucun ne se pose des questions. Les gestes se suivent avec toujours cette tendresse. Aucun des deux n'est stressé ou nerveux.
Tom imagine ce moment depuis longtemps. Gordon oublie qui il est sensé être et ne pense pas avec sa tête pour une fois. Il ne refoule plus ses sentiments qu'il a tenté de faire disparaître pour être normal.
Mais qu'est-ce qu'être normal ? Y a t-il une normalité absolue quand on est humain ? Doit-on toujours être conforme à la règle si on ne veut pas être rejeté ?
Aimer tellement fort et être autant attaché à une personne, est-ce mal ?
Des questions qui resteront sans doute à jamais en suspens.

Sa tête se secoue doucement pour chasser ses pensées qui se faufilent dans son esprit. Il ne doit penser qu'à Tom maintenant. Comme Tom pense à lui. Le blond frissonne sous le toucher de l'adulte et soupire en anticipant déjà la suite. Leurs lèvres se retrouvent pour jouer ensemble. Leurs langues s'apprivoisent et leurs doigts s'emmêlent les uns avec les autres.

L'atmosphère s'alourdit, et la pièce plonge dans une douce chaleur. Une chaleur étouffante mais pourtant très agréable. Tellement agréable qu'ils ont envie de la faire durer encore. Encore un peu pour ne pas revenir la réalité trop vite.

Les rôles s'inversent à nouveau. Le boxer de Tom est retiré alors que les yeux de Gordon parcourent son corps avec admiration. Un corps d'homme s'impose à lui. L' enfant qu'il a connu n'existe plus ou alors a changé au point de ne plus être reconnu. C'est un corps qui peut donner envie à n'importe qui.
Un corps qui lui donne envie.
Seuls sur son visage, les traits d'enfants sont restés. Un visage qui pourtant séduit des milliers des personnes, et c'est compréhensible quand on prend la peine de le regarder.
Un visage qui l'a séduit.

Gordon n'arrive pas à croire ce qu'il est en train de faire mais pourtant ses mains, son corps, tout en lui agit en fonction de Tom. Il frissonne quand il sent les mains froides de Tom lui retirer le dernier vêtement qui lui reste et soupire quand son corps entre en contact avec celui du jeune homme. La bouche du dreadé s'entrouvre et un soupir inaudible traverse ses lèvres alors que sa tête part en arrière.
Ses bras passent autour de la taille de Gordon et ses doigts s'accrochent à son dos dans une tentative de garder au moins un pied sur Terre. Mais il sait que c'est peine perdue.

La sueur commence à envahir leurs corps, et facilite le mouvement de frottement qui s'est créé entre eux. Des gémissements significatifs s'entendent. D'abord faibles puis de plus en plus distinctifs. Bientôt ce frottement intensif ne suffira plus. Les jambes de Tom remontent le long du corps de Gordon et ses pieds se posent à plat sur le matelas pour presser ses hanches. Son corps se cambre dans l'espoir de trouver un contact un peu plus fort si possible.

Les mains de Gordon, posées de chaque côté du visage de Tom, s'accrochent au drap. Leurs respirations hachées se mélangent dans un flot de soupirs plus ou moins contrôlés.
Entre ses soupirs, Tom se cambre un peu plus pour créer un contact plus fort en gémissant quand il sent son érection coller à celle de Gordon. Première fois qu'il a ce genre de rapport et première fois qu'il sent autant le plaisir l'envahir. Vague par vague, il s'immisce dans son corps et le traverse à une allure folle. Il sait que Gordon ressent la même chose. En le regardant, il peut voir ses yeux se fermer, son corps se crisper, et ses dents pincer sa lèvre inférieure en espérant contrôler ses gémissements de plaisir.

Leurs yeux se rencontrent quand Gordon ouvre les yeux. Il ne voit plus Tom, l'enfant qu'il a élevé, mais un jeune homme qu'il désire beaucoup trop. Ses doigts caressent doucement les joues de Tom alors que ses lèvres effleurent celles rougies du dreadé.

- Vas-y Gordon...

Chuchotement à peine inaudible. Tom referme la distance qu'il avait créée pour parler alors que ses mains descendent le long de son dos pour arriver jusqu'à ses fesses. Elles passent ensuite par les hanches et osent toucher l'entre-jambe du bout des doigts. Geste pour faire passer un message à Gordon. Message qu'il comprend mais qu'il appréhende aussi.
Tout doucement sa main descend à son tour et touche l'entre-jambe de Tom qui gémit sous le toucher. Elle continue sa route et s'arrête devant l'intimité de Tom.
Il se mord la lèvre alors qu'un de ses doigts appuie contre l'entrée. Un murmure s'élève à nouveau.

- Tu es sûr ?
- Plus que jamais.


Un choix a été fait.
Tom regarde Gordon dans les yeux alors qu'il sent son doigt s'enfoncer en lui doucement. Il se mord violemment la lèvre pour ne pas gémir. Plaisir ? Douleur ? Il ne sait pas trop. Il sait juste que ça lui parcourt tout le corps, jusqu'à ses doigts de pieds. Il sent des fourmis envahir ses doigts qui sont crispés sur les épaules de Gordon. Ce dernier le regarde, inquiet, avant de débuter un va-et-vient avec son doigt. Le dreadé se détend un peu en sentant les lèvres du brun se poser sur son cou en soufflant doucement à son oreille.
Un soupir sort de sa bouche sans qu'il puisse le contrôler.

Un deuxième doigt suit le premier une fois que Gordon pense que c'est le moment. C'est plus imposant, mais les caresses qui accompagnent le geste le détendent. Il fait plusieurs allers-retours plus ou moins appuyés de façon à détendre Tom au maximum. Une fois ceci fait, Gordon retire ses doigts et se place mieux au dessus de lui. Tom relève la tête et attrape sa lèvre inférieure entre ses dents alors que ses mains se posent derrière la nuque de Gordon pour l'attirer contre lui. Il roule des hanches et provoque un frottement.
L'entre-jambe de Gordon glisse contre celle de Tom et descend plus bas alors que le dreadé soulève le bassin. Elle finit par rencontrer l'intimité et cogne contre. Ce nouveau contact les stoppe dans leur élan, et c'est les yeux brillants que Tom hoche la tête avant d'embrasser à nouveau Gordon.

Son baiser se fait plus passionné et plus violent quand il sent la virilité de Gordon se presser contre son entrée. Sa langue joue un combat avec celle du brun. Moyen de ne plus penser à la douleur qui va suivre. Façon d'oublier ce qu'il fait et de ne penser qu'à Gordon et ses lèvres.

- Han...

Gémissement commun qui sort de la bouche de chacun. Tom ouvre grand les yeux alors que Gordon regarde ce visage qui passe par toutes les émotions. Il essaie de toutes les déchiffrer et tente d'anticiper chaque réaction.

Il bouge et avance doucement, mais s'arrête quand il voit Tom grimacer de douleur. Pourtant ce dernier insiste et dit entre ses dents crispées.

- Continue...

Alors il continue et arrive enfin au bout.
Ses mains passent partout sur Tom. Ses bras, son visage, son cou, son ventre... Il fait son possible pour ne pas lui faire de mal. Au bout d'un moment, Tom bouge son bassin pour faire comprendre à Gordon qu'il peut y aller. C'est avec anxiété qu'il commence alors à bouger contre lui. Son sexe sort un peu de l'antre de Tom pour revenir s'y insérer. Le dreadé finit par détendre les traits de son visage et soupire en pressant les épaules de Gordon contre lui.

Ses jambes s'enroulent autour de la taille du brun alors que son corps se cambre en sentant un coup de rein un peu plus prononcé.

Au fur et à mesure que le temps passe, les coups de bassins se font plus sûr d'eux mais toujours aussi doux. Un nouveau plus violent que le précédent fait se cambrer Tom alors que le lit cogne contre le mur. La secousse arrive alors jusqu'à la place où la guitare se trouve et la fait tomber dans un bruit sourd. Ils n'y font pas attention. Gordon entend le c½ur de Tom quand il pose sa tête sur son épaule.
Une mélodie digne des plus grands guitaristes.
Rythmée, émouvante et remplie d'humanité. Son rythme cardiaque accompagné par des soupirs ou des gémissements plus ou moins forts. Une vraie musique qui le fait frissonner.

Tom ouvre grand la bouche en gémissant alors que Gordon touche sa prostate. Un éclair de plaisir envahit son corps et lui fait atteindre le septième ciel. Orgasme dévastateur qui le fait se resserrer autour de Gordon qui arrive lui aussi au sommet. Son corps s'étend sur celui de Tom pendant quelques instants.

Leurs respirations se calment petit à petit. Chacun allongé sur le dos voit les images se repasser en boucle dans sa tête. Ils ne regrettent pas, ils profitent juste de l'après-acte. Aucun mot n'est échangé, juste un regard. Ils tournent la tête au même moment et échangent un sourire. Un sourire sincère et rempli d'amour.
Ils ne pensent pas encore au lendemain et ne préfèrent pas. Demain tout rentrera dans l'ordre mais aujourd'hui il faut une parenthèse de leur vie respective pour se concentrer sur l'autre.
Gordon passe un bras autour de la taille de Tom pour le rapprocher de lui alors que ses lèvres se posent sur son front. Il souffle doucement sur le visage si angélique du jeune homme avant de fermer les yeux. Tom fait de même mais quelques minutes plus tard ses yeux s'ouvrent à nouveau. Il veut profiter encore un peu de ce moment.

Il se met alors sur le côté et regarde Gordon dormir. Il se demande si un jour il arrivera à l'oublier. Godon, son premier amour. Il se trouve stupide de penser ça, mais plus il réfléchit plus ça devient clair. Il se rapproche du corps endormi et ferme les yeux à son tour en soupirant de bien être.

Quelques mots raisonnent dans la pièce silencieuse. Enfin c'est plutôt un murmure à lui-même.

- Merci papa...

[...]

Une douce mélodie jouée à la guitare débute.
Heilig.
Tom ferme les yeux et se concentre sur les notes qui défilent le long de ses doigts. Il sait que quelque part dans la salle il le regarde.
Alors il joue pour lui. Parce que c'est grâce à lui qu'il en est là et parce qu'au fond de lui il sait que cette histoire n'est pas finie.


Fin.

# Posté le mercredi 04 mars 2009 12:02

Modifié le mercredi 08 avril 2009 10:53

[OS] Fascination.

 Fascination.

Genre: OS
Couple: Bill et Tom



* * * * * * * * * * * *



Bill est beau mais modeste. Il est grand mais fragile. Il est sexy et séduisant mais tellement innocent en même temps.

Bill est une personne hors du commun.

Le genre de personne qu'on ne rencontre pas tous les jours et qu'on a peur de blesser. C'est le petit ami rêvé de toutes les jeunes filles et celui qui fait changer de bord n'importe quel garçon. Son charisme, son visage d'ange, sa silhouette, son caractère, ses expressions... tout en lui attire et séduit autrui.
C'est un fait, non une supposition.

Sans le savoir, Bill dégage un charisme impressionnant et tout le monde le remarque. Il peut avoir la personne de son choix sans le moindre effort. Il est ce genre de personne qui fascine et impressionne par sa présence.
C'est une affirmation, non une hypothèse.

Mais en fait... Bill qui est-ce?

C'est ce jeune homme élancé assis au fond de l'amphithéâtre. C'est ce jeune adulte aux cheveux noirs comme la nuit et au visage délicatement maquillé qui écoute avec concentration le cours de littérature classique qui se déroule sous ses yeux.

Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire une personne comme Bill. Pour tout ceux qu'il entoure ce n'est pas un humain tellement sa beauté est au dessus de la norme. Peut-être a t-il du sang divin qui coulent dans ses veines? ...
Toutes les suppositions, même les plus invraisemblables ont été envisagées.

Il est parfait pour les autres mais banal à ses yeux.
Cette modestie non calculée en insupporte plus d'un mais pourtant aucun n'ose porter des jugements insultants à son égard.

C'est Bill et cette attraction qu'il dégage sur les autres.

Il dégage quelque chose de trop irréel pour l'expliquer. Ca n'a pas de nom, ni de définition. Entre attraction, et fascination, les gens autour de lui perdent leurs moyens à son contact sans vraiment savoir ce qu'il se passe.

Bill est une fascination et personne ne lui résiste. Qu'il le veuille ou non.


[...]


La fin des cours est enfin arrivée pour le plus grand bonheur de tous les étudiants réunis dans cet amphithéâtre déjà assombri par la nuit qui tombe. L'agitation se fait entendre alors que déjà la moitié de la section littéraire est dehors.

Une fois qu'il a réuni toutes ses affaires, Bill se lève gracieusement du banc en mettant sa main dessus pour ne pas qu'il claque contre le dossier. Tout est fait en douceur et chacun de ses gestes est rempli de grâce. Comment fait-il?

Du haut de ses 19 ans, Bill est en deuxième année de Littérature à la faculté de Berlin. Comme tous les vendredis, il finit sa semaine par un cours de Littérature Classique. Contrairement à tous les élèves, il prend son temps et ne s'agite pas dans tous les sens. Comme tous les vendredis, il va rentrer et étudier puis se reposer pendant deux jours.

Il ferme son sac et sort délicatement de la rangée. Impression que ses gestes sont ralentis, que le temps s'arrête. Ses gestes sont doux, sa démarche souple.
Comme d'habitude, plusieurs regards sont posés sur lui. Il n'y fait plus attention et ne cherche plus à comprendre ce qu'il génère chez autrui. Il essaie d'oublier que plusieurs personnes sont entrain d'analyser le moindre de ses mouvements, et que même certaines personnes s'arrêtent de parler quand il passe.

Il ne comprend pas et essaie de faire abstraction de cette sensation bizarre. Il essaie de ne plus réfléchir à ce comportement étrange à son égard.

Il s'apprête enfin à sortir de la salle quand une voix connue l'interpelle.


- Hé Bill!


Andréas... Comme tous les vendredis, il a le droit à son invitation et comme tous les vendredis il va gentiment décliner cette dernière. Il se retourne en souriant en coin, déjà conscient du sujet de conversation.

- Comment tu vas aujourd'hui?
- Je vais bien merci et toi?


Toujours cette politesse et cette douceur dans le son de sa voix. Une voix veloutée et involontairement sensuelle. Bill a dans l'intonation de sa voix un note mystérieuse qui sonne comme une invitation à le connaître davantage. Un voix basse et calme, qui peut apaiser n'importe qui.

Andréas soupire doucement avant de lui sourire. Comment fait-il pour ne pas se rendre compte de l'effet que seule sa voix peut provoquer? Lui s'y est peu à peu habitué et encore une boule dans le ventre lui rappelle le désir qu'il peut ressentir pour le brun.
Qui peut rester indifférent?
C'est pourtant une pensée contradictoire quand on sait que jamais il ne pourra le toucher parce qu'il apprécie trop. Il ne veut pas le réduire au même point que ses conquêtes. Au début ce n'était pourtant que pour cela qu'il était venu lui parler mais au fil des jours, il s'est attaché et il le respecte beaucoup trop à présent.
C'est juste un ami. Une amitié étrange et peut-être à sens unique mais qu'il essaie pourtant de préserver en multipliant ses tentatives.

- Très bien merci. Alors... veux-tu venir boire un verre avec mes potes et moi ce soir? Voudrais-tu bien sortir de chez toi pour t'amuser un peu?

Bill sourit un peu plus à sa demande mais baisse rapidement la tête en remettant son sac en place. Il la relève quelques instants plus tard avant d'esquisser un nouveau sourire.

- C'est vraiment gentil de penser à moi Andréas mais je ne vais pas pouvoir... désolé.

Un air désolé se dessine sur son visage alors que ses yeux ne quittent pas le jeune homme blond platine devant lui.
Ce n'est pas qu'il ne l'apprécie pas mais il avait prévu de rattraper un cours qu'il a manqué la semaine dernière. Et puis il n'ose pas vraiment accepter. Peur de ne pas être très intéressant face à Andréas et ses amis. Peur que tout le monde soit déçu quand ils apprennent à le connaître et qu'ils se rendent finalement compte que Bill Kaulitz est juste une personne normale. Avec des qualités et des défauts.
Il ne se trouve pas supérieur mais tout le monde semble le mettre sur un pied d'estale. Il a peur de décevoir les autres s'il se montre vraiment.

Bill voit Andréas soupirer, visiblement déçu de la réponse qu'il lui a donné. Il se mord la lèvre inférieure, se sentant immédiatement coupable.

- Je me doutais que tu allais répondre ça. Mais... est ce qu'un jour tu vas accepter?

Une point d'espoir se fait ressentir. Bill resserre sa main autour de la lanière de son sac et sourit à Andréas?

- Il n'y a que les imbéciles qui ne change pas d'avis.

Un léger rire cristallin sort de sa bouche alors qu'un sourire attendri prend place sur les lèvres d'Andréas. Comment lui en vouloir?

- Je te prend au mot jeune homme.

Bill rit en baissant la tête avant de se reculer.

- Bon week-end Andréas.

Un dernier sourire puis il se retourne pour partir. Andréas le regarde partir alors qu'il sent la déception l'envahir. Il essaie mais toujours en vain. Est-ce qu'un jour va t-il réussir?

Il les coupait dans ses pensées en voyant quelqu'un heurter Bill et s'excuser rapidement. Il fronce les sourcils puis soupire en secouant la tête de droite à gauche quand il voit la personne en question s'arrêter pour reluquer sans aucune discrétion Bill qui franchit la porte d'un pas léger pour finir par totalement disparaître de sa vision.

La personne continue alors sa route et s'arrête à côté de lui pour regarder une nouvelle fois la porte. Il met ses mains dans les poches, un léger sourire sur les lèvres.

- Qui est-ce?
- Ça c'est Bill.
- Oh..


Andréas tourne la tête et regarde le jeune homme qui vient de faire irruption et pose son bras sur son épaule pour lui chuchoter trois mots à l'oreille avant de partir.

- Aucune chance Tom..


[...]



Après un week-end des plus ordinaires, Bill se rend à son premier cours de la semaine avec un entrain surprenant. Il a le pressentiment qu'une bonne journée s'offre à lui et dégage donc une bonne humeur sûrement contagieuse. C'est le genre de pressentiment qui vous donne la pêche et qui vous comble d'un sourire qui ne part pas.

Le chemin qu'il a emprunté débouche sur l'université et en peu de temps il se retrouve dans un amphithéâtre. Une fois assis, il souffle un bon coup et regarde autour de lui. Toujours les mêmes personnes. Toujours ces regards discrets sur lui. A chaque qu'il en croise un, l'autre se baisse. Il fronce alors les sourcils puis hausse les épaules avant de sortir ses affaires.
Il ne cherche plus à comprendre.

Ces regards qui essaient de lire en lui. Est ce que cela leurs plairaient ceux qu'ils découvriraient?
Ces yeux qui se posent sur lui à chaque fois qu'il franchit une porte. Est-ce qu'ils savent ce que c'est d'éprouver cela?
Ces sourires qui lui sont adressés sans aucune raison. Pourquoi?

C'est assez désarmant de se sentir observer et analyser pour rien mais il s'y est fait enfin... il n'en tient plus compte, ou plutôt il essaie.

- Salut Bill!

Le concerné se retourne et se retrouve vite encadré d'Andréas et d'un de ses amis Gustav. Devant lui, un jeune homme qu'il ne connaît pas s'assoit sur la table pour être face à lui. Il lui sourit doucement quand il croise les yeux de Bill, une lueur mystérieuse dans les siens. A la fois enfantine et malicieuse. Il lui rend timidement son sourire avant de reporter son attention sur Andréas.

C'est la première fois qu'il s'assoit à côté de lui. Cet acte peu ordinaire surprend plusieurs personnes qui se retournent en voyant que Bill n'est plus seul. Ca a toujours été le cas.

- Andréas comment tu vas?
- Excellemment bien et toi?
- Je vais bien aussi merci. Qu'est ce qu'il y a?


Andréas sourit en sentant la surprise de Bill à le voir s'installer à ses côtés pour la première fois mais sûrement pas la dernière.


- Tu n'as pas oublié notre discussion d'hier?
- Non non.
- Et ben... je ne te lâche plus à partir d'aujourd'hui. Dis adieu à cette tranquillité que tu avais.
- Andréas...


Ce dernier le fait taire par un geste de la main avant de s'approcher de lui pour lui murmurer à l'oreille.

- Je m'occupe de tout.

Ses yeux rencontrent alors le jeune homme assis devant lui qui n'a pas toujours pas détourner le regard.

- Au fait, je te présente mon cousin Tom.


[...]


- Tu ne pourras pas Tom.
- Pourquoi pas?
- Bill est trop... il n'est pas comme les autres.
- C'est quand même un homme.
- Oui mais il n'est pas comme ça. Tu peux pas jouer avec lui comme avec les autres.
- Il est assez grand pour décider tout seul tu ne crois pas?
- Tu ne le connais pas et ça se voit...
- Ça ça peut s'arranger.


[...]



Tom est grand et mince. Il est drôle et dragueur. Il est beau et a un charisme à faire perdre le nord beaucoup de personnes. Tom est déconneur mais attentif aux autres. Il est égocentrique mais apporte de l'importance à ceux qu'ils l'entourent.

C'est une personne à part qui est difficile à cerner. Il intrigue et fascine Bill.

Ça fait deux semaines qu'ils se connaissent.

Deux semaines aujourd'hui que la vie routinière de Bill a été bouleversé par l'arrivée d'Andréas dans cet amphi. Et depuis ce lundi, plus rien a été comme avant. Il n'est pas encore sorti en leur compagnie mais cette tranquillité et ce calme qu'il connaissait n'est plus qu'un souvenir.

Être entouré n'était pas dans les habitudes de Bill mais petit à petit il y a pris goût et malgré le peu de paroles qui sort de sa bouche, la présence d'Andréas et Tom, ayant découvert que Gustav est en réalité troisième année mais qu'il rattrape un cour de l'an passé, le met de bonne humeur. Il s'amuse à les regarder et à écouter leurs discussions. Il participe aussi parfois, plus qu'au début.

Bill a découvert que Tom était également en troisième année et qu'il avait 20 ans mais étrangement il le voit très régulièrement dans ses cours avec Andréas.

Encore aujourd'hui, Tom est à côté de lui entrain d'écouter un cours de latin. Andréas est assis à ses côtés et gribouille une feuille avant de sauter du banc quand il entend le professeur donner fin au cours.

Tous les trois se lèvent et sortent de la rangée dans laquelle ils étaient placés.

- Tom... pourquoi tu viens à tous nos cours? Tu arrives à suivre les tiens en même temps?

Le concerné se retourne vers Bill alors qu'ils sortent de l'amphithéâtre pour rejoindre la cafétéria afin de se réveiller avec une bonne dose de café.

- Tu veux la vraie ou la fausse raison?

Un peu désarçonné par la question de Tom, Bill fronce les sourcils alors qu'il entend Andréas pouffer de rire.

- Euh... je ne sais pas.

Tom se mord le piercing qu'il a au labret avant de répondre.

- Je n'ai pas bien suivi mes cours l'an dernier. Ça me permet de revoir tout ce que j'ai oublié.

Une fois ces mots prononcés, il pousse la porte qui mène à la cafétéria non sans jeter un regard à Bill, qui ne l'a pas quitté des yeux, cherchant la nature de sa première question.


[...]


Cela fait une heure que Bill et Tom se trouve dans la bibliothèque de la faculté, ce dernier ayant rejoint le premier qui était entrain d'étudier.

Tom ne travaille pas vraiment, il regarde plus Bill réviser ses cours et fait semblant de lire un livre. Peu convaincant, Bill relève la tête quelques secondes et rencontre le regard de Tom sur lui. Il ne dit rien et continue son activité.

C'est toujours comme ça. Depuis environ une semaine maintenant, Tom rejoint Bill et le regarde travailler. Ils ne parlent pas beaucoup, l'endroit n'étant pas non plus très approprié pour cela.

Tom vient juste s'asseoir à sa table en prétextant devoir réviser un cours et Bill ne lui demande pas plus d'explications. Mais il sent bien le regard du dreadeux sur lui. Ce regard intense qui essaie de décoder chacun de ses gestes et chacune de ses paroles. Pourtant ça ne le gène pas. Il apprécie même.

Contrairement aux autres regards, celui de Tom ne reflète pas la même chose. Il s'y cache autre chose. Quelque chose de beaucoup plus grisant. C'est une sensation plus étrange. Qui parcourt tout son corps pour atterrir au niveau de son ventre. Rien qu'en y pensant, il se tord agréablement dans tous les sens.

Jamais ça ne lui avait fait ça. C'est juste... différent.

Bill entend Tom soupirer doucement alors que ce dernier referme le livre qu'il était supposé lire.

- Comment peux-tu être aussi innocent?

Juste un murmure qui s'échappe des lèvres de Tom. Bill n'est pas sûr d'avoir compris. Il frissonne sans savoir pourquoi puis relève de nouveau la tête. Il voit alors Tom, la tête posée sur ses mains, les yeux dans sa direction, la lèvre légèrement pincée au niveau de son piercing. Il a l'air en pleine réflexion.

- Comment?

Tom cligne des yeux et secoue un peu la tête.

- De quoi?
- Tu as dit quelque chose mais je ne suis pas sûr.
- Oh... juste je réfléchissais.
- Ah d'accord

.
Ils restent un moment à se regarder avant que Tom ne se rapproche en se penchant légèrement sur la table, son visage à quelques centimètres de celui de Bill.
Rien que son haleine l'envoûte. Son regard tellement expressif et son visage presque parfait. Comment ne remarque t-il pas l'envie qu'il fait naître chez les autres?

Il ne pensait pas que ce serait si dur. Cela fait déjà bientôt un mois qu'il connaît Bill et il n'a toujours rien tenté. Il en a envie. Il en crève d'envie même mais il y va doucement. Pourtant aujourd'hui c'est plus fort que d'habitude. Ça fait presque un mois qu'il n'a rien fait.

Presqu'un mois qu'il n'a touché à aucun garçon et aujourd'hui il sent la frustration être plus présente et se faire plus pesante.

- Qu'est qu'il y a?

Bill chuchote sans vraiment s'en rendre compte. Il ne capte que Tom. Il est si proche. Pourquoi fait-il cela?
Tom se rapproche encore. Ses lèvres frôlent presque celles de Bill, et ce dernier ne dit rien. Il assiste juste à la scène.
Impuissant? Non il en a peut-être plus envie que ce qu'il veut bien se l'avouer.

Tom cligne de yeux et fronce les sourcils envoyant la proximité entre lui et Bill.

- Rien.. je dois y aller on se voit sûrement demain.

L'instant est rompu et Tom s'éloigne en rassemblant ses quelques affaires.

- Au revoir.

Bill ne comprend pas ce qu'il c'est passé mais à peine a t-il baissé la tête pour se concentrer à nouveau que la voix de Tom le coupe à nouveau.

- Dis Bill... Tu ne voudrais pas sortir ce soir?

Ses mains sont à plat sur la table et il regarde Bill dans l'attente d'une réponse. Le brun regarde Tom, un pu perdu puis ouvre la bouche.

- Oh je... c'est que j'avais prévu de...
- De réviser oui je m'en doute mais... juste ce soir ok?


Bill regarde Tom debout, son sac à dos sur une épaule. Pour la première fois, il n'a pas envie de refuser. Il veut juste accepter. Il en a envie. Envie de passer du temps avec lui. C'est nouveau et c'est étrange mais c'est agréable. Un nouveau sentiment s'empare de lui quand il regarde Tom.
C'est chaud et c'est enivrant.

Il sourit avant de reprendre la parole.

- D'accord.
- On passe te chercher à 21h ça te va?
- Oui.
- Super.


Pour la première fois, il a accepté. Plusieurs regards se tournent vers lui alors que Tom s'éloigne de nouveau.

Aujourd'hui un nouveau cap est franchi. Il ne sait pas vraiment ce qu'il va se passer mais au fond de lui, il sait que Tom va marquer sa vie. Ça ne fait peut-être qu'un mois qu'ils se connaissent mais déjà le dreadeux a su engendrer chez le brun tout un temps de sentiments qui ne s'explique pas forcément.

C'est entre peur et excitation qu'il attend la soirée.


****


Ça fait maintenant trois heures que Tom, Andréas, Gustav sont passés chercher Bill à son appartement. Habillé simplement, Bill a quand même su se faire remarquer dés leur arrivée au bar. Malgré le fait que l'on soit mercredi soir, donc un jour de semaine, le bar est rempli.

Les têtes se sont tournées. Les regards ont bifurqués. Rien de très extraordinaire pour Bill qui n'y a pas prêté attention mais pour Tom ça a été plus dur qu'il ne le pensait. Il ne s'imaginait pas ressentir cela.

De la jalousie?
Peut-être bien mais il ne se l'avouera pas.

Maintenant installés à une table du troisième bar qu'il voulaient absolument montrer à Bill, Andréas voulant profiter de cette occasion pour faire le tour des bars avec le brun, Gustav et Andréas discutent avec entrain pendant que Tom regarde Bill siroter son verre.

Il regarde d'abord ses yeux, dirigés en face de lui, donc vers Gustav et Andréas, puis sa bouche, posée sur la paille pour aspirer le liquide. Il descend ensuite sur sa gorge où sa pomme d'Adam bouge quand il avale sa gorgée. Il passe par la main parfaitement manucurée qui tient la paille du bout des doigts. Tout passe au scanneur. Bill le sent. Il sent ce regard rempli de... désir?
Il ne sait pas très bien, il sait juste qu'il aime sentir le regard de Tom sur lui. Cette façon de le faire frissonner rien quand posant ses yeux sur lui. Cette sensation dans son ventre quand il croise le regard de Tom. Cette chaleur qui le parcourt quand il regarde Tom, sa bouche, son visage, son corps.

Il est... fasciné par Tom et tout ce qu'il l'entoure.

Un peu embrumé par l'alcool qu'il a bu, Tom ne se rend pas compte du regard intense qu'il jette à Bill. Ni de sa main qui se pose sur sa cuisse pour attirer son attention.

Bill détourne le regard pour planter ses yeux chocolats dans ceux de Tom. Ce dernier réprime un frisson en voyant Bill, sa paille à la bouche, les yeux posés sur lui. Tant d'images s'offrent à lui... et pourtant le visage angélique et innocent de Bill le ramène à la réalité. Il essaie de ne pas voir ses images imaginaires tourner dans sa tête mais c'est plus fort que lui.

Il voit Bill. Il se voit. Tous les deux. Et c'est plus présent ce soir.

Il se rapproche jusqu'à ce que sa bouche effleure son oreille. Son souffle chaud s'étale sur la peau de Bill. Frisson, chaleur, l'alcool aide et Bill se sent perdre la tête.

- Tu viens avec moi?

Les visages bougent. Tom pose son front sur le côté de la tête de Bill alors que ce dernier pivote un peu cette dernière pour être face au visage du dreadeux. La bouche de Tom frôle à la joue de Bill, qui sent son coeur s'accélérer.
L'ambiance est lourde, leurs corps sont rapprochés. Bill ne sait pas vraiment ce qu'il fait. C'est comme un aimant.

- Où ça?
- Viens.


La main de Tom se cogne contre celle de Bill et d'un seul mouvement, il se lève et emmène le brun avec lui. Andréas lève les yeux et fronce les sourcils face à leur soudain départ mais ne bouge pas. Il ne fait aucun geste pour les rattraper. Il ne sait pas s'il doit le faire. Doit-il préserver Bill de Tom? Ou doit-il le laisser faire ses propres choix?

****

Ils se créent un chemin et sortent, les mains toujours liées, Tom ne semble pas vouloir la lâcher. Il se retrouvent bien vite adossés à sa voiture, côte à côte et aucun mot n'est échangé. Bill peut entendre sa respiration lente. Il peut entendre la musique du bar raisonner en fond et le vent faire un léger bruit de sifflement.

- Tu es étrange Bill. Étrange mais... foutrement intéressant.

Bill se mord la lèvre inférieure en respirant profondément par le nez. Il n'est pas comme ça. Ce n'est pas dans ses habitudes d'être aussi proche et aussi bien avec une personne. Mais il ne peut pas s'en empêcher. Depuis qu'il connaît Tom tout change. Il change.

- Je ne suis pas comme ça.
- Comment?
- Comme tu me vois. Je suis juste.. Bill. Pommé et complètement...


Bill tourne la tête et ses mains se resserrent autour de la carrosserie de la voiture. Il regarde Tom qui écoute avec attention ses paroles. Il voit Tom et ses yeux brillants posés sur lui.

- Juste complètement pommé en fait.

Tom penche sa tête sur le côté avant de s'éloigner de la voiture pour se mettre face à Bill. Il sent le brun se tendre quand ses bras passent autour de sa taille, et que ses mains se posent à côté des siennes.

- Laisses toi faire.

Sa voix n'est plus qu'un chuchotement, et son visage se rapproche de celui de Bill.

- Pourquoi je le ferais?

Tom esquisse un sourire en coin avant de rapprocher encore son visage. Leurs nez se frôlent, leurs souffles se mélangent. Parfait. Tout est parfait.

- Juste... laisses toi faire s'il te plaît d'accord?

Bill ne peut s'empêcher de sourire en sentant les lèvres de Tom effleurer les siennes. Après tout, il en a envie.

Il déglutit quand la lèvre inférieure de Tom se place entre les siennes et le contact l'électrise. Le dreadeux se rapproche et leurs corps rentrent en contact alors que celui de Bill se colle à la voiture. Ses mains quittent leurs places et vont se poser sur les épaules de Tom quand ce dernier penche la tête sur le côté et caresse ses lèvres avec le bout de sa langue.

C'est divin et tellement intense que Bill se met sur la pointe des pieds pour chercher plus de contact alors que Tom entoure sa taille et le tient avec fermeté. A partir de cet instant, leurs gestes se transforment, leurs corps s'attirent encore plus... comme des aimants.

C'est leur désir qui ressort. Bill soupire à travers le baiser et la chaleur envahit son être. Il n'est pas habitué à ce genre de sensation. C'est plus fort que tout ce qu'il a vécu auparavant. C'est tellement enivrant qu'il a la tête qui tourne et qu'il halète dans la bouche de Tom quand il sent le corps du dreadeux réagir à leur baiser.

Plus rien n'est comme avant. Tout est différent. Tout change. Bill change au contact de Tom mais deux choses restent intactes.

Bill est fascinant.
Tom est fasciné.


[...]


- Alors?
- Alors quoi?
- Tom tu sais de quoi je parle.
- Il n'y a rien à dire.
- Rien?
- On s'est juste embrassé.
- Et?
- C'est tout.
- Ça m'étonne de toi.
- Hum.


[...]


Tout le monde a repris le cours de sa vie depuis la soirée qui date maintenant d'une semaine. Tom et Bill ne se sont pas retrouvés seuls depuis l'épisode du baiser mais Andréas et Gustav peuvent sentir cette tension qui plane entre eux quand ils sont dans la même pièce.

Pas besoin de mots. Les regards qui s'échangent parle pour eux.

Comme tous les mercredi, Bill va à la bibliothèque pour étudier. Son ventre se tord alors qu'il franchit la porte d'entrée.
Peut-être qu'il va venir...

Depuis la fameuse soirée, Bill a l'impression d'être une autre personne. Il n'attendait jamais la venue de quelqu'un avant. Il ne prêtait pas d'attention aux gens qu'il entourait. Il était seul et cela lui convenait parfaitement. Toujours peur d'être connu pour les mauvaises raisons alors il ne se mêlait pas aux autres.

Mais maintenant... Tom est arrivé et rien n'est comme avant. Des brides de souvenirs lui traverse l'esprit et un frisson l'envahit. Il ferme les yeux et soupire doucement. Rien qu'en pensant au baiser qu'ils ont échangé, Bill sent la chaleur envahir son corps et le faire frissonner plus que de raison.

Il s'installe finalement et sort ses affaires. Complètement concentré dans son travail, Bll ne voit pas une personne arrivait derrière lui, il sent juste un souffle dans son cou et entend un murmure. Il voit alors deux mains se poser sur la table, l'encerclant.

- Ce soir?

Il frissonne et tourne la tête pour se retrouver face au visage de Tom. Plus beau que jamais. Le dreadeux louche sur les lèvres de Bill alors que ce dernier le regarde dans les yeux.
Il se retient.
Il se retint de sentir cette odeur que Bill dégage et qui lui fait tourner la tête, de regarder chaque détail parfait du visage de Bill, de ressentir cette attirance presque irréelle pour lui.
Il se retient mais a un mal fou à se concentrer.

Comment peut-il lui faire cet effet? Qu'est ce qui le pousse vers lui?

Bill ne dit rien, il hoche juste la tête, complètement hypnotisé par le jeune homme en face de lui. L'un comme l'autre sait bien qu'il se passe quelque chose d'étrange quand ils sont ensemble. Quelque chose d'inconnu et d'excitant.

- 20h chez toi.

Tom le regarde une dernière fois, et rapproche son visage. Il embrasse la commissure des lèvres du brun avant de reculer, avant de n'être encore plus tenter.

En le regardant partir, Bill ferme les yeux et se remet à respirer. Il n'avait pas remarqué qu'il s'était arrêté.


****


- J-- je... dois y aller.


Sa respiration est haletante, il tremble de tous ses membres, il ne sait plus vraiment où il est ni comment il en est arrivé là.

Il a juste chaud, très chaud. Il crève même de chaud. Il n'a jamais ressenti une chaleur aussi forte, il a l'impression de se consumer intérieurement. Ses joues le brûlent, la sueur coule le long de sa colonne vertébrale, alors qu'une main passe sous son tee-shirt et se pose sur sa chute de rein. Il se cambre et son dos rentre brutalement en contact avec le mur derrière lui.

Le corps en face de lui se colle un peu plus contre lui, et avant qu'il n'est le temps de répéter sa phrase, Bill sent les lèvres de Tom s'écraser contre les siennes avec force. Ses bras autour de son cou, ses mains sur sa nuque, il ne peut pas s'empêcher de renforcer sa prise pour sentir Tom plus proche de lui.

Ce n'est pas lui. Il n'est pas comme ça.

- Tu veux?

Bill laisse échapper un gémissement quand leurs bassins se rencontrent. Il n'arrive plus à respirer ni à penser. Il secoue vivement la tête de gauche à droite et ne peut s'empêcher de soupirer de bien-être quand la bouche de Tom retrouve la sienne.
Il sent alors sa jambe être soulevée et instinctivement il la calle contre la hanche de Tom, qui caresse sa cuisse.

Qu'est ce qui lui arrive?
Ce n'est pas lui. Il n'agit pas comme ça.

Il essaie de se souvenir de comment tout a dérapé. Il essaie de comprendre comment ils ont pu en arriver là. La soirée a pourtant commencé banalement. Tom est venu le chercher avec sa grosse Cadillac et ils sont allés manger dans un restaurant sympa. Au début, mal à l'aise, Bill s'est laissé détendre par les blagues de Tom.

Tout était parfaitement normal. Ils ont rigolés, ont parlé de tout et de rien, et ont appris à un peu plus se connaître. Pourtant Bill doit bien avouer qu'une légère tension était présente autour d'eux. Elle est apparue quand Tom est arrivé et elle est toujours là, au moment où leurs bassins se rencontrent à nouveau dans un mouvement brusque. Bill halète dans le baiser. Tom lâche sa jambe qui retombe et appuie sur le bas du dos du brun.

Ce n'était qu'un au revoir. Tout ça à cause d'un baiser d'au revoir.

Bill voyait Tom se rapprocher. Un "merci" a été soufflé. Des lèvres ont effleuré la courbe du cou du brun jusqu'à arriver aux lèvres.

- Un au revoir?

Bill a juste hoché la tête et alors un baiser en surface a été échangé. Juste lèvres contre lèvres. Mais ça ne s'est pas arrêté là.

Les lèvres de Tom se sont attardées sur celles de Bill. Bill a levé sa main pour la poser dans la nuque du dreadeux. Le dreadeux a passé ses bras autour de la taille du brun. Et le brun s'est totalement laissé aller dans ses bras.

Et voilà où ils en sont maintenant. Pire qu'une simple envie, c'est un besoin de se sentir l'un contre l'autre.

Ça aurait pu aller beaucoup plus loin. Tous les deux en meurent d'envie. Ça aurait pu oui mais quand Bill penche sa tête en arrière et regarde autour de lui sans s'en rende compte, un éclair de lucidité passe dans son d'esprit. Il voit la scène d'un autre point de vue. Tom et lui, en plein milieu du couloir, à la vue de tout le monde.

Comment peut-il faire ça?

Il ferme les yeux pour éloigner ses réflexions mais c'est plus fort que lui. Elles reviennent au galop et plantent leur tente dans un coin de sa tête, prêtes à ne pas le laisser en paix. Il relève alors la tête et son regard croise celui de Tom. Ce dernier fronce les sourcils, voyant visiblement que quelque chose tracasse Bill.

- Quoi?

Bill soupire, craignant qu'il ne gâche tout.

- Je n'suis pas comme ça... je peux pas là, maintenant... c'est putain...
- Tu deviens vulgaire Bill...


Bill relève un peu la tête, à présent un doigt dans la bouche et marmonne entre ses lèvres.

- Nerveux.
- Oh.


Tom respire un bon coup puis retire une de ses mains de la taille du brun pour la passer sur son front afin de se calmer. Il ferme les yeux et soupire, visiblement frustré. Bill le regarde en se rongeant l'ongle et rapproche doucement son visage de celui de Tom pour déposer un léger baiser sur ses lèvres.

Tom ouvre ses yeux, brillants et reflétant tout le désir qu'il contient à ce moment précis. Il pose son front sur celui de Bill et murmure.

- Je vais y aller.

Il se mord le piercing en posant ses mains à plat sur le mur et se regardent un moment sans parler, le silence envahit l'endroit. Il ne savent pas très bien s'il est apaisant ou pesant. Tous les deux sont perdus dans les yeux de l'autre. Ils cherchent des réponses dans le regard de l'autre.

La lumière s'éteint d'un seul coup, et les plonge dans le noir. Une fenêtre au bout du couloir illumine quelque peu et les deux silhouettes se dessinent dans l'obscurité. Les bras le long du corps, Bill se rapproche timidement de Tom en appuyant ses mains sur le mur, et effleure ses lèvres. Tous les deux gardent les yeux ouverts. Bill se sent coupable et cherche en quelque sorte à s'excuser de son comportement.

Comment peut-on passez d'un tel degré d'excitation à... ça? A quoi a-t-il pu penser pour que cela le ramène aussi brutalement à la réalité?
Comment sa raison a-t-elle pu être aussi forte?

Le brun finit par fermer les yeux et pose ses mains sur les épaules d'un Tom qui ne bouge pas. Ses poings se ferment et s'appuient un peu plus contre le mur. Il n'est pas assez fort pour ne pas succomber. Il est tiraillé entre l'envie de rester et l'envie de partir loin pour ne pas aller trop loin. Il sait qu'une fois le désir à son paroxysme, il ne se contrôle plus. A cet instant, il joue une lutte mentale contre lui-même pour ne pas toucher le brun, pour ne pas lui rendre fougueusement son baiser.
Il sent les lèvres de Bill jouer contre les siennes. Automatiquement ses dernières s'ouvrent et il sent alors la langue percée de Bill venir caresser la sienne. A ce contact ses yeux se ferment un peu plus.

Il n'est pas assez fort alors il préfère reculer.

C'est d'abord ses lèvres qui coupent le contact avec celles de Bill.

- J'y vais.

Ses mains se décollent du mur et son corps de celui de Bill. Un courant d'air frais passe entre eux. Bill frissonne en voyant le visage fermé de Tom. Il ne sait pas comment l'interpréter.

Voyant le malaise de Bill, Tom se penche tout de même vers lui et pose chastement un baiser en murmurant un "bonne nuit" avant de partir.

Ce n'est que lorsqu'il ne voit plus Tom que Bill ferme les yeux et se tape le dos contre le mur, visiblement frustré lui aussi. Il penche la tête en arrière qui arrive un peu trop brutalement contre le mur.

- Quel con!

Il hésite entre se donner des coups ou se féliciter.
A-t-il eu tord ou raison?


[...]


Le lendemain.

- Tom tu n'es pas fait pour lui, arrête de jouer.
- Pourquoi tu dis ça?
- Je te connais.
- Faut croire que non. Je peux ne pas être un salop quand je veux.
- Tu ne veux que baiser avec lui!


La voix d'Andréas s'élève un peu trop dans la bibliothèque universitaire. Tom va pour répondre à son cousin, mais un bruit de livre qui tombe à terre le fait s'arrêter, et les yeux arrondis d'Andréas le fait se retourner. Son estomac se soulève quand il croise le regard de Bill, le yeux grands ouverts et le visage vide d'expression.

Pire qu'en colère, Tom peut petit à petit voir la déception envahir les traits de Bill et remplir son visage d'une expression. Que fait-il ici? On est pourtant pas mercredi, mais jeudi.

Ce dernier ferme la bouche alors qu'il était sur le point de saluer les deux garçons. Il se mord la lèvre face au silence qui devient de plus en plus gênant et baisse la tête avant de murmurer quelques mots, et de s'en aller.

- Complètement pommé et... complètement con aussi.

Il avait espéré que Tom n'était pas comme tous les autres. Qu'il n'était pas venu à cause de son apparence qui attire tout le monde mais qu'il avait fait l'effort de le connaître pour lui. Il s'est trompé et s'en mord les doigts maintenant.

Alors que Bill s'éloigne en respirant un grand coup, sous le regard de plusieurs personnes dans la salle, Tom reste à sa place, complètement stoïque. Tout se passe au ralenti et il se sent incapable de bouger. Il prie mentalement pour que toute cette scène ne soit qu'un rêve ou une mauvaise blague. Il a l'impression d'assister à une pièce de théâtre et donc d'en être que le spectateur sauf que là... il en est un des personnages principaux.

Ce n'est qu'à cet instant que Tom se rend compte de ce qu'il vient de se passer.
Andréas, Bill qui part.
Les personnes se remettent à exister. Tout ce qui l'entoure se remet à bouger normalement quand Bill n'est plus dans son champ de vision.

- Putain Andy!!!

D'un bond, il prend sa veste et son sac et sort de la bibliothèque en faisant plus de bruit qui ne l'aurait voulu.
Un « shhhhttttt » le fait ralentir et ce n'est qu'une fois complètement à l'extérieur qu'il se remet à courir en direction de la soirée. Au loin il aperçoit Bill qui marche lentement.

- Bill attends!!!

Il ne se retourne même pas. Bill soupire et continue d'avancer mais un bras l'oblige à s'arrêter. Il se retourne, les sourcils froncés et alors il voit Tom le corps baissé, une main sur le genoux pour tenter vainement de reprendre son souffle.

- A--tt-tends.

Bill déglutit et regarde ailleurs pour se donner du courage.

- Je te jure que ce n'est pas ce que tu crois.

Phrase dite et redite. On l'entend quand la personne ne sait pas vraiment quoi dire mais cherche quand même à se justifier.
Bill soupire et baisse le yeux avant de regarder Tom et de se détacher de son emprise en tirant sur son bras. Tom n'essaie pas de résister.

- Et qu'est-ce que je crois?
- Ben que... enfin que je me servais de toi et que.. Je euh voulais que...
- Et ce n'est pas le cas?


Tom baisse les yeux et se gratte la nuque pour tenter de faire disparaître cette gène et ce malaise qu'il ressent. Les yeux de Bill lui parlent mieux que des mots.

- Laisse moi t'expliquer.
- Non.


Le ton est ferme et ne laisse aucune chance. Tom relève la tête surpris par ce changement soudain. Les mains de Bill se resserrent autour de la lanière de son sac, tic qu'il a quand il est nerveux, alors qu'il baisse les yeux.
Sa voix redevient celle que tout le monde connaît.

- J'ai compris.
-Non non tu n'as pas compris.


La déception laisse alors place à la colère. Ses tentatives pour s'expliquer font remonter en lui un sentiment qu'il essayait de ne pas ressentir.
Il se sent trahit.

- Je ne veux plus te voir de ma putain de vie Tom ok?

Bill n'est jamais vulgaire. Tom sait parfaitement que le brun l'est que lorsqu' il est nerveux, comme il lui a lui-même dit la nuit dernière.
Tom ouvre la bouche de surprise alors que Bill lui tourne le dos pour partir. Tom ne le suit pas cette fois. Il reste sous le choc, planté au beau milieu du passage.

Au début ce n'était qu'un jeu. Vouloir l'inaccessible. Vouloir ce que personne n'a réussi à avoir.
Au début, tout ça ne devait pas le toucher.
Au début oui...



[...]



Ça fait exactement deux semaines et deux jours qu'il ne le voit pas. Il a compté. Il va pourtant à tous ses cours et se rend à la bibliothèque tous les mercredis mais il n'y vient plus... A croire qu'il l'a complètement rayé de sa vie sans aucun sentiment.

Il a changé ses cours. Changé de jour pour aller à la bibliothèque. Changé son chemin habituel pour ne pas le croiser. Bill a tout fait pour ne plus le croiser. Il se sent humilié mais plus que tout déçu. Il n'arrive pas à croire que Tom ait pu autant jouer avec lui et ses sentiments. Jamais encore son intuition lui a été trompeuse à ce point. D'ordinaire, il sait cerner les personnes et là, il avait voulu croire qu'il connaissait bien Tom mais il semble qu'il se soit trompé. Il se rappelle pourtant ce pressentiment qu'il a ressenti le jour de sa rencontre avec Tom. C'était une sensation positive et ce matin-là , il pressentait qu'il allait se passer quelque chose de bien dans sa vie.

Comment a-t-il pu être aveuglé à ce point? Comment Tom a-t-il pu le changer à ce point?

Tom a essayé de l'appeler et plusieurs fois il a voulu céder et répondre mais il ne l'a pas fait. Son comportement est peut-être débile et puéril mais il est rancunier de nature.
Son côté humain qui ressort. Comme quoi personne n'est parfait. Ça ne fascinerait sûrement pas de voir que Bill est un grand rancunier.

Il pouffe de rire à cette pensée alors qu'il se rend à la bibliothèque un samedi matin. Il est sûr qu'à cette heure-ci il ne risque pas de le voir. Il pousse la porte d'entrée et salue silencieusement la bibliothécaire. Il a même changé de place... comme quoi il est vraiment prêt à tout pour ne pas le croiser. Il s'assoit à une table dans un coin et sort tranquillement ses affaires. Alors qu'il pose sa trousse sur le bureau, son esprit lui rappelle la fois où Tom lui a proposé de sortir et tout ce qui s'est enchaîné par la suite.

Tout s'est déroulé tellement vite qu'il a l'impression qu'il s'est passé une éternité entre aujourd'hui et le moment où Tom et lui se sont rapprochés. Il secoue la tête, et essaie de chasser Tom de son esprit pour enfin commencer à travailler.

Une demi-heure après son arrivée, Bill lâche son stylo, pour faire une pause et relève la tête. Il la penche en arrière, et la fait aller de droite à gauche en fermant les yeux pour détendre ses muscles de la nuque. Quand il la relève, son regard se perd devant lui et s'est alors qu'il voit Tom les yeux grands ouverts, la bouche entrouverte, les yeux dans sa direction.

En croisant son regard, Bill baisse directement les yeux et murmure en rangeant précipitamment ses affaires.

- Putain.

Il soupire d'agacement. Il dit beaucoup trop souvent ce mot depuis qu'il connaît Tom.

- Tu pars?

Bill se mord la lèvre inférieure sans relever la tête mais entend la chaise en face de lui crisser légèrement, signe que Tom s'est assis. Il ne veut pas lui parler.
A quoi cela rimerait?

- Oui.

Tom soupire en baissant la tête quelques instants.

- Bill...

Quand il relève le visage, le brun n'est plus là. Il ne l'a même pas entendu partir...


****


Toc toc toc.

Bill se redresse et regarde l'heure de son portable et la porte sur sa droite pour ensuite froncer les sourcils. 22h47.
Qui ça peut bien être à cette heure-ci?

Il se relève et se dirige lentement vers sa porte d'entrée mais quand il baisse la poignée, ses yeux s'arrondissent puis il jette un nouveau coup d'oeil à l'heure, sur la télévision cette fois.
22h48.
Non ce n'est quand même pas...

D'un geste automatique, il ouvre la porte, légèrement sur la défensive.

- Écoutes moi au moins.

En même temps qu'il entend ses mots, il se sent pousser à l'intérieur de chez lui, et voit une tête aux dreads blondes rentrer chez lui pour se figer en plein milieu du salon.

- Putain Tom qu'est ce que tu fous là?

Le ton est beaucoup plus agressif que ce qu'il imaginait. Tom se retourne pour regarder Bill, avec des yeux ronds.

- Et ben... j'ai dû vraiment t'énerver.

Bill soupire de lassitude et ferme la porte pour s'appuyer contre cette dernière.

- Je veux juste que tu m'écoutes. Ça fait une heure que je suis devant chez toi entrain de me demander si je monte ou pas. Ça fait deux semaines que j'essaie par tous les moyens de t'expliquer mais... tu n'es plus aux même endroits. Juste... écoutes moi s'il te plaît.

Bill ne dit rien et se laisse tomber contre la porte. Une fois assis à même le sol, il s'appuie contre elle et regarde Tom. Il ne sait pas quoi dire, alors il préfère ne pas parler. Parfois, les mots ne sont pas utiles.

- Je peux ?

Il hoche la tête et voit Tom s'asseoir sur le canapé, qui est contre le mur quand on rentre dans l'appartement, ainsi Bill peut le voir de profil.

Plusieurs minutes s'écoulent sans qu'un mot ne soit prononcé. Tom cherche sûrement les siens, et Bill le regarde. Il suffit que ses yeux se posent sur lui pour se remémorer cette chaleur qui naît dans le creux de son ventre et qu'il ressent quand Tom est proche de lui. Chaleur qu'il a ressenti quand il avait Tom collé contre lui et qu'il sentait la moindre parcelle de son corps contre le sien, même à travers les vêtements.

- Tu me plais Bill. Vraiment beaucoup. Dés le premier jour où je t'ai vu. Je m'en souviens très bien même.

Bill secoue légèrement la tête pour chasser les images qui le hantent. D'où il est, il peut voir un léger sourire nostalgique se dessiner sur les lèvres de Tom. Sa voix est basse et il ne le regarde pas. Ses yeux sont rivés sur ses mains qui sont reliées. Le brun penche sa tête jusqu'à ce qu'elle rencontre le bois de la porte sans le quitter des yeux. Il plie ses jambes, et pose ses pieds à plat puis met ensuite ses poignets sur ses genoux, triturant ses doigts pour tenter de faire disparaître ce stress qui l'envahit.

- Tu es tellement... putain Bill tu n'imagines pas l'effet que tu fais aux personnes.

Tom relève les yeux et croisent ceux du brun.

- J'ai voulu coucher avec toi. Et maintenant encore j'avoue.

Il marque alors une pause et tourne la tête vers la gauche, il regarde par la fenêtre quelques instants avant de fixer à nouveau ses mains.

- Mais c'est tellement plus que ça en même temps. T'es complètement envoûtant Bill.

Il écoute le moindre mot qui sort de la bouche de Tom. Il écoute enfin ses explications. Certes quelques décousues mais qui reflètent ce que le dreadeux ressent, ses sentiments. Il regarde ses expressions, il regarde ses lèvres bouger pour lui révéler ce qu'il a tant voulu lui dire. Il le voit bouger, et appuyer son dos contre le dossier alors que ses mains se posent sur son ventre. Bill se mord la lèvre et va pour parler mais il est coupé par la voix de Tom.

- J'ai jamais voulu te blesser. J'ai jamais voulu que ça finisse comme ça. Je n'ai pas imaginé une seconde que ça puisse devenir aussi sérieux. Pou moi c'était simple... comme d'habitude.

Il passe sa main sur ses yeux puis son front. Il ne fait que bouger. Bill suit ses mouvements. Tom se redresse et appuie ses bras sur ses genoux. Il ne le regarde pas, ne cherche pas à savoir si oui ou non Bill s'intéresse à ce qu'il dit. Parce qu'au fond peut-être qu'il sait que Bill a aussi envie de savoir et qu'il écoute.

- Mon erreur a été d'apprendre à te connaître Bill. Une fois ça fait, j'ai vite compris que j'étais fichu.

Le ventre de Bill se tord à chaque mot de plus. Il ne sait pas très bien ce qu'il doit faire et dire alors pour une fois il suit vraiment son envie sans se poser de questions.
Tom ne le voit pas se lever. Il ne le voit pas non plus se rapprocher. Il est tellement stressé et se sent tellement vulnérable d'avouer enfin ce qu'il a sur le coeur, qu'il ne cherche pas à regarder sur la droite. Il a peur de ce qu'il pourrait voir.
Un Bill encore en colère? Ou pire que tout... Un Bill indifférent?
Il n'aime pas ne pas avoir le contrôle sur la situation donc, il évite le contact visuel, ses yeux... reflets des émotions. Ils sont le reflet de l'âme ce n'est pas ce qu'on dit?

Ce n'est qu'au dernier moment qu'il sent le canapé s'affaisser à côté de lui, et peu de temps après un souffle se répandre sur sa joue puis un nez se frotter contre son cou. Il n'a pas le temps de réagir et tourne à peine la tête que deux mains se placent de chaque côté de son visage et que deux lèvres se posent sur les siennes.

Les yeux toujours ouverts, il peut alors voir Bill les yeux fermés. Il ferme alors les siens et passe ses bras autour de la fine taille du brun qui ouvre doucement la bouche pour prolonger le baiser. Il ne saurait pas vraiment expliquer pourquoi il est allé embrasser Tom. Il en avait juste envie. Et de le sentir aussi proche de lui, lui rappelle le plaisir et la plénitude qu'il ressent quand il est en contact avec le dreadeux. Ils restent quelques minutes ainsi puis se séparent.

Tom garde les yeux clos et pose son front sur celui de Bill qui le regarde en se mordant nerveux la lèvre inférieure.

- Crois moi. Fait moi confiance s'il te plaît.

Bill laisse échapper un soupir en fermant les yeux à son tour et frissonne au contact des doigts rugueux de Tom qui remontent le long de ses bras nus.

- Je te fais confiance.

Tom resserre ses mains sur les épaules en laissant un soupir de soulagement franchir ses lèvres.

- Merci.

Le reste se fait alors naturellement. Tous deux en ont envie, tous deux en ressentent le besoin.
Pourquoi parler plus? Le pas qu'a fait Tom est assez grand pour ne pas s'étendre davantage.

Il est loin le temps où il ne voulait Bill que comme conquête. Ce dernier se laisse aller et cesse enfin de se poser des questions pour de bon, il pense d'abord à ses envies. Ses lèvres retrouvent d'elles-mêmes celles du dreadeux et c'est de sa propre initiative qu'il se rapproche de Tom jusqu'à être complètement sur lui.

Ensemble ils retrouvent cette sensation de pouvoir tout partager.
L'atmosphère s'alourdit au fur et à mesure que le baiser s'intensifie. Les mains de Bill délaissent les joues de Tom pour aller se poser sur sa nuque alors que celles du dreadeux appuient sur sa chute de reins. Au même moment, leurs bouches s'ouvrent et un léger gémissement sort de celle de Bill. D'abord timidement, la langue de Bill caresse celle de Tom mais bien vite les mouvements se coordonnent. Le baiser traduit leur envie, leur désir, et une pointe de sentiments se développe. Elle est bien présente même s'ils ne s'en rendent pas compte. Dans leurs gestes, leur façon de s'embrasser. Ce n'est pas encore concret,on en voit que le contour. C'est abstrait mais cela peut devenir quelque chose de vraiment beau.

Plus confiant et mettant ses réserves de côtés, Bill laisse ses mains parcourir le torse de Tom jusqu'à la couture du tee-shirt. Tout se passe vite mais lentement à la fois. Tom ouvre alors les yeux pour regarder Bill. Il profite que leurs lèvres se séparent quelques instants

- Tu es sûr?

Bill hoche la tête et regarde Tom en lui ôtant son tee-shirt. Il le pose sur le canapé et sans lâcher les yeux du dreadeux, il retire son tee-shirt en se mordant la lèvre. Signe qu'il est quand même un peu gêné. Mais aussi geste qui peut paraître aguicheur. Il est sensuel et excitant involontairement.

- Tu me plais Tom. Vraiment beaucoup.

Il pose son propre tee-shirt sur celui de Tom alors que ce dernier sourit en entendant la phrase qu'il a lui-même dite. Ses mains découvrent le corps fin de Bill. Une peau douce, un teint blanc, un corps mince sans être maigre. Tom appréhende chaque endroit du torse du brun avant d'arriver au pantalon puis il remonte en passant par les côtés.

Bill penche la tête et son nez redessine la mâchoire de Tom avant de s'appuyer contre son cou. Il ferme les yeux et respire son odeur. Une odeur qui va le rendre dépendant, il s'en doute mais ne fait pas machine arrière.
Il sourit et continue dans sa lancée alors que les mains de Tom remonte dans son dos et que des lèvres embrassent son cou.

- Dés le premier jour où je t'ai vu. Je m'en souviens très bien même.

Tom pouffe de rire et redescend ses mains le long de la colonne vertébrale de Bill jusqu'à atteindre ses fesses. Le brun frissonne et se relève sur les genoux alors qu'il continue de parler.

- Ton visage, ton expression... ton sourire. Je me souviens de tout.

Bill se sent soulever et instinctivement entoure la taille de Tom de ses bras. Il fait des caresses circulaires avec son nez et c'est en le guidant avec des mots murmurés à l'oreille qu'ils se retrouvent dans sa chambre.

- Couloir, deuxième à droite.

Il dépose un baiser sur son oreille avant d'attraper son lobe entre les dents. Il sent alors Tom s'arrêter et se rend compte qu'ils sont face à son lit. Le reste des habits est retiré dans les minutes qui suivent. Aucune gêne face à leur nudité. Tout se passe vite mais doucement à la fois.

Puis les deux corps s'allongent l'un sur l'autre.
Leurs mains deviennent moites alors qu'ils touchent des parties de l'autre encore inconnus.
Elles découvrent la totalité du corps de l'autre, lentement, sensuellement. Chaque geste apporte un soupir, se transforme en caresse. Les yeux se ferment, le souffle se saccade, le corps se cambre.

La chaleur s'intensifie dans la pièce, augmente jusqu'à devenir étouffante mais tout le monde espère ressentir au moins une fois cette chaleur excitante qui envahit les murs et s'infiltre à l'intérieur même des personnes présentes. C'est brûlant, c'est lourd, c'est insoutenable mais ils en redemandent.

Les frissons se multiplient et la sueur de Tom se mélange à celle de Bill. Leurs respirations se coupent et tous deux halètent alors que leur corps s'alignent et se rencontrent pour la première fois de la sorte.

Tom apprend à connaître intimement chaque partie du corps de Bill. Il apprend aussi à connaître les réactions du brun. Il s'enivre de ses soupirs et se satisfait du plaisir qui traverse Bill.

Jamais il n'avait ressentir autant de plaisir à en procurer.
Voir le visage de Bill se crisper sous le plaisir alors que son corps se cambre. Sentir l'étroitesse de son corps. Savoir que d'un mouvement subtil de doigt il peut lui faire connaître l'extase. Entendre son nom sans se rassasier du son de cette voix qui le rend déjà fou.
Jamais il n'avait été aussi fier de donner du plaisir à une personne.

Leurs lèvres s'effleurent doucement. Il fixent les yeux de l'autre à la recherche des sensations que peut traverser le corps de son partenaire.
Quelques mots sont murmurés alors que Tom caresse les cheveux de Bill sans bouger. Ses yeux ne peuvent se détacher du spectacle qu'il se présente à lui.

- Tu es fascinant...
- Et surtout... fasciné.


Les mains de Tom descendent pour attraper ses jambes qui s'enroulent autour de lui, celles de Bill caressent le dos du dreadeux pour s'arrêter à la chute de rein de Tom et appuyer dessus.

Puis soudainement mais lentement, sa tête part en arrière alors qu'il se mord la lèvre. C'est meilleur que tout, il sent Tom s'insinuer en lui.

00h00
Un nouveau jour commence.


[...]


Un soupir s'échappe dans la chambre de Bill alors que le silence y est maître depuis plusieurs heures. Bill s'étire et se rapproche de cette chaleur qu'il sent sur le côté. Un frisson le parcourt quand il sent une main effleurer son dos et retracer sa colonne vertébrale et ses yeux s'ouvrent alors qu'il enfonce son visage dans le cou de Tom.

Tom, Tom, Tom... Tom?

Il relève soudainement la tête au même moment que des brides de souvenirs de la nuit dernière ressurgisse. Tom qui vient chez lui. Tom qui se confie. Lui qui l'embrasse. Tom qui s'accroche à lui. Tom qui le serre contre lui. Lui qui le touche. Tom qui l'emmène dans sa chambre. Tom qui lui fait l'amour. Et lui qui adore ça.

Bill sourit et pose sa tête sur l'oreiller, tout près de celle de Tom. Leurs nez se frôlent et il peut sentir la respiration régulière et paisible de l'endormi. Durant la nuit, son odeur a rempli la pièce et le brun ferme les yeux en inspirant profondément. Il adore ça. Sentir Tom tout autour de lui et contre lui. Ses jambes s'emmêlent un peu plus à celles du dreadé alors qu'il colle leurs hanches ensemble. Tom gémit dans son sommeil et sa main, posée sur le dos de Bill, passe sur son ventre. Ce dernier se contracte et un frisson parcourt son corps.

Il ne peut s'empêcher de sourire. Et tout en regardant le visage de Tom, une seule conclusion s'offre à lui. Il effleure ses lèvres dans une caresse aérienne avant d'embrasser son cou de baisers papillons.

Il a fait le bon choix.


[...]


Cela fait plusieurs heures que Bill et Tom sont dans le salon maintenant. Le soleil se couche et l'heure est passée sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Les films ont défilés sans qu'ils ne les voient vraiment, trop occupés à se câliner et à sentir les réactions de l'autre.

Seulement vêtu de leurs pantalons, ils n'ont rien fait de leur dimanche. Ils ont préféré rester enfermer tous les deux plutôt que de sortir sans trop savoir où aller. Il ont appris à se connaître un peu mieux.

Tom aime la musique, surtout la guitare, caresser Bill, les jeux vidéos, toucher Bill, marcher pieds nus dans l'herbe, embrasser Bill, regarder un film en mangeant un pot de pop corn plus gros que lui et surtout, surtout il aime, non il adore faire l'amour à Bill.

Bill aime le rouge, le chant, écrire, parler avec Tom, les livres, regarder Tom, boire la première gorgée de coca pour sentir le gaz de la boisson et avoir les yeux qui piquent, embrasser Tom, ne rien faire de sa journée, dormir jusqu'à pas d'heure, regarder les étoiles allongé sur son balcon en pleine nuit, et surtout, surtout il aime, non il adore que Tom lui fasse l'amour.

Une fois la gêne envolée, et la sensation de malaise disparue, une ambiance agréable de cocon s'est installée. Encore maintenant, un film défile, et pourtant les regards ne sont pas tournés vers l'écran. Il se regardent, et écoutent ce que l'autre dit.

Bill a les deux jambes sur celles de Tom et son visage est posé sur l'épaule de ce dernier alors que la mains du dreadeux monte et descend sur son dos dénudé.

- Je pourrais m'endormir.
- Vas-y.


Tom détourne le viage et son regard croise celui de Bill. Il frotte son nez contre celui du brun qui ouvre les yeux. Il n'avait pas remarqué qu'il les avait fermé. Un sourire est échangé. Bill rapproche son visage et leur lèvres s'effleurent.
Il les regarde et murmure contre elles.

- Je n'ai jamais autant aimer me tromper.

A ces mots, Tom pousse ses lèvres contre celles de Bill pour qu'elles rentrent complètement en contact avec celles du brun. Ses mains s'arrêtent sur sa chute de reins alors que celles de son partenaire passe autour de son cou.
Un langue taquine cogne contre les dents du brun qui ouvre lentement la bouche pour offrir l'accés à Tom.

Toc toc toc.

- Hummmmm.

Bill ne décolle pas ses lèvres de celles de Tom et resserre un peu plus ses bras autour de son cou en passant complètement sur les jambes de ce dernier. Qui ose les déranger?

- Tu veux que j'y aille?
- On peut toujours rester là.


Bill le regarde avec un léger sourire sur les lèvres avant de les poser délicatement sur celles de Tom. Il sent des mains le soulever pour le poser sur le canapé et voit ensuite son petit-ami se lever. Petit-ami?
Bill se mord la lèvre infèrieure pour ne pas trop sourire, et fait partir sa tête en arrière alors qu'il ramène ses jambes contre lui.

Au pas de la porte se trouve Andréas qui, complètement inconscient de ce qu'il se passe à l'intérieur, attrape son portable pour recomposer une nouvelle fois le nuémro de son cousin. Cinq fois qu'il l'appelle et toujours pas de réponses. Quatres messages envoyés et toujours pas de réponses.
Il n'est pas du genre à s'inquièter mais là... ça l'inquiète vraiment.

Quand la porte s'ouvre, il relève la tête sans réellement prêter attention à la personne en face de lui avant de reporter son regard sur son mobile.

- Salut Bill. J'espère que je te dérange pas mais je cherche Tom et...

Un temps de réaction. Un silence passe. Plusieurs secondes défilent. Andréas relève soudainement la tête et écarquille les yeux.

- Tom!

Le concerné fronce les sourcils, et sursaute légèrement en entendant la voix, quelque peu enervée de son cousin. Il entre dans l'appartement tout en brandissant son portable d'une main.

- Les téléphones tu connais? Je t'ai appelé des centaines de fois sans réponses. On devait aller chez ta mère aujourd'hui et d'ailleurs elle s'inquiète aussi vu que son fils n'a pas daigné donner signe de vie et que je l'ai appelé pour lui demander si justement elle t'avait vu.

Andréas se tourne vers Tom, en le pointant de son portable.

- Non mais qu'est ce que tu fous ici...

Ses yeux descendent et il s'aperçoit alors qu'il est torse nu. Il fait frénétiquement bouger sa main sans lâcher son torse des yeux.

- Et dans cette tenue en plus???

Bill, qui s'était relevé à l'entente de la voix d'Andréas, se pose à côté de Tom en haussant légèrement un sourcil, vêtu de la même manière que Tom.

Le regard d'Andréas passe alors de Tom à Bill et inversement. Il a l'impression de rêver ou alors d'avoir un problème de vision.

- C'est...

D'une même voix, Bill et Tom le regardent en levant les yeux au ciel.

- Fascinant on sait.

Le cousin de Tom fronce les sourcils, un peu perdu avant de reprendre.

- Non j'allais dire incroyable...

Des éclats de rires retentissent après quelques secondes de silence. Andréas regarde Bill et sourit. Mais pas les mêmes sourires qu'avant. Non cela sont plus attendris et remplis de satisfaction. Il le voit rigoler et se rend compte du changement que Tom lui a apporté.

Plusieurs minutes passent avant que le silence regagne sa place. Tom s'absente et se rend dans la chambre de Bill pour récupérer son tee-shirt et sa veste.
Bill part alors dans la cuisine, et demande à Andréas s'il veut boire à travers le bar qui est encastré dans le mur. N'entendant pas de réponses, il se retourne et voit Andréas assis sur un tabouret, les coudes posé sur le bar et la tête sur ses mains, un petit sourire sur les lèvres.

- Alors?
- Hum?
- Roh Bill tu sais.


Le dit Bill tourne le visage vers le couloir et un sourire ne peut s'empêcher d'envahir ses lèvres, faisant apparaître de petites fossettes.

- Ben.. je suis amoureux.

A peine les mots prononcés que Tom revient et prend place à côté d'Andréas, qui regarde toujours Bill, les yeux pétillants.

- Qu'est ce qui se passe?

Bill rougit et Andréas revient sur Terre. Il saute du tabouret et donne un gentil coup de poing dans l'épaule de son cousin.

- Rien on nous attend tu viens?

Bill se mord la lèvre et s'attend à ce que Tom ne soit pas très démontratif devant Andréas mais à sa plus grande surprise, ce dernier s'assoit sur un tabouret et prend appui sur le bar pour se pencher vers lui.

- Je reviens.

Le brun hoche la tête et connecte leurs lèvres quelques instants. Quand le contact est rompu, il ouvre ses yeux qu'il avait fermé et peut voir ceux de Tom toujours clos.
Puis un murmure atteint ses oreilles.

- Je n'ai jamais autant aimer...

Un silence passe, Bill regarde les lèvres de Tom puis ses yeux. Son coeur s'accélère. Tom soupire et frôle les lèvres du brun une dernière fois.

- ...me faire pardonner.

[...]


- Alors Tom?
- Hum quoi?
- Rohh racontes-moi.
- Ben... j'suis amoureux.


Fin.



****

Voilà à vous me donnez votre avismaintenant. ^^
J'espère que cet nouvel os vous aura plu!! Je suis entrain d'en écrire un autre, je vous donnerais le titre, que j'ai déjà lol, dans pas longtemps. Un peu de suspens lol.

Bisous à tout le monde et à bientôt.
Choops.

# Posté le lundi 23 mars 2009 19:02

Modifié le dimanche 26 avril 2009 11:24

[OS] Mode beau goss.

 Mode beau goss.


Genre: OS.
Couple: Bill/Tom.


* * * * * * * * * * *



Beaucoup de bruits se propagent dans cet établissement privé d'Allemagne. Un jeune homme essaie tant bien que mal de passer par mis la foule qui ne semble pas le remarquer. Il en a l'habitude et ne s'en préoccupe pas. Ici personne ne le connaît et il ne connaît personne non plus. Malgré sa grande et fine taille, il passe inaperçu aux yeux des autres. Vous savez c'est le jeune homme qui passe devant vous sans que vous y prêtiez attention, ou celui qui répond aux questions en cours mais dont personne ne connaît le nom. Il se fond dans la masse. Son apparence n'attire pas l'½il et ses longs cheveux n'attirent pas les gens non plus. Pourtant il a le look de l'emploi comme on dit. Il est musicien.

Habillé d'un jean bleu tout ce qu'il y a de plus normal et d'un tee-shirt noir, il franchit enfin la porte qui mène au couloir où se trouve sa salle. La porte se ferme derrière lui et il souffle légèrement, agacé de tout cet engouement. A chaque rentrée scolaire c'est pareil. Les premières années ne savent plus où regarder tellement ils n'imaginaient pas rentrer dans cette prestigieuse école. Ils s'agglutinent sous le préau et se rendent dans un amphithéâtre immense pour écouter avec une certaine admiration le directeur.
Cela fait trois ans qu'il étudie ici et il avoue sans hésitation que la première année est la plus belle. Arrivé dans une école où enfin on peut faire ce que l'on aime. Débarqué dans un environnement qui vous correspond et que vous aimez. Découvrir des personnes qui ont la même passion que vous. Avoir des cours avec des personnes parfois connues dans le métier.
Fini les cours magistraux qui regroupent les mêmes matières depuis l'école primaire. Une fois dans cet établissement, les matières ont tous un lien avec une option choisie au début de l'année.
Cette école regroupe théorie et pratique. Les professeurs essaient au maximum d'emmener les élèves sur le terrain pour qu'ils aient une expérience professionnelle une fois leur diplôme en main. C'est pour cela que chaque année, les étudiants font aussi des stages dans des entreprises parfois prestigieuses.
A mi-chemin entre l'université et les écoles spécialisées dans un domaine précis, cette école regroupe plusieurs sections comme l'Art, l'Archéologie, le Stylisme, la Musique. Et pour chaque domaine les professeurs choisis sont à la hauteur de la réputation de l'école.
Pour ce grand jeune homme de 23 ans qui s'assoit à une table vide en attendant le professeur, c'est la musique. Une passion qui est née très tôt, il ne pourrait dire exactement à quel âge c'était. Mais aussi loin qu'il s'en souvienne, la musique a toujours été présente dans sa vie. Elle a toujours fait partie de lui et il compte bien en faire son métier.
Il porte son regard vers la fenêtre qui se trouve à côté de lui et sourit en voyant les élèves de première année surexcités. Il pense avec nostalgie à sa première année. Il se souvient d'un ami qu'il s'était fait mais qui a déménagé en fin d'année, le laissant seul. Andreas... sa première année a vraiment été la meilleure jusqu'à présent. D'un naturel renfermé et assez timide, il ne parle que si on lui pose des questions ou si la personne à côté de lui engage la conversation.

Son nom prononcé par le professeur le sort de ses pensées.

- Tom Kaulitz ?

[...]


Un soupir franchit les lèvres de Tom quand il sort de son dernier cours de la journée.
Toujours la même chose. Toujours les mêmes rentrées. C'est assez épuisant à la fin. Même s'il adore les cours auxquels il assiste, il n'a qu'une envie pour le moment, rentrer chez lui pour se reposer. La journée a été longue et les autres le seront aussi.

Ses pas le mènent à l'arrêt du bus qui le dépose devant chez lui en peu de temps. Arrivé à destination, il jette son sac sur le canapé et s'affale ensuite dessus bien décidé à faire une petite sieste.
Il allume distraitement la télévision pour avoir un bruit de fond et dépose la télécommande sur la table basse. Il fronce les sourcils et attrape son portable qui était encore posé sur cette dernière.
Il ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait oublié ce matin.

Il pose un coude sur la table basse et appuie sa tête sur sa main en l'allumant d'un air absent alors qu'un film à l'eau de rose passe à la télévision.

Aucun appel.
Aucun message.

- Comme d'habitude...

[...]


Un mois que les cours ont repris et pourtant il a l'impression que cela fait une éternité qu'il n'a pas eu de vacances. Entre les cours et son boulot à l'épicerie du coin, Tom a la vague impression de ne rien faire de sa vie à part étudier et travailler. Il rêverait de ne rien faire pendant une journée. Juste se lever et...ne rien faire. Ou alors être fatigué parce qu'il est sorti trop tard la veille et qu'il n'a pas assez d'heures de sommeil et non parce qu'il a travaillé.

Cette année plus que les autres sa solitude commence à lui peser. Installé à la cafétéria de l'école, il mange sans grande conviction une salade qu'il vient d'acheter en regardant d'un air envieux la table à côté de lui.
Un groupe de personnes parlent, rigolent, s'amusent. Ils semblent se détendre après une matinée de cours comme tous les étudiants le font. Sauf lui. Tom, lui, est assis à sa place habituelle, à côté de la fenêtre, un cahier de partition d'un côté et sa nourriture de l'autre.

Pour une fois il aimerait avoir une personne en face de lui pour lui faire la conversation. Il lui faudrait une personne qui parle pour deux vu que lui ne parle pas énormément. Une personne qui ne se fie pas à son apparence de solitaire pur et dur. Et une personne qui pourrait le faire rire. Ca changerait.

Alors que ses pensées l'amènent à la conclusion qu'il devrait faire des efforts envers les autres, Tom ne voit pas une personne s'arrêter à côté de sa table. Ce n'est qu'au moment où un raclement de gorge arrive à ses oreilles qu'il secoue légèrement la tête et la relève.

En face de lui, un jeune homme le regarde.

- Excuse moi je peux m'asseoir?

Tom fronce les sourcils et regarde autour de lui. Il veut s'asseoir ici? Pourquoi?
Voyant que le brun attend visiblement une réponse, Tom toussote pour se donner contenance et murmure un simple "oui" avant de baisser les yeux.

Il n'est pas sûr que le nouvel arrivant l'ait entendu mais suppose que oui quand il entend la chaise crisser contre le sol.

Quelques minutes passent et Tom finit par relever la tête. Il fronce de nouveau les sourcils et regarde malgré lui le jeune homme qui est assis face à lui.
Plus jeune que lui, il semble avoir 20 ans au maximum. Sûrement un première année.

Son visage est fin et une expression enfantine caractérise ses traits, qui est encadré par des cheveux longs d'un noir tout ce qu'il y a de plus sombre. Il a un visage doux et une peau laiteuse qui doit faire des envieux.
Ses yeux d'un marron ordinaire sont soulignés de noir et dégagent ainsi une intensité particulière. Il ne regarde pourtant rien d'extraordinaire, mais son regard demeure pénétrant. C'est la première fois qu'il voit un regard qui parle autant. Un frisson le parcourt alors qu'il baisse les yeux quelques instants avant de regarder la fenêtre puis de nouveau le jeune homme.
Il n'ose pas épier ainsi les gens mais là, il ne peut pas s'en empêcher.

Ses habits correspondent parfaitement à son look androgyne. Ses accessoires ne sont que des détails pour accentuer cette ambiguïté qui peut paraître à son égard.
Il est tout le contraire de lui. Son opposé. Remarquable, prenant soin de lui, admirable, fascinant, avec un caractère sûrement bien trempé et surtout.. beau.

Le brun se sentant observé, relève la tête et aussitôt Tom baisse la sienne.

- Je m'appelle Bill et toi?

Tom regarde la main tendue vers lui et remonte jusqu'au visage du jeune homme en face de lui.

Le dit Bill, ne voyant pas de réaction, se racle la gorge en ramenant son bras vers lui. Il regarde ailleurs et boit un gorgée dans sa bouteille d'eau sans vraiment savoir pourquoi. Il cherche peut-être simplement quelque chose à faire pour ne pas penser à ce regard qui est posé sur lui. Un regard à la fois surpris, étonné, et blasé.
Il se sent soudainement gêné de ce silence. En venant s'installer à cette table, il ne pensait pas ressentir ce malaise face à ces yeux.

Il avait juste envie de connaître un peu mieux ce jeune homme de la cafétéria. Depuis quelques jours maintenant, il l'a remarqué et est intrigué.
Toujours à la même place. Toujours seul. Personne ne semble le remarquer. Mais malgré son allure traditionnelle, et son look pas personnel pour un sou, Bill trouve qu'il dégage quelque chose. Quelque chose de mystérieux, qui donne envie de le connaître mais peut-être s'est-il trompé.
Il essuie ses mains désormais moites sur son jean et déglutit mal à l'aise. Pourquoi ne parle t-il pas?

- Bon.

Regardant de nouveau de droite à gauche, Bill se lève en prenant ses affaires. Il regarde une dernière fois le jeune homme, qui a été l'espace de cinq minutes son voisin, avant de se retourner pour partir.

- Tom.

Dans son élan Bill s'arrête, sourit pour lui-même et se retourne pour regarder à nouveau le dit Tom. Ce dernier déglutit en se traitant de triple idiot. Pourquoi lui a t-il dit son nom?

- Bien... à plus tard Tom alors.

Le blond le regarde partir en se mordant la lèvre inférieure. Il doit vraiment améliorer ses relations avec autrui.

- A plus tard Bill...


[...]


Il espère le revoir.
Le lendemain, assis à la même place que la veille, Tom se dit qu'il aimerait revoir ce jeune homme au nom de Bill. Ce jeune homme extravagant et particulier. Ce garçon au regard expressif et à la voix douce.

Oui il aimerait bien le revoir.
Le seul qui lui ait parlé depuis la rentrée.

Il soupire pour la énième fois de la matinée et fixe sa nourriture sans y prêter attention. Il n'y a même pas touché. Il n'a pas faim alors recule son plateau pour mettre son carnet à la place. Il essaie de finir une partition pour son cours suivant mais n'arrive pas à se concentrer.

A quoi pensait-il?
Il n'aurait pas dû se faire de faux espoirs en se disant qu'il le reverrait sûrement. Il soupire fortement et s'avachit sur la chaise en baissant la tête.

Pourquoi est-ce si dur de se faire des amis?
Pourquoi n'y arrive t-il pas?

Son regard se perd dans la cafétéria et une boule se forme dans son estomac alors qu'il voit plusieurs personnes discuter entre elles. Tout le monde est accompagné sauf lui.

Il aurait pu l'être aussi sauf que...

- Salut.

Un sourire sur les lèvres. Des yeux rieurs et enfantins. Une chaise racle le sol. Tom a les yeux grands ouverts. Rêve t-il?

Bill s'assoit en face de lui en croquant un morceau de pain qu'il a dans la main. Il pose ce dernier et essuie cette dernière sur son jean.

Il lui tend à nouveau la main en lui souriant franchement. Même geste qu'hier. Tom fronce les sourcils et ne comprend pas vraiment ce qu'il fait.

- Je m'appelle Bill et toi?

Tom secoue légèrement la tête de droite à gauche et Bill ne peut s'empêcher de sourire encore plus en voyant une ébauche de sourire se dessiner sur les lèvres de Tom. Ce dernier regarde la main tendue quelques secondes avant de lever la sienne.

Quand ses doigts rentrent en contact avec ceux de Bill, un frisson parcourt son corps et il ne comprend pas pourquoi. Il donne raison au courant d'air qui vient de passer.

Ses yeux croisent alors ceux de Bill, et un nouveau frisson le submerge. Leurs mains se serrent doucement alors qu'il sourit un peu plus au brun.

- Moi c'est Tom.


[...]



Tous les jours depuis un mois ils se retrouvent au même endroit. Au début c'était une sensation étrange pour Tom. Voir quelqu'un installé à sa table et lui sourire quand lui-même prenait place. Savoir qu'aujourd'hui il ne mangera pas seul et qu'il entendra une voix lui parler à lui. Et pas à une personne à ses côtés.

Tom a trouvé une personne qui parle pour deux. Il sourit en pensant que Bill parle même pour plus de deux personnes. Le brun s'est vite intégré au mode de vie de Tom. Et ce dernier doit avouer que cela lui semblerait bizarre de ne pas le voir. Il y a pris goût.

Il a appris que Bill était en première année de stylisme et qu'il adorerait créer sa propre ligne. Il a aussi appris qu'il avait bien 19 ans et qu'il vivait tout seul à Berlin parce que ses parents habitaient dans un coin un peu perdu d'Allemagne, à Magdeburg. Il est célibataire mais beaucoup de filles lui font comprendre quelles diraient oui si lui voulait aussi. Même certains garçons essaient de le corrompre.

Tom se souvient avoir rit face au regard blasé de Bill. Le brun le fait rire aussi et à chaque fois que c'est le cas, Bill se dit qu'il a bien fait de venir parler à ce jeune homme en retrait.

Par contre Bill ne connaît pas vraiment la vie de Tom. Il sait juste qu'il a 23 ans, ayant redoublé une classe et qu'il n'est jamais entouré. Tom ne parle pas beaucoup de lui. A chaque fois qu'un sujet est abordé, il fait en sorte que ce soit Bill qui parle et non le contraire.

Ainsi, le brun écoute avec attention quand il lui parle parce qu'il sait ces moments rares. A chaque fois, qu'il a une discussion à peu près normale avec lui, il espère découvrir quelques détails sur sa vie et sur son caractère, sur ses goûts et ses envies.

Tom n'est pas bavard mais cela lui est égal. Il s'est attaché à lui et lui donne son amitié avec plaisir.

Il a une idée en tête depuis quelques semaines mais attend de mieux connaître Tom. Il attend d'apprendre à savoir qui est le vrai Tom.

Ils ne se voient qu'à la cafétéria au moment des repas. En ce moment même, Tom regarde Bill avec la tête sur sa main. Il l'écoute lui raconter sa matinée. Son corps se raidit sans savoir pourquoi quand Bill lui parle d'une fille qui est en cours avec lui.
Un silence suit puis le brun reprend la parole.

- Je lui plais. Elle me l'a dit mais je n'sais pas elle a l'air tellement sûre d'elle, à ce point c'est même flippant pour une fille. Tellement sûre que je vais accepter que j'ai pas envie de lui donner satisfaction. Et je ne sais pas... il manque quelque chose.

Bill relève les yeux et remarque le regard absent de Tom. Il passe sa main sur la sienne et la secoue légèrement. Tom le regarde un instant sans rien faire puis baisse les yeux sur leurs mains. Il la retire doucement et entend à peine la voix de Bill.

- A quoi tu pensais?
- Oh rien...je réfléchissais juste à une musique
- Oh.


Bill semble déçu. Il n'arrive pas à lire en lui comme il aimerait le faire. Il a envie de l'aider. Son regard se pose sur son visage et il voit que Tom regarde sur le côté. Sans y faire vraiment attention il se met à détailler son profil.

Un visage fin, des yeux marrons qui reflètent une étrange plénitude avec une étincelle de malice, un nez petit et fin, une bouche pulpeuse avec une belle couleur, une peau halée qui ne brille pas et presque sans défaut, une mâchoire typiquement masculine, et des joues d'enfants qui rendent le tout adorable.

La seule pensée cohérente qui lui vient à l'esprit est qu'il est beau. Vraiment beau. Il ne le voit pas mais pourtant en prenant soin de lui, Bill est sûr que beaucoup de personnes viendraient vers lui.
Il pourrait plaire, pourquoi ne le voit-il pas?

Il aimerait lui redonner confiance et l'aider à rencontrer quelqu'un de bien. Quelqu'un à sa hauteur.

- Tom je peux te poser une question?
- Oui bien sûr.
- Tu me fais confiance?


Surpris par la question, Tom se retourne et plante son regard dans celui de Bill. Pourquoi lui demande t-il cela?

- Euh... oui pourquoi?
- Tu me laisserais t'aider?


Tom fronce les sourcils, soudainement sur la défensive. Voyant qu'il a mal compris sa question, Bill reprend la parole en devançant Tom.

- Non c'est pas ce que tu crois je voudrais juste... tu me fais confiance hein? Est ce que tu voudrais bien me laisser m'occuper de toi. Genre un relooking?
- Je n'en ai pas besoin.
- Non c'est pas ce que je veux dire mais...


Tom soupire en secouant la tête et regarde de suite sa montre. Il doit y aller.

- Je dois y aller désolé.
- Tom..
- Bill ça ne servirait à rien ok?


Le concerné se mord la lèvre en hochant à peine la tête.

- A demain.

Il est déçu.


[...]


Après avoir gentiment décliné l'offre de Bill, Tom est rentré chez lui, n'ayant pas cours exceptionnellement l'après-midi et s'est mis à réfléchir. Il n'aurait peut-être pas dû. Cela lui aurait sûrement évité tout ce remue ménage dans sa tête. Tout était plus simple quand il était seul et que ce Bill n'était pas dans sa vie.

A présent toute sa routine est bousculée et il ne se pose plus du tout les mêmes questions qu'avant.

Est-ce bien ou mal?
Il n'en sait rien et préfère éviter le sujet pour le moment, pas totalement prêt à approfondir ses réflexions au sujet du brun, son amitié avec lui et tout ce qui entoure cette soudaine rencontre.

Il a tourné la proposition que l'androgyne lui a faite dans tous les sens. En long, en large, en travers, tout y est passé. Depuis que Bill lui a proposé ce relooking, Tom ne fait que penser à cela. Depuis toujours, il se moque des personnes qui l'entourent et de ce qu'elles pensent de lui ou de son apparence mais... lui, a t-il envie de changer ? Cette question le torture et ne lui laisse aucun repos.

Pour la énième fois de la matinée Tom se regarde dans le miroir de la salle de bain. Ses cheveux attachés en simple queue de cheval avec une casquette par dessus, ses habits quelconques. Il n'y a que ce piercing au labret décalé qui pourrait le rendre plus orignal mais sinon... rien en lui n'est attirant ou remarquable. Il ne trouve rien en lui qui pourrait plaire.

Le blond fronce les sourcils en fixant attentivement ton reflet.

A t-il envie de changer?

Son regard se pose involontairement sur l'horloge et ses yeux s'arrondissent en voyant l'heure affichée.

" Putain Tom tu vas être en retard! "

Le concerné soupire avant de retourner dans sa chambre et de se saisir de son sac pour partir l'école.

A t-il envie de changer?


****


Comme d'habitude depuis un mois, le brun est à la même place entrain de jouer avec sa nourriture. Enfin c'est ce qu'il pense, aux vues des mouvements de son bras. Il voit Bill regarder de droite en gauche, comme si il attendait quelque chose ou... ou quelqu'un.
A cette pensée, il ne peut empêcher son c½ur de s'affoler. Le brun l'attend. Il n'a toujours pas pris cette habitude. Etre attendu quelque part, ne plus être seul. Etrange sensation.

C'est étrange, mais agréable.

Tom soupire avant de parcourir la cafétéria et de contourner la place sur laquelle Bill est installée. Avant que ce dernier n'ait pu dire un mot, Tom s'assoit et soupire à nouveau en s'étalant sur sa chaise. Il jette un coup d'½il à Bill et renifle.

- Hum bon... c'est ok.

Sans le regarder, le blond mord dans son sandwich en regardant sur le côté. Il ne le voit pas, mais devine sans mal le sourire rayonnant que les lèvres de Bill lui offrent. Il rougit encore plus à cette pensée et s'enfonce dans sa chaise en évitant soigneusement le regard du brun.

Qu'est qu'il va lui arriver maintenant?


[...]


14h15.
Plusieurs coups sont donnés et une porte s'ouvre. Bill bouge d'avant en arrière en fixant le sol sous ses yeux avant de relever le visage pour rencontrer le regard de Tom. Ses mains sont attachées à la lanière de son sac et un sourire gêné prend place sur ses lèvres. Il a hésité avant de taper. Cela fait environ cinq minutes qu'il regarde la porte en se demandant s'il tape ou s'il attend jusqu'à la demie.

Vendredi midi, jour des vacances, avant de se quitter pour les cours de l'après-midi, Tom lui a donné son adresse pour qu'il puisse venir chez lui lundi. Son sourire s'agrandit un peu en se rappelant le regard gêné de Tom. Sa phrase dite trop rapidement, le papier froissé par sa nervosité. Bill n'a pu s'empêcher de remarquer à quel point Tom n'avait pas l'habitude de ce genre de choses. Il n'était pas dans son élément et Bill s'en est rendu compte. Un trait de caractère qu'il a découvert. Un trait de caractère qui rend Tom encore plus adorable, encore plus.. humain.

N'ayant pas un sens de l'orientation très développé, il a préféré partir avant pour ne pas être en retard, mais en fin de compte le chemin était simple et rapide. Il est en avance d'un quart d'heure.

- Oh Bill... Salut!
- Salut. Je suis un peu en avance désolé. Je... je ne savais pas trop quoi faire.


Tom hausse les sourcils avant de passer nerveusement une de ses mains dans sa nuque. Il aurait aimé ranger un peu mieux pour faire une meilleure impression. La veille il a travaillé jusqu'à tard dans la nuit et ce n'est qu'en se levant ce matin, enfin il y a 2h, qu'il s'est rendu compte de l'étendu des dégâts. Il a nettoyé en surface mais il aurait préféré avoir un peu plus de temps.

- C'est.. pas grave viens rentres.
- Merci.


C'est la première fois qu'ils se voient en dehors des cours. Depuis maintenant environ deux mois qu'il se connaissent, Tom a désiré montrer un peu plus de lui à Bill.

Le brun va découvrir une partie de sa vie. Il entre dans son monde pour la première fois. Tom se mord la lèvre au niveau de son piercing en laissant Bill pénétrer chez lui. C'est étrange de le voir dans son univers, au milieu de son environnement.

- Désolé je n'ai pas eu le temps de ranger convenablement.
- Ne t'inquiète pas je connais.


Les pas de Bill sont lents et petits. Ses yeux se posent sur la table basse remplie de partitions. Des notes sont rayées, des mots sont écrits dans la marge. Puis il voit une guitare posée délicatement sur le canapé. Il avait oublié que Tom en jouait... il ne l'a d'ailleurs jamais entendu jouer. Peut-être que maintenant il aurait la chance d'entendre une de ses mélodies. Il détourne difficilement le regard de cet instrument. Il a toujours été fasciné par la musique et tous les instruments qui puissent exister. S'il n'avait cette passion pour la mode, il serait sûrement devenu musicien.

Son regard passe du canapé à la fenêtre, de la fenêtre aux meubles, des meubles aux photos. Tout est regardé et Tom suit le cheminement des yeux. Bill semble s'imprégner des lieux pour les connaître par c½ur. Il n'avait jamais vu le brun si calme. Pas un mot n'est prononcé et cela ne le gène pas. Il est habitué au silence des lieux mais pour une fois ce dernier ne résonne pas de la même manière que d'habitude. Une sorte de plénitude et d'apaisement semble envahir la pièce. Peut-être est ce Bill qui dégage cette étrange atmosphère.

Un sourire sur les lèvres, Bill fait un tour sur lui-même en regardant de partout avant de fixer son regard sur Tom qui secoue la tête pour revenir à lui.

- J'aime.

A cet instant, Tom se dit qu'il pourrait très vite s'habituer à la présence de Bill dans son appartement.

- Tant mieux alors.

Un sourire ravi se reflète sur ses lèvres alors qu'il avance jusqu'à la table basse et rassemble en quelques secondes ses partitions pour les ranger dans une pochette. Bill ne le quitte pas des yeux puis s'assoit sur le canapé quand Tom le lui propose. Il relève la tête aussitôt et la hoche après avoir entendu les paroles du châtain.

- Je reviens. Je vais juste ranger ça.

En revenant ce dernier s'arrête à l'encadrement de la porte et sourit en voyant Bill effleurer sa guitare des doigts. Il regarde alors la pièce qui s'étend devant lui et la trouve changée sans comprendre pourquoi. Ses yeux se reposent sur le brun et son esprit voit alors plus clair.

Bill apporte une touche nouvelle et rayonnante dans cet espace. Jamais encore il n'avait invité quelqu'un de plein gré.

Plus que ça Bill semble avoir fait basculer sa vie dans le bon sens du terme. Sa routine n'est peut-être plus présente mais cela a du bon. Il s'en rend compte maintenant. Ce n'est pas seulement les lieux que Bill rend plus vivant mais sa vie aussi. C'est cette touche d'excentricité et de spontanéité qui lui manquait. Grâce à Bill il passe d'une vie monotone à quelque chose de plus joyeux, rempli de surprise et de bonnes choses.

Bill représente la joie de vivre incarnée à côté de Tom. Comment peut-il le supporter? Lui qui ne parle jamais ou que très rarement. Lui qui est toujours d'une humeur massacrante et qui ne fait rien qui change de l'ordinaire. Il a ses occupations et cela s'arrête là. Il ne cherche pas à partir à l'aventure ou à faire des expériences.

Alors que Bill... c'est son parfait opposé.
Toujours à sourire, à rigoler et à être de bonne humeur. Jamais encore il ne l'a vu triste ou mélancolique. Bill lui transmet cette chaleur qui lui donne envie de partager son monde avec une personne.
Les opposés s'attirent à ce qu'il paraît non?
Dés le premier jour où il a rencontré, Tom a vu en Bill quelque chose de nouveau. Pourtant tout son côté superficiel aurait pu le dégoûter et le refroidir mais Bill c'est plus que ça. Il a un caractère qui donne envie de rester proche de lui et de ne pas lui faire de mal.

En Bill, Tom a trouvé plus qu'un ami. Grâce à lui, il a aussi découvert que la vie n'était pas que morose et seulement centrée sur le travail. Ce n'est qu'un détail, le reste est tellement plus important. A partir du moment où on est entouré, la vie semble beaucoup plus claire et plus jolie.

Il se racle la gorge pour montrer sa présence et s'avance vers Bill pour s'asseoir à ses côtés. Ce dernier regarde une dernière fois la guitare avant de soupirer et de tourner son corps un peu plus vers Tom qui le regarde.

- J'ai toujours rêvé de jouer d'un instrument.
- Pourquoi tu ne l'as pas fait alors?
- Pas la patience. Je veux tout tout de suite.


Bill regarde Tom quelques instants avant de secouer la tête de gauche à droite. Tom ne comprend pas sa réaction sur le moment et ne cherche pas à comprendre davantage. Il range juste cela dans un coin de sa tête et s'il y pense, il y réfléchira plus tard. Pour l'instant ce n'est sans doute pas le plus important.

- J'viens de penser... je ne t'ai jamais entendu jouer.
- Tu ne me l'as jamais demandé et on en a jamais eu l'occasion.
- C'est vrai.


Bill tourne encore une fois la tête vers la guitare puis pose ses yeux sur Tom.

- Un jour tu joueras pour moi?

Tom hoche la tête et un sourire éclaire le visage parfaitement maquillé de Bill. Tom se dit qu'il est vraiment beau quand il sourit. Ces légères fossettes qui ressortent et ces yeux qui pétillent, tout le monde peut tomber sous le charme, lui y compris. Il secoue la tête pour se remettre les idées en place et au même moment Bill sort plusieurs magasines de son sac.

- Je te montre ce que j'ai amené?
- C'est parti.


[...]



Cela fait une semaine que Bill vient chez Tom. Une semaine que le brun part le soir pour revenir en début d'après-midi. Ils ne font pas que travailler sur la métamorphose de Tom. Ils apprennent à se connaître dans un autre environnement que le scolaire. Tom découvre un Bill studieux et Bill découvre un Tom complètement dérangé. Il ne l'imaginait aussi drôle et le jeune homme qu'il apprend à connaître lui plaît.

Le brun semble prendre très à c½ur cette décision que Tom a prise. Il compte le métamorphoser complètement. De la racine de cheveux à la pointe des pieds. Il ne sait pas vraiment encore ce qui irait bien au blond mais se concentre et cherche dans un tas de magasines, mais avant toute chose...

- Allez mais ne bouges pas.
- Qu'est ce que tu vas faire?


Bill se rapproche lentement de Tom avec un crayon à la main. Le blond regarde suspicieusement le brun puis sa main. Quand il a accepté de laisser Bill le métamorphoser il aurait quand même dû poser des limites. II n'y avait pas vraiment pensé sur le moment mais maintenant que son ami s'avance vers lui avec une lueur malicieuse dans les yeux, il regrette.

Oui, il regrette beaucoup même.

- Juste des essais. C'est une expérience purement dans ton intérêt.

Tom secoue frénétiquement la tête de gauche à droite en se reculant alors qu'il avance ses mains devant lui.

- Bon Tom ça suffit, ne fais pas ta fillette s'il te plaît!
- Bill... j'accepte beaucoup de choses mais le maquillage... NON!




[...]


- Aïe.
- Chochotte.
- C'est pas toi qui te fait tiré les cheveux dans tous les sens.
- C'est juste pour essayer.


Tom attrape le miroir posé à côté de lui et regarde son reflet. Il fronce les sourcils avant de faire une grimace en reposant le miroir. Comment a t-il pu se laisse embarquer là-dedans?

Cela fait maintenant plus d'une heure qui sont assis sur le lit de Tom et depuis tout ce temps Bill s'évertue à faire des tresses sur toute sa tête.
Un nouvel essai a t-il dit.
Il ne fait que ça depuis une semaine.

- C'est...
- Original?
- Non horrible.
- Roooh.


La moitié de la tête recouvertes de tresses, il soupire et pose son coude sur son genoux. Sa tête trouve refuge sur sa main et c'est d'une voix entre l'ironie, l'humour et le sérieux qu'il parle.

- Heureusement que tu veux devenir styliste et non coiffeur.

A peine la phrase prononcée que Tom ne sent plus de doigts tirés sur ses cheveux. Un silence envahit la pièce.
Puis un coussin atterrit sur sa tête sans qu'il n'ait le temps de l'esquiver. Un éclat de rire lui fait froncer les sourcils puis un sourire malicieux prend place sur son visage.

- Alors là...

Il attrape alors le pied de Bill qui essayait de se faufiler hors du lit. En un temps record, Tom se retrouve au dessus du brun qui arrondit les yeux en voyant la main de ce dernier tenir un coussin.

- Non s'il te plaît Tom... ma coiffure!

Trop tard.


[...]


Tom marche lentement en relevant toutes les cinq minutes son pantalon beaucoup trop large pour lui. Ses yeux restent fixés sur ce bas et ses nouvelles chaussures. D'un blanc immaculé, il jette un coup d'½il à chaque pas qu'il fait pour voir où il marche de peur de salir cette nouvelle acquisition.
Même s'il aime ses nouveaux habits il n'a pas vraiment l'habitude que ce soit aussi large. Tout est beaucoup trop grand pour son corps fin. Mais il se sent à l'aise. Il aime.

Dans le magasin où ils sont allés, Tom a dû essayer des centaines d'habits si ce n'est pas plus. A la fin, il a décidé de prendre trois ensembles style rappeur. Il a toujours rêvé s'habiller ainsi mais n'a jamais osé changer, aujourd'hui c'était l'occasion.
Un sourire envahit son visage quand il repense aux commentaires du brun à son égard.

- Tu es sûr de toi?
- Oui.
- Et bien.. c'est différent on va dire. Je ne peux pas te forcer à porter les mêmes habits que moi même si faut avouer que dans ce jean tu étais plutôt...
- Bill...
- Ok je la ferme je sais..


Il se sent tiré sur le côté et lève la tête vers Bill qui le tient par la manche de son tee-shirt, nouveau aussi.

- Regarde où tu marches t'as failli te prendre quelqu'un.

Le blond regarde Bill en réajustant sa vielle casquette sur la tête et sourit doucement en voyant le brun remonter ses lunettes de soleil. Il détaille quelques instants son visage et s'arrête sensiblement sur ses lèvres rouges et pulpeuses. Jamais il n'a vu de bouche aussi tentante. Juste comme il faut, des lèvres ni trop minces ni trop volumineuses.

- Tom!!!!

Le concerné relève la tête mais la baisse aussitôt, quelque peu gêné d'être aussi maladroit. Il n'avait pas vu le trou.
Bill le regarde et sourit en coin sans s'arrêter de marcher.

- Désolé...
- Arrête de me mater et tu marcheras droit.


Tom rougit imperceptiblement et baisse de nouveau la tête après que Bill l'ait regardé en lui lançant un clin d'½il. Le blond se racle la gorge et regarde autour de lui quand il voit Bill s'arrêter à un arrêt de bus.

- Où on va?
- Vu que le maquillage et tout ce qu'on a essayé n'a pas été très concluant on passe à l'étape d'après.


Tom grimace à ce souvenir et met ses mains dans ses poches en se balançant de droite à gauche, se demandant ce que Bill peut bien lui réserver. Ce dernier, conscient que son ami attend plus d'information, se cale contre l'abri de bus et baisse ses lunettes en regardant Tom avec un sourire en coin.

- Prêt à changer de visage?


****



Il ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi radical.

Ses yeux regardent Bill, puis le coiffeur, puis encore Bill avec appréhension. Ce dernier bouge ses mains dans tous les sens et a l'air d'être en plein débat sur la coiffure adéquate.

Il se tasse inconsciemment sur la chaise alors que l'homme qui va se charger de lui s'avance dans sa direction, le brun sur les talons.

Il ne peut s'empêcher de jeter un rapide coup d'½il à la photographie que Bill lui a donné pour lui montrer la coiffure qu'il comptait demander au coiffeur et il déglutit malgré lui en regardant ses cheveux dans le miroir.

- Vous êtes prêt?

Le concerné déglutit une nouvelle fois avant de regarder dans le miroir puis Bill à travers. Ce dernier est debout, derrière lui et le regarde en souriant.

- Bill.. t'..t'es sûr de toi là?

Le brun s'assoit à ses côtés, sur un tabouret installé spécialement pour lui. Il le regarde puis rapproche son visage du sien afin que seul Tom entende ce qu'il lui dit. Sur le ton de la confidence. Comme un secret à ne pas dévoiler.

- Tu me fais confiance?
- Euh... oui.
- Alors c'est ok.


Tom sent alors une main attraper la sienne et enlacer leurs doigts ensembles. Il jette un coup d'½il à Bill et sourit pour lui-même en voyant son ami regarder le coiffeur en fronçant les sourcils de concentration.

A cet instant, il ne peut pas s'empêcher de se dire que c'est une très mauvaise idée de tomber amoureux de lui.


****


En rentrant, Tom s'arrête devant un magasin d'habits dans le centre ville et ses yeux sont attirés par un objet, plutôt un accessoire.
Il retient Bill en lui attrapant le poignet et sourit en pénétrant dans le magasin.

Quelques minutes plus tard quand ils en sortent, Tom tient un sachet contenant plusieurs bandeaux et deux casquettes.

Il ne manquait plus que ça.

[...]

Le lendemain après-midi en se préparant alors que Bill l'attend, Tom ne pensait pas que la transformation serait aussi surprenante.

Il ne se reconnaît pas.

Le moins que l'on puisse dire c'est que Bill a réussi et que le Tom qu'il a à côté de lui n'a plus rien à voir avec le Tom qu'il a rencontré il y a quelques mois. Il ne peut s'empêcher de sourire en s'appuyer contre la porte et en voyant Tom devant le miroir, entrain de se redécouvrir. Un nouveau Tom est né.

Il a beau se regarder dans le miroir des milliers de fois, il n'arrive pas à se dire que la personne qui se reflète c'est lui.
Fini les cheveux châtain longs attachés en queue de cheval. Maintenant ils sont remplacés par des longues dreads. Des dégradés de sa couleur sont visibles, donnant des teintes différents aux dreads. Cela lui dégage quelque peu le visage et lui donne un côté plus ... viril. Il a l'impression d'être une nouvelle personne mais ce qu'il voit lui plaît.

Son apparence, ses habits, ses casquettes, ses cheveux... tout lui plaît.

Pour la première fois depuis longtemps, il se trouve beau.
Bill a réussi ce qu'il pensait impossible.

Il est tellement absorbé par son reflet qu'il sent à peine deux mains se poser amicalement sur ses hanches et une tête prendre place sur son épaule, à côté de lui.

Puis un murmure au creux de l'oreille alors qu'il croise le regard du brun à travers le miroir.

- Dis moi ce que tu vois Tom.


****



Le soir même, Tom se trouve devant une des boîtes les plus branchées de Berlin en compagnie de Bill. C'est le dernier week-end avant la fin des vacances. Demain, la vie reprendra son cours normal et avant cela le brun veut lui montrer ce qu'est la vraie vie, selon lui.
Il veut partager une partie de sa vie comme Tom l'a fait avec lui depuis deux semaines. Il l'emmène dans un endroit qu'il connaît comme sa poche pour y être allé tous les week-end depuis le début de l'année.

C'est la boîte à la mode. Celles où les filles sont plus que désirables et où les garçons ne rentrent chez eux pratiquement jamais seuls. La sélection à l'entrée est rigoureuse, pas n'importe qui n'entre mais Bill connaît le videur et il entre à l'intérieur plus vite que la lumière.

Tom n'est pas sûr de vouloir y aller mais poussé par Bill qui met une de ses mains dans son dos, il n'a plus vraiment le choix.
Si ça peut lui faire plaisir...


****


La nuit est déjà bien entamée et Tom suffoque. Il est assis depuis un moment au bar et regarde Bill sur la piste de danse. Il le regarde bouger en compagnie d'une fille qu'il serre contre lui. Il regarde ses mouvements fluides et son corps se coller à celui de sa partenaire.

Il soupire et s'affale un peu plus sur le bar après avoir bu cul sec son dernier verre. Il ne tarde pas à en redemander un au barman qui le regarde suspicieusement. Tom n'y prête pas attention et préfère regarder le verre qui vient d'être poser en face de lui. Petit mais costaud. Son contenu peut faire des ravages s'il n'est pas consommer avec modération. Tom le sait mais l'a sûrement oublié.

- Salut beau goss.

Tom grimace en entendant une voix féminine inconnue au creux de son oreille. C'est la troisième de la soirée. Toujours la même phrase qui sort de sa bouche, toujours la même indifférence. Il ne prête pas de suite attention à elle, de toute façon il n'en a pas envie.

Il regarde son minuscule verre quelques instants avant de le porter à sa bouche. Des lèvres qui sont encore humides du verre précédent.

Le liquide lui brûle violemment la gorge et sa main se resserre sur le verre alors qu'il le pose sur le bar. Il le contemple quelques instants d'un regard vitreux puis soupire. Encore vide.
Il fait un signe au barman qui revient le servir. Il ne compte plus à combien il en est, il a arrêté au dixième, enfin il croit...

- Non merci.

Sa voix est assez élevée pour que la jeune fille assise à côté de lui l'entende. Il ne la regarde même pas. Il ne fait pas cet effort.
A peine ses mots prononcés, qu'il pivote sur le tabouret pour de nouveau regarder vers la piste de danse. Il soupire pour la énième fois et pose son coude sur le comptoir. Il se sent fébrile et fatigué.

Bill semble à son aise, totalement intégré à ce monde.
Tout l'opposé de Tom encore une fois. Le nouveau dreadé se demande bien comment ils parviennent à s'entendre alors que tous les opposent. Ce n'est pas logique.

Toutes ses filles et garçons qui le regardent, Bill n'a pas l'air de s'en préoccuper. Son attention est dirigée vers la demoiselle avec qui il danse. Juste vers elle, Tom a la nette impression que son ami a occulté tout ce qui l'entoure, y compris lui.

De plus en plus près. Les mouvements sont de plus en plus sensuels, de plus en plus suggestifs.
Une main qui descend plus bas. Une bouche qui se colle au cou de la jeune fille. Une jambe qui passe entre celles menues de la brune.
Tom sait ce qu'il va se passer ensuite et rien que l'idée lui donne envie de vomir. Ou alors c'est peut-être l'alcool qui l'a ingurgité.
Il se sent nauséeux, son estomac fait des bonds et il ne s'est jamais senti aussi minable.

Il ne se sent pas à sa place ici. Il a beau avoir changé de look, de coiffure, à l'intérieur il est resté le même. Rien n'a changé en lui et il déteste toujours autant ces soirées. Il se retourne pour boire son verre qu'il vide d'une traite et se lève.
Un bol d'air frais lui fera le plus grand bien.

Sa vue se floute et ses jambes tremblent. Peut-être qu'il a trop bu finalement. Il s'appuie quelques secondes sur le comptoir et sort plusieurs billets qu'il donne au serveur. Ils ne les comptent même pas, il s'en moque. Les effluves d'alcool et de fumées qui s'étendent dans la salle lui retournent encore plus l'estomac. Pourtant il sait parfaitement qu'il ne va pas vomir, juste il ne sent pas bien.

Quelques pas puis un courant d'air frais lui fouette le visage. Il ferme les yeux à la sensation et respire à pleins poumons. Il ne sait pas très bien combien de temps il reste ainsi mais une porte qui se cogne dans son dos le ramène à la réalité.
Quelqu'un sort de la boîte. Tom fronce les sourcils en voyant Bill et grimace en apercevant le regard inquiet de ce dernier. Il ne l'avait pas oublié finalement.

- Ca va...

Ces deux mots sortent de sa bouche avant que Bill est formulée sa question. Tom avance et s'appuie sur une voiture avant de regarder derrière lui. La musique résonne dans sa tête alors qu'il ne l'entend plus. Ses jambes tremblent toujours et sa vision n'est plus aussi claire. Il s'interroge sur toute ses sensations que l'alcool peut procurer mais est vite coupé dans sa réflexion par la voix de Bill.

- Pourquoi es-tu sorti?
- Besoin d'air.


Le brun regarde Tom quelques instants sans parler avant de sourire plus franchement et de lui donner un léger cou d'épaule. Il ne semble pas voir le malaise de son ami.

- Alors n'avais-je pas raison?

A cet instant, Tom a juste envie de rentrer chez lui pour dormir. Il n'a pas envie d'écouter Bill. Les images de lui et de cette fille sont encore présentes et passent en boucle dans sa tête. Il secoue cette dernière dans l'espoir de les faire disparaître mais en vain.

- Pas bonne idée...

Ses yeux restent difficilement ouverts et il a l'impression que son corps va s'écrouler d'une minute à l'autre. Sa voix n'est qu'un murmure et Bill se rapproche pour l'entendre.

- De quoi Tom?
- Pas bonne idée d'être... non rien.


Tom clos le sujet d'un mouvement de main et relève la tête qu'il avait baissé en arrondissant ses yeux.

- De quoi raison?

Bill fronce les sourcils puis pouffe de rire en constatant l'état d'ébriété de Tom. Il passe ses bras autour de son corps et frictionne ses bras à la recherche de chaleur. Il n'avait pas remarqué qu'il faisait aussi froid. Tom ne semble pas le sentir, en tee-shirt. Comme quoi l'alcool réchauffe vraiment.

- Tu n'as pas remarqué tous ces regards de filles sur toi? T'aurais pu en avoir plusieurs rien que pour toi.

Tom soupire en s'asseyant sur un rocher qu'il voit. Il se passe négligemment une main derrière la nuque, et grimace en sentant de l'humidité. Il déteste transpirer à cet endroit. Ses mots s'envolent dans l'air comme si de rien n'était. Il ne réalise peut-être pas la portée de ces derniers.

- Je ne suis pas intéressé par les filles Bill.

Bill ouvre la bouche mais la referme.
A t-il bien compris?

- Qu...quoi? Mais tu ne me l'...
- Tu n'as jamais cherché à le savoir.


Le brun regarde Tom qui a baissé les yeux. Tom se lève mais tient à peine debout. Bill fait un pas vers lui mais s'arrête avant de l'attraper, il ne sait pas vraiment comment il va réagir.

- Mais...
- Je vais y aller c'est mieux.
- Quoi?


Il lui fait un signe de la main et commence à partir. Bill fronce les sourcils et va pour le rattraper mais le dreadé se retourne à cet instant.

- Oh et merci Bill. Tu m'as prouvé que tout se résumait à l'apparence. J'en doutais encore un peu mais là... c'est plus clair que jamais.

Tom fait quelques pas à reculons en parlant et en regardant Bill. Un Bill plus beau que jamais mais qui semble complètement perdu. Il se retourne et met ses mains dans les poches en soufflant un bon coup. Il n'aurait jamais dû venir à cette soirée. Changer de look n'y fera rien, il n'est pas comme ça et ne veut pas le devenir.

- Tom attends tu peux pas me dire ça et partir. Me..

Tom se retourne à nouveau et le coupe. Sa voix se fait plus forte alors qu'il s'éloigne toujours du brun. Un rire nerveux sort de sa bouche et son regard sur Bill se fait plus intense. Ses yeux s'ancrent dans ceux noisettes du brun et ce dernier ne peut s'empêcher de frissonner.

Les phrases de Tom sont incohérentes, n'ont pas de sens avec celles d'avant. Juste il parle et dit ce qu'il a envie de dire.

- Et tu veux savoir l'ironie dans l'histoire...c'est que j'ai craqué sur toi depuis le début.

Ce n'était vraiment pas une bonne idée de tomber amoureux.


[...]


Les cours ont repris le lundi et Tom n'a pas revu Bill alors qu'aujourd'hui c'est vendredi. Depuis une semaine, il n'a pas de nouvelles et il est déçu. Il ne pensait pas Bill ainsi. Il pensait le revoir à la cafétéria le midi mais a été étonné du contraire. Il se rappelle ce qu'il a dit mais ne pensait pas que Bill s'éloignerait pour cela. Il est juste déçu.

Etrange de manger à nouveau seul.
Il aurait pu en être autrement mais Tom n'en a pas eu l'envie. Il avait juste envie de retrouver Bill et ce n'était pas le cas. Chaque jour il a espéré mais il a été déçu chaque midi.

Son nouveau look a bien entendu fait des ravages. Tout le monde l'a félicité et maintenant plusieurs personnes lui parlent mais Tom n'a pas changé de comportement. Il est toujours le même et trouve toute cette histoire ridicule. S'il était resté le même, aucune personne ne lui aurait adressé la parole et maintenant... il a plusieurs numéros et ne sait pas quoi en faire. En plus de filles.
Comme quoi, pour certaines l'apparence est primordiale. Il espère juste que pas tout le monde n'est comme ça.

Le soir venu, il rentre chez lui et attrape directement sa guitare. Il n'a pas faim, il a juste envie de composer, et de jouer. Il a besoin de s'évader et de ne plus penser. Le seul moyen c'est la guitare. Et encore, cela lui rappelle que Bill aurait voulu l'entendre. Mais c'était avant. Maintenant que veut-il? Il n'en sert rien.

Il ne sait même pas où il est. Il a préféré ne pas l'appeler. Il ne pense pas avoir fait une erreur alors si Bill ne veut plus le voir et bien.. c'est qu'il n'était pas aussi bien que Tom le croyait.

Dans son élan, il n'entend pas le premier coup donné sur la porte, ce n'est que lorsqu'il arrête quelques secondes qu'il entend que l'on toque. Il hésité un instant à aller ouvrir. Il ne veut voir personne alors pourquoi faire cet effort.

Mais, presque malgré lui, il pose sa guitare et se lève. Il traîne des pieds et se redresse quand il ouvre la porte.

Le visage baissé de Bill lui fait face et son c½ur manque un battement. Que fait-il là?
Il ne s'y attendait pas. Le brun relève son visage rougi par le froid et enfonce un peu plus ses mains dans les minuscules poches de sa veste en cuir.

Il est mal à l'aise cela se ressent mais Tom est encore sous le choc. Sa main est restée sur la poignée et aucun mot ne sort de sa bouche. Que fait-il là après une semaine?

Bill avait espéré qu Tom parle en premier mais visiblement il va devoir faire le premier pas. Il en a l'habitude et pour Tom il veut bien faire cet effort.

Ce n'est qu'un murmure qui sort de sa bouche. Un murmure qui résonne pourtant dans le couloir désert à cette heure-ci. Il se mord l lèvre et croise les yeux de Tom. Un frisson parcourt son corps et ses mains se crispent dans ses poches.
Que fait-il là?

- On se fait plus la gueule?

En venant il n'a pas pensé à ce qu'il lui dirait une fois en face. Il voulait juste le voir parce qu'il lui manquait.
Oui il lui manquait. C'était plus fort que ce qu'il imaginait. Ce manque, presque un besoin de voir et de parler avec l'autre.

Il a eu du mal à se l'avouer mais maintenant c'est fait. Il a eu peur. Pas de Tom mais de ses propres sentiments. Toutes ces émotions et sensations qu'il a ressenti avec Tom. Il n'y avait jamais réfléchi et le fait que Tom lui avoue aimer les hommes et en plus, avoir craqué sur lui... toute cette histoire lui a foutu la frousse.

Il n'avait jamais pensé à Tom de cette manière. Pour lui, dès le début, c'était tellement naturel d'être proche du dreadé qu'il ne s'était jamais posé de questions... jusqu'à environ une semaine.

Alors il a décidé d'aller le voir et de laisser faire les choses. Il ne commande plus rien maintenant.

Le regard de Tom s'arrondit. Un regard perdu et rempli d'incompréhension. Bill se mord un peu plus la lèvre et baisse la tête. Un fort intérêt pour le sol est né.

- Je t'ai jamais fait la tête Bill.

Il le sait mais c'est la première chose qui lui est passée par la tête. Il relève le visage et fait un pas vers Tom.

- Ah... ben... tu me pardonnes d'avoir été aussi con alors?

Un sourire gêné et Tom se sent fondre.

- Faut voir... viens entres.

Bill soupire de soulagement et entre dans l'appartement de Tom. Un sourire est adressé à ce dernier qui lui renvoit le même. Il se sent soudainement mieux. La boule dans son ventre se desserre et il a l'impression de mieux respirer.
L'odeur de Tom envahit ses narines et Bill se sent de suite mieux. Il s'est trop vite habitué à lui.

- Fais comme chez toi je vais chercher à boire.
- Merci.


Tom revient avec deux verres, une bouteille de Coca et pose le tout sur la table basse. Il aurait bien ramené de la bière mais sa dernière rencontre avec l'alcool n'a pas été des plus réjouissante. Il préfère alors s'en tenir au Coca. C'est bon et ce n'est pas dangereux... enfin au sens propre du terme.

Tous deux s'installent ensuite dans le salon et soupirent dans un même élan.

Bill regarde la guitare posée sur la table et sourit doucement en prenant son verre.

- Tu jouais?
- Oui... pour me détendre.
- Je vois.


Un silence s'installe. Agréable ou non, aucun des deux n'a vraiment envie de le briser. Ils profitent de la présence de l'autre. Ils se sentent tous les deux soulagés.
Une légère tension est pourtant présente entre eux. Pas désagréable et la cause n'en est pas encore clairement précisée mais ils la sentent. Elle envahit l'espace et s'insinue dans leurs corps. C'est électrique et attirant.
C'est inconnu et grisant.

Le brun n'a jamais ressenti cette sensation aussi forte. Le ventre qui fait des siennes et l'envie d'être plus proche de l'autre. Il ne sait pas où il va. Il en a peur mais quand il regarde Tom, il n'a qu'une envie.. se laisser aller.

Bill remue le bout de son nez en reposant son verre. Il triture le bout de ses doigts avant de réussir à murmurer quelques mots.

- Je suis désolé..
- De quoi?
- D'avoir réagi comme ça. C'est vraiment... c'était nul.
- Je ne t'en veux pas, et puis tu n'as rien fait. J'croyais juste que...


Une sonnerie les coupe dans leur début de discussion et Bill sort son portable de son sac. Il grimace en regardant l'appelant et décroche en s'excusant auprès de Tom.

Il raccroche après quelques minutes et soupire en fermant les yeux. Il n'y pensait plus. Il l'avait complètement oublié.

Il a envie de rester et paradoxalement il en a peur. Tout est trop inconnu et pourtant si familier avec Tom.

- Désolé je dois y aller on m'attend.
- Oh déjà?


A peine arrivé qu'il part déjà. Une vague de déception envahit Tom qui essaie de ne rien laisser paraître. Il sent Bill hésitant et pas très sûr de ses mots. Pas convaincu peut-être.

Le brun hoche la tête et se lève. Ses yeux parcourent la pièce quelques instants avant de regarder Tom qui a levé le visage vers lui. Ses joues s'empourprent sans qu'il comprenne pourquoi. Peut-être le regard si expressif de Tom sur lui.

- Oui elle, euh Katryn m'attend, j'ai oublié que je devais la voir ce soir.
- Les choses ont beaucoup changé depuis une semaine à ce que je vois.


Bill se mord la lèvre inférieure en récupérant son sac posé à côté du canapé. En venant ici, il voulait être sûr et maintenant il ne peut plus se voiler la face.

- Beaucoup plus que je ne le pensais.


****


Il est 22h et Tom somnole devant la télévision. Il y a une rediffusion de son film préféré mais il n'arrive pas à s'y intéresser. Il pense et ce n'est peut-être pas une bonne idée

Tout autour de lui semble vide sans Bill. Il a la désagréable impression qu'il a pris une trop grande importance dans sa vie mais lui ne le voit que comme un ami. Ce n'est jamais bon de tomber amoureux. On est heureux, mais on est tout autant malheureux. Cette souffrance qu'on ressent à chaque doute. Cette jalousie qui devient presque maladive.
C'est tellement dur d'être simplement amoureux alors d'un ami...

La sonnette résonne et Tom se lève maladroitement du canapé. Il se frotte les yeux et regarde l'heure sans pourtant y prêter de l'importance. Il sait juste qu'il fait nuit et qu'il commence à se faire tard.

Quand il ouvre la porte, il ne pensait pas se trouver face à Bill.

- Re...

Il le regarde d'abord de manière incrédule puis l'information arrive au cerveau. Il fronce légèrement les sourcils et regarde toujours Bill, puis sourit.

- Bill qu'est ce que tu fais là?

Bill entre une nouvelle fois dans l'appartement et pose son sac par terre. Il met ses mains dans ses poches et sourit à son tour en haussant les épaules.

- J'avais envie de te voir je suppose.

Tom referme alors la porte et suit Bill vers le salon.

- Tu ne devais pas voir ta copine?

Un pincement au c½ur mais Tom se comporte en ami. Bill s'assoit dans le canapé et colle son dos au dossier en allongeant ses jambes. Il fronce les sourcils en regardant la télé puis reporte son attention vers Tom.
Un nouveau haussement d'épaule puis un regard blasé. Il n'a pas vraiment envie d'en parler. Ce n'est pas si important que ça.

- Tout ne s'est pas passé comme prévu.
- Ah bon?
- Hum.


Le sujet est clos. Tom le sent et n'insiste pas plus. Il s'assoit à côté et c'est naturellement qu'une discussion est lancée. C'est la première fois que Bill voit Tom parler autant. Il en profite et écoute chaque mot.
Il y a des rires, des sourires. Il y a des silences et des regards qui ne mentent pas. Bill le sent, ça revient. Légèrement d'abord plus de manière plus présente.


****


Cela fait maintenant plus d'une heure qui parlent et aucun des deux ne veut abréger ce moment. De fil en aiguille, il y a eu un rapprochement. Bill a les jambes repliées sous lui, et ses genoux sont passés sur celles de Tom. Ce dernier à un bras derrière le dossier, sa main effleurant parfois l'épaule de Bill.
Ils se sentent bien, à l'aise et à leurs places.

Le brun regarde Tom rigoler et ne chaleur envahit son ventre. Il se tord agréablement et son c½ur manque un battement. Ce visage illuminé, ce sourire éclatant. Il n'a jamais vu Tom si heureux. Il espère au fond de lui le voir toujours ainsi.

C'est plus involontaire qu'autre chose que les mots franchissent sa bouche. Sa voix n'est qu'un murmure, pourtant les mots sont distincts et reconnaissables. Tom ne peut que comprendre.

- Tu es... beau comme ça Tom. Tu as l'air... changé.

Les yeux de Bill scannent le visage de Tom. C'est vrai il est beau, il a l'air tellement sûr de lui et beaucoup plus confiant. Leurs regards se croisent et un frisson les envahit au même moment. Le dreadé rougit légèrement avant de s'enfoncer dans le canapé en croisant les bras sur sa poitrine.
Il sourit faiblement et tourne le visage vers le brun qui n'a changé de position.

Deux océans noisettes qui se mélangent pour ne faire qu'un. Moment tellement intense et silencieux qu'ils peuvent entendre la respiration de l'autre. Lente et apaisée.

- C'est grâce à toi tout ça.

Bill secoue la tête de gauche à droite en se mordant l'intérieur de la joue. Il regarde autour de lui et ses yeux fixent pendant quelques secondes l'écran en face de lui. Il est gêné. Cette atmosphère qui se dégage de la pièce. Cette ambiance intimiste, il a l'impression d'être dans une bulle, à l'abri de tout.

- Non j'pense pas.

Il lui sourit avant de se lever. Il a peur de trop s'attacher, de trop dépendre de sensation, de trop apprécier de qui est entrain de se produire.

Mouvement lent coordonné. Il a l'impression de chuchoter mais n'a pas envie de briser ce moment
Alors pourquoi partir.
Il n'en sait trop rien.

- Je t'ai assez dérangé je vais y'aller... pour de bon cette fois.

Tom sourit doucement avant de se lever à son tour. Il n'a pas envie de le laisser partir mais que peut-il faire?
Il veut lui laisser du temps. Bill sait ce que Tom éprouve pour lui alors c'est au brun de choisir. C'est lui qui a les cartes en main.

- T'es sûr?
- Oui sinon.. euh non rien
.

Ou sinon il a peur de faire quelque chose qu'il va regretter. Mais va t-il vraiment le regretter? Il ne sait pas. Il ne sait plus rien.

Il est perdu et complètement déconnecté de sa vie. Il n'y a que Tom qui soit net dans sa tête. Il sait qu'il veut être avec lui mais alors pourquoi ne le fait-il pas?
Il prend son temps pour être sûr mais à trop attendre il va peut-être passer à côté de quelque chose. Pourquoi c'est si difficile?
Il ne devrait pas se prendre la tête comme cela.

- On se voit lundi?
- Oui.
- Bien. Bonne nuit Tom et ... merci.


Après un dernier regard, Tom referme la porte et soupire en appuyant sa tête contre le bois. Il ne devrait peut-être pas autant espérer. Sa main remonte le long de la porte et il tourne automatiquement le verrou. Ses yeux restent fermés quelques instants et son esprit ne cesse de repenser aux mots que Bill lui a dit.
Est-il conscient de l'effet qu'il fait à Tom?

Il secoue la tête et se décolle de la porte pour aller s'installer à nouveau sur le canapé. Il a besoin de s'asseoir. Mais à peine a t-il fait un pas que la sonnette retentit. Tom hausse les sourcils et regarde la pièce. Il a peut-être oublié quelque chose.

La porte s'ouvre à nouveau sur un Bill qui a la tête baissée. Il triture ses doigts et semble réfléchir. Quand ses yeux rencontrent ceux de Tom, il rougit visiblement et dit d'une petite voix, tellement faible que le dreadé tend l'oreille pour être sûr d'entendre ce qu'il dit.

- Je... je voudrais juste essayer quelque chose.

Tom voit alors Bill se rapprocher après avoir souffler un bon coup.
Puis c'est le vide. Il ne sent plus rien à part les lèvres du brun qui se sont posées sur les siennes. Le contact est léger et infime mais il sent la bouche douce et chaude de l'androgyne s'écraser lentement sur la sienne.

Comme au ralenti, il sent chaque parcelle de peau se coller à la sienne. Deux lèvres embrasser les siennes pour ce retirer quelques instants plus tard. Bill ouvre à nouveau les yeux et leurs regards se croisent. Leurs regards brillant et une chaleur commune se répand dans leurs ventres. La même, aussi intense l'une que l'autre. Aussi présente, aussi forte et aussi bonne.

Leur nez s'effleurent et la bouche de Bill s'entrouvre pour parler mais Tom ne lui en laisse pas le temps.

Envie de le toucher.
La main de Tom passe dans la nuque de Bill pour le rapprocher et scelle à nouveau leurs lèvres. C'est plus fort, plus désireux. Bill soupire au contact et ses mains se posent sur les épaules de Tom pour garder un contact avec la réalité.
C'est la première fois qu'un baiser lui fait cet effet.

L'autre main de Tom accompagne sa première et encercle le visage de Bill au même moment où sa langue caresse les lèvres de Bill. Il n'a jamais ressenti autant de choses à travers un baiser. Le brun gémit au contact humide et se rapproche de Tom en enroulant ses bras autour de son cou alors que ceux du dreadé descendent et prennent place autour de sa taille. Des mains appuient sur sa chute de reins et la chaleur dans son ventre se répand un peu plus.

Ca n'a jamais été aussi fort, aussi intense. Bill a l'impression d'embrasser quelqu'un pour la première fois. Il se sent décoller et revivre. Impression de rêver mais le choc léger de son corps contre la porte d'entrée lui prouve la véracité de la scène. Tom sourit dans le baiser alors que ses mains remontent dans le dos de Bill. Il ne se rend pas compte de ce qu'il se passe. Son cerveau est déconnecté et plus rien n'a d'importance. Sauf Bill, son odeur, son goût... tout ce qui a un lien avec lui.

C'est la voix de Bill qui le ramène à lui. Un murmure qui effleure ses lèvres en même temps que celles du brun. Ce dernier a les yeux fermés et s'accrochent à Tom.
Finalement, Bill a bien fait de ne plus réfléchir.


- J'en avais envie.


Finalement, Tom a bien fait d'espérer.


[...]


Deux jours qu'ils se sont embrassés et deux jours que Tom est sur son petit nuage. Le week-end ils ne se sont pas vus mais ce lundi quand il est arrivé, le dreadé a senti son c½ur faire un bond quand il a remarqué Bill à sa place habituelle à la cafétéria.

Ils se sont souris et leurs regards ne pouvaient que les trahir.

Maintenant, ils mangent tranquillement et en silence. Tom n'a jamais vu Bill aussi silencieux.

- Tu veux venir chez moi?

Tom relève la tête et se fait violence pour ne pas s'étouffer avec le morceau de pain qu'il a dans la bouche.
Cette question est venue du ciel et il ne s'y attendait pas. Plusieurs personnes se retournent pour voir ce qu'il se passe en entendant Tom tousser. Bill sourit et prend appui avec son coude sur la table pour poser sa tête dessus.

- J'ai envie de te montrer mon univers moi aussi.

****


Il n'imaginait pas son appartement ainsi. En fait, il croyait même qu'il habitait encore chez ses parents mais il s'était trompé. C'est petit mais typiquement Bill. Les couleurs, la décoration la disposition, tout lui ressemble. Son odeur est de partout dans toutes les pièces et Tom adore déjà cet endroit.

Après les cours, ils sont passés chez lui pour récupérer quelques affaires et ont filé directement chez Bill. Ce dernier tenait à ce qu'il vienne au plus vite. Il ne voulait pas attendre plus longtemps. Il voulait juste passer du temps avec Tom, seul.

Leurs affaires sont vite déposées dans le petit salon et le brun lui fait brièvement visiter les environs. Tom admire chaque pièce avec intérêt et détaille chaque mur, regarde chaque photographie. Il découvre une nouvelle partie de Bill et il adore cela.

Après avoir mangé dans un silence agréable, ils se retrouvent dans la chambre de Bill pour regarder un film, le lecteur dvd étant dans cette pièce et non dans l'autre.
Le film tourne mais aucun des deux n'y prêtent attention. Ils se regardent, se posent des questions muettes, et des réponses par des regards, des gestes ou des baisers. Bill adore ce qui est entrain de se passer et Tom aussi.

L'ambiance est palpable et l'air est lourd mais pas suffocant. Il fait agréable chaud dans la pièce et aucun des deux ne voudraient bouger. Ils se sentent bien.

- Tu avais tord Tom... tout ne se résume pas à l'apparence.
- Ah bon?


Le brun secoue la tête de gauche à droite et pose sa tête sur l'épaule de Tom. Il effleure sa joue de son nez et ferme doucement les yeux.
Il n'a plus peur maintenant. Il veut juste être avec lui.

- Tu m'as intrigué dés le premier jour. Bien avant que je vienne te parler.

Bill se rapproche et embrasse Tom du bout des lèvres. Ce dernier le regarde faire et le laisse parler. Il regarde ses yeux le transpercer et le laisse lire en lui sans difficulté.
Une main remonte le long d'un bras nu et un frisson suit le même chemin.
Des murmures qui s'enchaînent. Plus aucun bruit. Même pas celui du film qui défile. Ils ne l'entendent plus et se focalisent sur la personne en face d'eux.

- Inconsciemment tu m'attirais déjà.

Il passe doucement une jambe par dessus celles de Tom et colle son bassin à sa hanche, toujours en effleurant sa bouche d'un geste aérien. Il adore trop ce contact pour s'arrêter. Ses lèvres s'appuient plus fortement sur les lèvres du dreadé et l'estomac de ce dernier se tord d'anticipation.
Il sait qu'il ne pourra plus se passer de cette bouche qui s'offre à lui.

- Je voulais juste pas le voir.

Bill se doute de ce qu'il va se passer, il se doute que ses paroles et gestes ne vont pas être sans conséquences mais il en a envie. Un corps passe par dessus un autre et un bassin s'écrase contre un autre.
Il se mord la lèvre inférieure et frôle la mâchoire de Tom de sa bouche. Encore un frisson. Tout le corps le sent et un soupir s'échappe des lèvres du dreadé.

- Maintenant j'ai plus peur parce que.. c'est toi.

Les mains de Tom passent autour de sa taille et emprisonnent délicieusement ses hanches pour coller leurs bassins. Bill soupire et ferme les yeux. Il en a envie.

- Tu sais que... tu ne pourras plus revenir en arrière.

Bill hoche la tête en signe d'affirmation. Le série de bisous dans son cou et des mains sous son tee-shirt le confortent dans son idée. Il adore ces sensations quand cela vient de Tom.

Il est sûr de tout maintenant.


[...]


Plusieurs fins rayons de lumière passent à travers les volets fermés de la chambre plongée dans le noir. Il fait encore sombre dans la pièce malgré l'heure avancée. Une masse informe bouge sous la couette puis une main apparaît. Elle passe doucement dans une touffe de cheveux noirs en pagaille, gratte le sommet du crâne.

Bill est entrain de se réveiller mais n'a pas encore complètement émergé.
Tout est flou autour de lui. Il n'a pas envie d'ouvrir les yeux. Juste replonger dans cette chaleur et quiétude qu'il a ressenti toute la nuit.

Cette main tâte ensuite la couette qui l'entoure jusqu'à se poser un peu plus loin, un soupir de contentement se fait alors entendre. La main disparaît à nouveau et se repose à la même place mais sous les couvertures cette fois. Puis la masse bouge encore.

Le corps se rapproche de celui à côté de lui dans un bruit de froissement. Il y a du mouvement. Une jambe passe par dessus une taille et des bras s'accrochent à un dos.

Les cheveux noirs disparaissent et la tête se cache sous les couvertures. Puis une autre tête apparaît de dessous la couette. Blonde cette fois-ci et remplie de dreads. Un visage endormi fait son apparition dans l'obscurité des lieux. Une main passe sur ce visage, d'abord le front, puis les yeux qu'il frotte pour essayer de chasser le sommeil qui est encore présent.

Tom se réveille à son tour en douceur.
Les yeux fermés, la bouche pâteuse, il sent un corps chaud se blottir plus contre lui puis il entend un son. Un nouveau soupir de bien-être contre son cou. Il sent ensuite un visage s'enfoncer un peu plus dans le creux de son cou et une respiration s'évader sur cette peau sensible. Un nez se frotte contre sa mâchoire puis la deuxième tête se montre. A l'aide de ses pieds, la couette est tirée doucement vers le bas et le visage de Bill est exposé à la fraîcheur du matin.

Le dreadé sent les mains du brun passées sur ses épaules puis sur son torse dénudé. Un frisson le submerge et la chaire de poule se répand sur toutes les parcelles de son corps quand des lèvres chaudes se posent sur sa clavicule.

Il ne bougerait de cet endroit pour rien au monde. Sentir le corps de Bill, de son Bill, se coller contre lui, apprécier son odeur à volonté, sentir ses fins doigts caresser sa silhouette. Des souvenirs de la nuit dernière apparaissent dans son esprit.

Puis un murmure.

- B'jour beau goss.

Il le sent d'abord contre sa clavicule mais il remonte petit à petit. Un autre retentit, toujours le même mais la bouche se déplace, laissant au passage un myriade d'effleurements et de baisers. Des lèvres qui frôlent sa clavicule, et qui remontent lentement. Un murmure qui se répète et un corps qui se colle de plus en plus contre lui.
Ces lèvres embrassent désormais son oreille après être passées par l'épaule et le cou. Ces mains se posent sur son torse et descendent plus bas.

- B'jour beau goss.

Les bras de Tom encerclent la taille de Bill et une de ses mains va traîner sur l'arrière de la cuisse de la jambe qui est sur lui. Le dreadé sent sa mâchoire assaillis par une bouche, chaude et pulpeuse. Elle arrive sur sa joue et traîne jusqu'à la commissure de ses lèvres.

Plus ils se réveillent, plus le contact devient nécessaire. Un besoin. C'est réel.
Tom remonte la jambe de Bill un peu plus contre lui et leurs bassins se rencontrent. Un soupir s'échappe de ses lèvres tentatrices et son souffle traverse la bouche de Tom. Il est brûlant.

Le premier réveil ensemble mais sûrement pas le dernier.
Une dernière fois ce murmure mais cette fois ce n'est pas de la même personne.

Inversion des rôles, inversion des paroles. Ils sont pareils.

Bill ouvre les yeux et regarde l'homme qui est devenu en l'espace d'une nuit son petit-ami. Et même plus que ça.
Leurs regards se fixent et Tom ouvre la bouche pour la première fois de la matinée en effleurant ses lèvres.

- B'jour beau goss.

Fin.



****

Et voilà un nouveau os. J'espère qu'il vous plaira parce que j'ai bien aimé l'écrire. J'avais l'idée depuis un moment donc je me suis lancée ^^
Dites moi ce que vous pensez et si vous aimez pas, qu'est ce qui ne vous plaît pas?

Maintenant je prépare un os d'anniversaire pour ma Kitti (d'ailleur merki à elel d'être ma bêta et de me relire lol)donc je ne sais pas quand je posterais. J'essaierais d'en écrire un nouveau en même temps vu que celui qui est en cours ne sera pas publier avant le 10 mai. Ce va faire un peu long lol.

Je vous tiendrais au courant de toute façon ^^
Bisous à tout l emonde et merchi d'être toujours là, çe me fit vraient plaisir de voir les personnes qui m'ont suivi depuis que j'ai fini ma fiction!

Poutoux poutoux!
Choops.

# Posté le vendredi 03 avril 2009 13:12

Modifié le lundi 20 avril 2009 11:15