Premier OS à être posté ici!
J'espère qu'il vous plaira et qu'il ne sera pas trop long lol.
Genre: OS Bill/Tom
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Deux respirations haletantes. Deux corps qui bougent en parfaite synchronisation. Mouvements gracieux et fluides qui se perdent dans la chaleur étouffante d'une chambre. Il fait chaud, beaucoup trop chaud mais c'est une chaleur enivrante. Chaleur due à cette excitation qui laisse place au plaisir de deux corps qui s'unissent.
Ce n'est pas la première fois qu'ils ne font qu'un mais à chaque fois c'est aussi intense.
Les cuisses du jeune homme se resserrent autour d'une taille fine mais dorée. La tension de la journée redescend doucement alors que les va et vient à l'intérieur de lui se font plus soutenus.
Des doigts qui se crispent sur la peau luisante de son amant. Sueur qui fait glisser ces derniers le long de la colonne vertébrale du blond.
Un gémissement beaucoup trop fort pour être contenu sort de la bouche du garçon aux cheveux noir jais. Gémissement suivi de près par un cri rauque. Son corps se cambre, ses membres se tendent. L'orgasme est dévastateur.
Scène identique à quelques minutes d'intervalle pour la personne qui l'accompagne.
Ils échangent de place. Le brun passant au dessus du blond pour se caller contre lui. Un silence après une litanie de gémissements, de cris. Silence réconfortant et apaisant.
Une tête brune repose sur le torse imberbe de son petit ami. Leur souffle se fait moins rapide, plus régulier, bien que brûlant. Les doigts du jeune homme qui reposent sur le torse de son amant commence à caresser cette peau qui s'offre à lui. Rêveusement, ses yeux se ferment lentement, l'intensité de l'orgasme fait son effet.
C'est avec un sourire aux lèvres qu'il se souvient de comment tout a commencé.
Comment, par un jour d'hiver, ses barrières sont peu à peu tombées. Comment ses grands yeux noisettes, qui sont actuellement posés sur lui, ont su l'envoûter.
Tout est une histoire d'attirance.
Une attirance inexplicable qui n'a toujours pas trouvé de réponses. Une attraction entre deux personnes qui ne se connaissaient pas vraiment.
La tentation de se découvrir se faisait trop forte.
Deux personnes qui ont fini par succomber à cette attirance avant qu'elle ne s'éloigne et disparaisse.
FLASH BACKUne silhouette longiligne de 19 ans se dessine au coin d'une rue. Il fait sombre, le trottoir n'est éclairé que par quelques lampadaires. Certains clignotent, d'autres ne sont plus en activité. Ses pas sont rapides. Pas qu'il ressente de la peur ou de l'angoisse à parcourir une rue peu lumineuse. Il sait juste où il va. Il sait où tourner, où traverser. Ses pas le mènent d'eux même dans la direction voulue. Presqu'un an qu'il fait le même chemin.
10 mois à vivre une relation sérieuse avec un homme tout ce qu'il y a de plus charmant.
10 mois à vivre une idylle qui le convient...
Pourtant son c½ur s'emballe de façon irrégulière quand ses yeux se posent sur l'immeuble où il se rend. Ses mains parfaitement manucurées s'enfoncent un peu plus dans ses poches alors que la moitié de son visage se cache derrière son écharpe pour échapper au froid du mois de novembre. La cadence des battements de son organe vital accélère. C'est inexplicable.
Ce n'est pas pour la raison que tout le monde croit. Et le jeune homme aux cheveux noirs s'en veut de ressentir ça alors qu'il a un copain et qu'il l'aime.
Ca fait 5 mois que ça dure.
5 mois qu'il ne contrôle plus les battements de son c½ur.
5 mois qu'il ne peut faire disparaître cette boule qui se loge au creux de son ventre quand il voit cette chambre allumée.
Ses pas ralentissent. Il sait où il va mais la destination ne lui semble plus si sûre que ça. La seule lumière de l'appartement allumée le fait déglutir. Comme à chaque fois que ses yeux se posent sur cette chambre ou sur lui.
C'est sa chambre. Celle du colocataire de son petit ami. Il a beau se retourner l'esprit dans tous les sens, toujours la même pression l'envahit. Il n'arrive pas à en trouver la cause. Il n'arrive pas à la faire disparaître. Il sait juste que ça arrive quand il se rapproche de cet appartement et qu'il sait qu'il va le trouver. Encore plus quand il est en contact direct avec lui.
Peur de faire un faux pas.
Peur de céder à cette attirance qui se fait de plus en plus forte et qu'il ressent à tous les coups. Une tension électrique naît quand il est en face de lui. Qu'il le veuille ou non, il n'arrive pas à la contrôler.
Cette tension... agréable mais intimidante. Tellement puissante qu'elle lui donne la chair de poule. Bouffée de chaleur qui parcourt son corps à 200 kilomètre/heure mais frisson glacial qui lui rappelle qu'il n'est pas là pour lui.
Il sort le double des clés qu'il possède et ouvre la porte d'entrée avant de s'engouffrer dans l'endroit chauffé. Il soupire de bien-être en sentant la chaleur l'envahir. Il déteste l'hiver. Ses habits sont beaucoup trop légers pour cette saison mais il ne se voit pas porter ses horribles doudounes qui ne ressemblent à rien. Il range les clés dans sa poche avant de s'approcher de la cage d'escaliers pour gravir les étages.
Un nouveau soupir sort de sa bouche pour tenter de faire disparaître ce tourbillon dans son estomac qui n'en fait qu'à sa tête. Il se tord de plus en plus au fur et à mesure qu'il voit les escaliers se dérober sous ses pas. Et inévitablement... il arrive devant la porte.
Il hésite. Ouvrir la porte ou taper. Faire comme chez lui, comme lui a recommandé Jürgen ou d'abord prévenir de sa présence. Il ne veut pas le déranger. Il ne veut pas non plus s'imposer. Bien sûr il est le petit ami d'un des habitants mais à chaque fois c'est pareil... il oublie ce détail quand il rencontre ses yeux. Il se décide finalement et tape trois légers coups sur la porte en bois avant de faire un pas en arrière. Inconsciemment, il passe une de ses mains dans ses cheveux pour replacer quelques mèches rebelles. Subconscient qui parle pour lui-même. Subconscient qui lui joue aussi des tours.
Une musique cesse. Des pas se rapprochent. Son c½ur accélère.
Un verrou se fait entendre. La porte s'ouvre à moitié. Son c½ur manque un battement quand leurs regards se rencontrent.
Il ne s'était pas trompé. C'est bien lui.
- Hé salut Bill, ca va ?
- Salut... Tom ça va merci. Jürgen est là?
- Ah non désolé il travaille encore.
- Oh..
- Mais rentres ne restes pas là, il va bientôt arriver.L'androgyne jette un coup d'½il par dessus l'épaule de Tom. Il se mord la lèvre inférieure semblant réfléchir à quelle réponse donnée. Il ne sait pas si c'est une bonne idée. Mais comme d'habitude il ne peut s'empêcher de répondre la même réponse.
- Oui mais je voudrais pas te déranger.
- Tu me dis ça à chaque fois. Si tu me dérangeais je te proposerais pas.
- Désolé...Un léger rire sort de la bouche de Tom avant de laisser le passage à Bill. Ce dernier respire un bon coup avant de pénétrer dans l'appartement. Leurs épaules se frôlent au moment où il passe à côté du dreadeux.
Toujours ce frisson. Toujours cette tension qui renaît de ses cendres quand il croit l'avoir vaincu.
Bill croyait pourtant que ce ne serait que passager. Un léger coup de c½ur pour le nouveau colocataire de son copain. Mais ça dure et ne part pas. 5 mois se sont écoulés. 5 mois qu'il vit ici et le brun n'arrive toujours pas à gérer cette étrange attirance.
Attirance qu'il sait réciproque. Il peut sentir que le regard que Tom pose sur lui est aussi fort que celui qu'il lui donne. Aucun mot pour décrire cette attirance électrique qui s'est mise en place entre eux depuis le début de leur rencontre. Ils en n'ont jamais parlé mais la ressentent.
Mais pour Bill c'est déjà beaucoup... il a l'impression de tromper indirectement Jürgen à agir de la sorte. De flirter sans vraiment sans rendre compte. Mais comment cesser une sensation aussi grisante? Comment réussir à contrôler cette électricité qui s'émane de leurs corps sans jamais être mise à profit?
Il a déjà failli succomber plusieurs fois. Bill sait que c'est risqué de rester seul avec Tom mais il ne peut pas s'empêcher de vouloir ressentir cette sensation qui parcourt tout son corps. Il adore autant qu'il déteste éprouver ce désir et sentir les yeux de Tom le regarder avec cette lueur de désir. Envie de plonger tête baissée vers l'inconnu mais il sait qu'il pourrait le regretter, et perdre beaucoup. A quoi bon tout laisser tomber pour une histoire juste physique ?
Un tas de contradiction tourne dans sa tête et il se sent de plus en plus perdu.
Il frissonne malgré lui à la pensée de ce qu'il pourrait se passer s'il n'écoutait pas sa raison mais ses envies.
Bill se dirige instinctivement dans la seule pièce éclairée de la maison.... la chambre de Tom. Ne faisant pas attention à où ses pas l'emmènent, Bill s'assoit sur le lit en regardant la guitare installée sur le lit.
- Tu jouais?
- Ouais je fignolais un morceau.
- Ah d'accord.
- Jürgen ne devrait pas tarder. Tu veux boire quelque chose en attendant?
- Euh non merci.Bill ôte sa veste et la pose à ses côtés après avoir regarder Tom quitter la chambre. Il revient quelques instants plus tard, une petite bouteille d'Ice Tea à la main.
- Il ne m'a pas dit que tu devais passer ?
- Il ne le savait pas. Je suis juste venu.. comme ça.
Bill hausse les épaule et un sourire est échangé. Comme d'habitude l'air s'alourdit en une fraction de secondes. Comme d'habitude l'atmosphère se charge en électricité.
Cette tension...
Omniprésente quoiqu'ils fassent. Ils la ressentent tous les deux et n'arrivent pas à s'en défaire.
Il sentent leurs souffles se faire plus longs et plus silencieux comme pour ne pas troubler ce moment. Ils voient leurs regards devenir trop intense et trop longs quand ils se posent dans les yeux de l'autre. Ils entendent dans la voix de chacun que l'autre pèse ses mots pour ne pas commettre un sous-entendu. Ils peuvent presque toucher le stress qui s'émane d'eux tellement il est présent. Palpable au point de les mettre mal à l'aise.
Ils mettent une distance respectable entre eux. Pas trop proche pour ne pas tenter le diable.
Après un long silence une discussion s'engage. D'abord hésitante, elle se fait plus confiante au fur et à mesure que les minutes passent. Il faut dire qu'ils ont un point en commun... la musique. Une passion qu'ils se sont vite découverte en commun. Passion que Jürgen ne partage pas, et parfois même ne comprend pas.
Incompréhension quand il voit les yeux de Bill s'illuminer quand Tom joue de la guitare.
Incompréhension quand il voit cette complicité entre eux alors qu'ils ne se connaissent pas tant que ça.
Incompréhension quand il croise les regards que Bill et Tom peuvent échanger quand ils parlent.
Incompréhension ou jalousie ?
Un rire clair retentit dans la chambre. Bill se plie en deux, tellement rire peu faire mal quand ça dure trop longtemps. Il entoure ses bras autour de sa taille, se tient le ventre et se penche vers l'avant.
- N-- non.. c'est.. t-- t'as...Difficulté à parler. Respiration hachée par les rires qui se font plus bruyants. La distance entre les deux jeunes hommes diminue. Assis en tailleurs, face à face sur le lit, leurs genoux se frôlent. Ils ne font pas attention à la proximité qui s'installe peu à peu entre eux. Un peu plus à chaque fois. Facile à venir, mais beaucoup plus difficile à faire partir. Ils ne le remarquent pas encore mais s'en rendront compte quand la réalité ressurgira.
- C'est pas de ma faute..
- Quand même un peu.. tu-- et t'as continué à jouer?
- Ben euh... oui...Bill pouffe de rire en essuyant une larme qui coule au coin de l'½il. Tom baisse un peu la tête, en triturant ses doigts faisant mine d'être vexé.
- Ca devait être comique à voir. J'imagine la scène. Ta guitare qui se débranche et toi qui essaie de sortir des notes. J'imagine ta tête ! « Ah ben merde pourquoi y a rien qui sort »
- Oh ça va hein...Tom retrousse son nez en regardant Bill avant de baisser le regard. Le brun esquisse un sourire attendri par la scène. Il n'avait encore jamais réellement apprécié ce côté de la personnalité de Tom. Sa lèvre inférieure légèrement ressortie, son visage dirigé vers le bas et ses mains accrochées à la couture de son tee-shirt. Il est mignon... et tellement à croquer dans cette position et avec cette expression.
Le blond relève doucement la tête et capte le regard de Bill posé sur lui. Le brun n'avait pas réalisé qu'il fixait autant le dreadeux.
Et là tout bascule une nouvelle fois. Océan noisette dans lequel chacun se perd. Leurs yeux se rencontrent et la tension qui avait légèrement disparu lors de leur fou rire revient prestement. Ou peut-être qu'ils s'y étaient juste habitués...
Un frisson parcourt l'androgyne et il est pratiquement sûr d'avoir vu le corps de Tom tressauter pour la même raison.
Encore cette atmosphère... lourde de sens. Impossible à effacer. Leurs c½urs battent un peu plus vite quand le genou de Bill se posent inconsciemment sur celui de Tom.
Tout semble être oublié. Leur discussion, leur fou rire, plus rien ne semble exister... sauf cette électricité qui erre dans la pièce, un peu plus chaotique à chaque fois qu'elle refait son apparition.
Tout s'est passé trop vite. Ils n'ont rien vu venir. Bill voudrait baisser le regard ou du moins le détourner mais il n'y arrive pas. Il se sent hypnotiser par ce qu'il a en face de lui. Son grand sourire s'est peu à peu effacé mais un léger reste en surface. Il trouve tellement adorable la manière d'agir de Tom que ce sourire ne peut pas s'effacer.
A chaque fois c'est le même scénario.
Guidé par cette attirance inexplicable, Tom se redresse légèrement, et se penche vers le brun dans un mouvement fluide. Leurs regards ne se quittent pas. Bill regarde chaque geste de Tom avec la boule dans son ventre qui se contracte quand il sent les mains effleurer ses hanches à travers le tissu avant de se poser de chaque côté pour prendre appui.
Leurs visage sont à quelques centimètres l'un de l'autre.
Tout est redevenu si sérieux que ça semble irréel.
Il devrait l'arrêter, le repousser. Il le sait mais ne le fait pas. Il ne peut pas s'empêcher de regarder ses deux iris posées sur lui. Il n'arrive pas à s'en défaire.
A chaque fois c'est le même sentiment.
Tension palpable qui monte d'un cran quand les yeux de Tom délaissent ceux de Bill pour fixer ses lèvres. Le regard du brun s'attarde sur les yeux marrons de Tom qui semblent focaliser sur sa bouche. Il ressent alors un effleurement aérien en même temps qu'une explosion éclate dans son ventre. Ses yeux maquillés se ferment à moitié sous le contact.
Si faible mais si fort.
Leurs souffles se mélangent, s'entremêlent pour s'évader sur le visage de l'autre. La lèvre inférieure de Tom se calle entre celles de Bill. Entrouvertes... si tentantes. Comment résister à cette vue ?
Toucher électrisant qui les fait frissonner tous les deux. Tentation à son paroxysme. Deux c½urs qui accélèrent sans pouvoir arrêter cette machine qui savent dangereuse et glissante.
Tension palpable qui se ressent dans tous les recoins de la pièce et même à l'intérieur d'eux. Elle tourbillonne dans tous les recoins et se concentre autour des deux corps.
Comme à chaque fois, plus rien n'existe.
- Tom....Leurs peaux frissonnent. Leur ventre se tord délicieusement. Un seul contact mais pourtant tellement intense. Aucun moment n'a été aussi fort depuis longtemps pour chacun d'eux.
Une main de Bill se pose sur un avant-bras de Tom. Pour le repousser ? Pour le retenir ? Il n'en sait rien. Il sait juste qu'il va exploser de l'intérieur s'il ne fait rien.
Les mains de Tom glissent et ses doigts attrapent les draps alors qu'il tire sur la lèvre supérieure de Bill qui soupire silencieusement. La langue de Tom sort de sa bouche pour aller redessiner celle de l'androgyne. Toujours en regardant ses lèvres rougies d'impatience.
Il peut les voir s'entrouvrir un peu plus pour laisser libre accès à cette langue qui devient si tentante pour Bill. Humide et chaude. Envie de la sentir se coller contre la sienne. Envie de la mordiller et de la sentir s'enfoncer dans sa bouche. Envie de sentir tout ce corps se presser contre lui.
Leurs yeux finissent par se retrouver alors que l'autre main de Bill, quelque peu tremblante part s'accrocher à la nuque de Tom.
Première fois que Bill va aussi loin et qu'il lui donne son accord. Il en a tellement envie et il ressent tellement de désir pour le blond qu'il lutte pour garder ses yeux ouverts. Il ne pense qu'à une chose... sentir la langue de Tom encore plus.
- Vas-y...Un porte claque.
- Sale temps de merde!Un juron bruyant retentit dans l'appartement.
Tom et Bill sursautent d'un même mouvement avant de s'éloigner brutalement l'un de l'autre, réalisant ce qu'ils étaient entrain de faire. Les yeux de Bill s'arrondissent soudainement avant de se lever prestement du lit. Il se tourne et passe ses doigts sur ses lèvres, ses yeux fixant un point invisible comme s'il était hors du temps. Au même moment, Jürgen entre dans la pièce et le ramène à lui.
- Bill! Ca me fait plaisir de te voir. Qu'est ce que tu fais là?Son petit ami ne lui laisse pas le temps de répondre et se faufile tendrement dans ses bras. Etreinte que Bill lui rend. Bill ferme les yeux pour essayer d'atténuer la culpabilité qui recommence à le ronger. Mais rien n'y fait, derrière ses paupières, seul le moment qu'il vient de passer avec Tom suscite. Il n'imagine même pas ce qui ce serait passé si Jürgen avait été plus silencieux.
Sauvés... mais pour combien de temps?
[...]- Tu dors ici ce soir?
- Euh oui je...
- T'inquiète je sais ce que tu vas me dire et non tu ne me déranges pas et Tom non plus pas vrai?Tom se crispe en entendant son nom et finit par détourner la tête de la télévision, pour poser son regard sur Bill et Jürgen qui se trouvent dans la cuisine. La vue qui s'offre à lui, lui retourne l'estomac tellement il aimerait être à la place de son colocataire à cet instant. Son ventre se tord de façon désagréable alors qu'un sentiment qu'il ne connaît que trop bien prend place dans son esprit.
La jalousie...
Il déteste se sentiment mais ne peut pas s'empêcher de le ressentir quand il s'agit de Bill. Cette attirance est allée beaucoup trop loin pour lui. Semblant deviner ses pensées, Bill pose ses yeux sur Tom attendant une réponse de sa part, sa tête se penchant légèrement sur le côté, cognant légèrement contre celle de Jürgen.
Il essaie de lire en lui, il essaie de voir ce que Tom peut ressentir. Ses yeux se plissent légèrement et une profonde tristesse l'envahit. Comment en est-il arrivé là ?
Equipé d'une cuisine américaine, Tom peut assister à la scène sans prendre la peine d'aller dans la pièce, un bar étant encastré dans le mur, laissant une vue imprenable sur la pièce.
Bill est accoudé à ce dernier, semblant être assis sur un des tabourets. Ses coudes le soutenant alors que ses yeux fixent toujours Tom dans l'attente d'une réponse. Jürgen a passé ses bras autour de la frêle taille du brun, sa tête reposant sur son épaule, lui posant quelques bisous dans le cou de manière irrégulière.
- Alors Tom?
- Comment?
- Roh j'te jure... tu veux bien qu'il reste dormir?
- Euh.. non ça ne me gène pas.Tom se replace convenablement dans le canapé, coupant court à son suicide mental. Ca ne sert à rien de se faire du mal comme ça. Ne s'étant plus rien passé depuis l'incident en début de semaine, Tom semble croire que Bill a retrouvé ses esprits, et a réalisé à quel point ça avait été débile de se laisser faire. Le dreadeux soupire doucement alors que l'effleurement des lèvres de Bill lui revient en mémoire. Ses yeux se ferment d'eux même.
Impression de ne pas être assez bien pour lui. Impression d'être en trop ou de ne pas être à sa place...
Ses paupières s'alourdissent et il ne se rend pas compte qu'il tombe dans le sommeil. Loin de la réalité, là où ses envies sont comblées. Là où une certaine personne n'est plus si inaccessible que ça.
***
- Eh Tom tu t'es endormi...
- Merde... il est quelle heure?Tom se frotte les yeux et les ouvre pour se rendre compte qu'il est affalé sur le canapé, la bouche pâteuse, la télé toujours allumée.
- Tard 23h30. Comme on ne voulait pas te réveiller on a mangé ça te gène pas j'espère.
- Non j'avais pas faim de toute façon... Bill est parti?
- Oh non il est dans ma chambre. On va aller se coucher demain faut que je me lève.
- D'a-- accord...
- Bonne nuit vieux.A peine réveillé, la réalité revient en pleine face. Rien qu'à l'idée que Jürgen et Bill dorment ensemble le fait soupirer. Soupir d'exaspération. Il en a marre de cette situation. Il devrait peut-être... partir...
***Une douce chaleur remplie la pièce. Jürgen s'installe au dessus de Bill qui s'est changé pour troquer ses habits contre un simple boxer. Plus maquillé, il paraît plus fragile, plus enfant...
Il calle son nez dans le creux du cou de Bill et inspire profondément avant de chuchoter.
- Tu sens bon...
- Merci...Les mains du brun remontent dans le dos de son petit ami pour une douce caresse sans arrière pensée. Il n'en a pas vraiment envie ce soir de toute façon. Mais pourtant les mains de Jürgen se font rapidement plus baladeuses. Passant sur son torse, sur son ventre et à l'intérieur de ses cuisses. Il adore ce genre de caresse d'habitude. Un léger frôlement qui donne plus de sensations. Mais ce soir... il ne comprend pas pourquoi les mains de son amant ne sont pas assez grandes pour lui.
Il essaie de profiter, de se contenter de cela mais c'est plus fort que lui... ses yeux se ferment et tout d'un coup, les sensations ne sont plus les mêmes. Les mains deviennent grandes, les doigts plus fins... plus rugueux, comme s'il jouait d'un instrument.
Les caresses sur son corps le font réagir.
Cette main qui se pose sur son entrejambe le fait gémir. Cette langue dans son cou le fait frissonner. Cette voix qui lui murmure qu'il l'aime fait battre son c½ur un peu plus fort. Voix rauque, chaude sensuelle... mais ce n'est pas la voix de Jürgen. Des traits de visages se forment dans son esprit. D'abord abstraits, il deviennent de moins en moins flous, de plus en plus concrets. Comme un tableau que le peintre achève en ajoutant de la couleur. Des yeux noisettes se plongent dans les siens. Des dreads blondes et bien soignées font irruption dans son subconscient. Dreads dans lesquelles il y passe une main.
A cette vision, son corps se cambre alors qu'il se retrouve nu en dessous de son copain. Mais il n'a pas l'impression d 'être avec lui. Les caresses qui lui sont infligées se font plus appuyées, plus sexuelles, mais ne sont pas de Jürgen pour lui. Son esprit est tellement focalisé sur Tom qu'il a véritablement la sensation que c'est le jeune homme qui le touche. Il en a tellement envie, qu'il matérialise ce désir pour le rendre réel.
Il a l'impression de devenir fou... c'est devenu une obsession ce gars.
Bill retourne la situation et inverse les rôles. Se retrouvant au dessus, il surplombe Jürgen, ses yeux cherchant une lueur dans ceux de son petit ami. Mais aucune n'apparaît.. pas celle qu'il cherche. Pas celle que les yeux de Tom détiennent. Cette lueur de malice mélangée à celle enfantine qui fait toute l'expression de Tom.
- Hé t'as l'air en forme ce soir dis moi...Il n'avait pas remarqué à quel point son érection était visible. Ni non plus que Jürgen ne portait plus rien. Trop perdu dans ses pensées, trop perdu à matérialiser son rêve.
Aucune réflexion sort de la bouche de Bill alors qu'il est le premier à faire des sous-entendus d'ordinaire.
Jürgen n'en tient pas rigueur, appréciant l'enthousiasme de l'androgyne qu'il semblait plutôt farouche au début.
Un léger rire sort de sa bouche, vite capturée par Bill, qui se cambre pour presser son sexe contre celui de son petit ami. Ses yeux se ferment, un visage se dessine. Celui qui le fait rêver depuis bien trop longtemps.
Bill gémit en sentant ses doigts du châtain s'enfoncer dans son dos quand il le pénètre doucement. Il rêve tellement de sentir un autre corps contre lui.
- Han oui...Ses gémissement se transforment en cris alors que dans son esprit ce n'est plus Jürgen qui est à ses côtés. Il se sent minable d'agir ainsi mais c'est tellement mieux comme ça... sentir les mains de Tom descendre jusqu'à ses fesses. Sentir ses doigts se contracter et presser cette chair avant qu'un se faufile et fasse le tour de l'orifice. Les coups de Bill se font de plus en plus rapides. Jürgen ne retient pas ses gémissements et le brun non plus à présent.
- Vas-y putain...Il a besoin de sentir quelque chose. Ses yeux fermés, ses lèvres effleurent celles de Jürgen alors qu'un doigt s'enfonce en lui. Il sent le doigt rugueux de Tom s'insérer petit à petit en lui. Il sent l'odeur de Tom enivrer son odorat. Tous ses sens le trahissent et se retournent contre lui. Il ne perçoit plus rien du réel... tout n'est que tromperie.
- T-- T...
- Hum quoi?Bill se mord la lèvre inférieure, ses mains se crispant sur les cuisses de son amant pour ne pas gémir un nom qui n'est pas le sien. Il soupire fortement en respirant de grandes bouffées d'air par le nez, s'enfonçant plus profondément en Jürgen.
- Tellement bon putain t'arrête pas...Si Tom savait qu'il était à ce point la raison de cet orgasme qui envahit peu à peu l'androgyne. S'il savait que Bill ne voulait qu'une chose... le sentir contre lui et ne faire qu'un pour enfin réussir à mettre des faits réels sur son imagination qui lui joue de plus en plus de tours.
Mais il ne sait rien. Il entend juste le plaisir que Bill ressent. Plaisir qu'une autre personne lui donne. Plaisir que Jürgen lui prodigue... enfin ça c'est ce qu'il croit. Il ne se doute pas qu'à cet instant Bill ne voit que lui, n'imagine que lui. Tout son corps ne demande que lui mais le dreadeux ne le sait pas. Il n'entend que cette voix enrouée qui s'élève de plus en plus. Se cachant de moins en moins.
Seul dans sa chambre, Tom se tourne plusieurs fois dans son lit sans jamais trouver le sommeil. Les yeux fermés, des images illusoires font leur apparition. Bill sous Jürgen. Bill entrain de faire l'amour à une autre personne. Bill prenant du plaisir sans lui. Bill frissonnant, gémissant, luisant de sueur.
Ses yeux s'ouvrent d'un coup alors qu'un gémissement sonore se fait entendre. Il reconnaît la voix. Il s'assoit sur son lit croisant les jambes, sa main allant masser sa nuque. Il essaie en vain d'effacer toutes ces horreurs de son esprit. Il essaie de faire disparaître Bill de sa tête. Il prend cette dernière entre ses mains pour essayer de ne plus penser à tout ce qu'il entoure.
Il ne veut plus penser.
Il ne veut plus entendre.
Juste ce soir... il ne veut plus exister si ça lui permet de ne pas avoir à écouter Bill et Jürgen. Il ne supporte pas ça. Il n'arrive pas à extirper cette envie qui lui tiraille le ventre et ce désir qui le consume à chaque fois que Bill pointe le bout de son nez.
Il en a marre de ressentir tout ça et ne veut plus à avoir à subir cette situation. Il ne veut plus ressentir son c½ur manquer un battement à chaque fois qu'un gémissement traverse les murs. Il ne veut plus sentir cette envie presque obsessionnelle d'être à la place de son colocataire. Il ne veut plus avoir à endurer cette attirance qui le rend fou un peu plus chaque jour.
Se rendent-ils compte qu'il est dans le même appartement que lui?
Pourquoi faut-il qu'il entende? Pour lui torturer l'esprit? Pour lui faire comprendre que Bill n'est pas accessible? Et qu'il n'est pas à lui? Ca il a compris... de la plus mauvaise des manières. Tom n'a rien demandé. Il n'a jamais demandé à ressentir tout ça pour Bill.
Et pourtant il en paye le prix fort ce soir. Il n'aurait jamais cru qu'il aurait autant envie de vomir. Sa gorge se contracte et l'empêche d'avaler correctement. Il se sent minable d'être dans cet état pour un homme qu'il ne peut avoir mais comment faire? Son corps agit de lui-même. Il se lève sans s'en rendre compte et se dirige dans le couloir. Impression d'être ailleurs et de ne plus rien voir correctement. D'être en dehors de la réalité.
Quelques minutes plus tard, la chasse d'eau est tirée. Tom se racle la gorge en tentant vainement de faire disparaître ce goût affreux de sa bouche. Il grimace en se positionnant face à l'évier, son regard tombant directement dans le miroir.
Livide... il déteste vomir surtout qu'il ne voit pas une raison assez forte pour en arriver là. Son estomac le torture et il détourne le regard quand ses yeux se posent une nouvelle fois dans le miroir. Il se mouille le visage en bougeant la tête de gauche à droite.
Il ne comprend rien. Il ne comprend pas comment une simple attirance a pu se transformer ainsi.
Que peut-il faire maintenant?
[...]Ellipse d'une semaine.Une main cogne le bois dur de la porte. Il doit y mettre beaucoup de force pour que son poing fasse le bruit voulu. Pour que la personne à l'intérieur l'entende. Pour qu'il vienne lui ouvrir...
Le brun est nerveux, stressé par ce qu'il va suivre. Il s'est retrouvé devant cette porte sans vraiment sans rendre compte. Ses pensées ont pris le dessus et son subconscient l'a mené là où il avait envie d'être. Chez la personne qu'il avait envie de voir. Peut-être pas la bonne... pas celle qu'il devrait avoir envie de voir, mais c'est plus fort que lui.
Bill pince la lèvre inférieure entre ses dents pour tenter d'évacuer le stress qui l'envahit un peu plus à chaque seconde qui passe. Un stress qui s'infiltre dans tout son corps sans lui laisser une once de repos.
Son c½ur manque un battement en entendant un bruit de verrou familier et son ventre se tord. Il déglutit difficilement en apercevant une tête dans l'entrebâillement de la porte. Un visage reflétant une surprise totale. Il ne s'attendait pas à le voir. Bill lui-même ne s'attendait pas à se trouver devant cet appartement.
Des yeux arrondis. Une bouche entrouverte. Une personne qui cherche ses mots sans les trouver. Tom semble perdu.
- Salut Tom...La voix de Bill est hésitante, quelque peu tremblante. Il n'aurait peut-être pas dû frapper. Il aurait peut-être dû tourner les talons et oublier qu'il était venu ici.
Se dire que c'était une erreur et ne pas faire un pas vers lui.
Mais maintenant c'est trop tard. Son c½ur se serre quand il voit le visage de Tom se fermer. Ils ne se sont pas réellement revus depuis la nuit où Bill a dormi ici. Depuis cette nuit-là, il peut sentir que Tom met une certaine distance entre eux. Encore plus qu'avant...
Il peut sentir ce frisson assez désagréable le parcourir alors que ses yeux se posent dans ceux de Tom. D'habitude c'est une chair de poule enivrante qui l'envahit. D'habitude...
Depuis cette fameuse nuit, il sent bien que quelque chose a changé, que le blond ne laisse plus cette tension s'immiscer entre eux.
Il essaie de paraître indifférent face au brun. Il essaie de ne pas dévoiler ses émotions. De ne pas se souvenir de ce qu'il a entendu bien que cela le hante tous les jours depuis. Il ne peut s'empêcher à cet instant de repenser au bruit, aux gémissements de Bill. Des gémissements dont il n'était pas le responsable et dont il ne le sera probablement jamais... c'est ça qui fait le plus mal sûrement.
Ce n'est que dans un souffle qu'il prononce quelques mots. Il tente de ne pas se trahir face au visage perplexe et déçu de Bill. Il peut imaginer ce qu'il pense, il peut ressentir cette déception qu'il lit dans ses yeux.
- Bill... Jürgen n'est pas là.Ce dernier baisse les yeux à l'entente de cette phrase. Il mord le bord de sa lèvre inférieure un peu plus fort qu'à l'accoutume en réalisant quelque chose... il se sent honteux de ne pas avoir penser à Jürgen en venant ici. Une seule personne traversait son esprit et ce n'était pas son petit ami... il se sent vraiment pitoyable.
Il se sent tellement mal face à cette situation. Et pourtant il ne peut empêcher ce désir d'augmenter à chaque rencontre avec Tom. Il devient plus fort, bien trop fort pour être contrôler. Mais à cet instant il se sent ridicule. Debout devant un Tom qui ne montre aucune émotion à travers sa voix, ou même à travers son regard. Il se sent petit et vulnérable. Il ne s'attendait pas à cette réaction.
Il ne pensait pas ressentir de l'indifférence émanée de Tom. Et surtout... il ne la ressent pas. Cette tension qui d'habitude surgit au premier regard qu'ils s'échangent. Il perd un peu ses moyens et déglutit avant de répondre.
- J- je suis venu te voir toi...Sa voix est faible, et bégayante. On peut la sentir trembler légèrement. Preuve de son incertitude face à ce qu'il va se passer.
Bill se sent complètement perdu et Tom le ressent. Il ressent cette pointe d'angoisse qui augmente de minutes en minutes. Plus il paraît indifférent, plus l'androgyne sent la boule au fond de son ventre grossir. Il déglutit en l'attente d'une réponse de la part de Tom. Tellement pressé d'entendre ne serait-ce qu'un mot. Le dreadé ressent ses doutes.
Il sait qu'il en est la cause.
Il sait que c'est sa faute si Bill est encore plus stressé qu'à son arrivée.
Il sait tout ça alors pourquoi ne fait-il rien? Pourquoi essaie t'il de rester de marbre pour ne pas montrer ses émotions ? Pourquoi agit-il ainsi ?
Il provoque lui-même ces doutes et ne fait rien pour le rassurer. Il ne veut pas montrer qu'il est aussi perdu que lui. Il ne veut pas commencer à espérer. Tom sait parfaitement que s'il commence à réfléchir sur la raison de la venue de Bill, il va peut-être s'imaginer des explications fausses. Il ne veut pas craquer et paraître aussi indifférent que lui. Il ne veut pas ressentir encore une fois cette attirance beaucoup trop prononcée pour Bill alors qu'il n'est pas accessible.
C'est égoïste?
Peut-être mais il cherche seulement à se protéger pour ne pas souffrir. Il ne veut plus ressentir cette souffrance qu'il a pu éprouver quand il a entendu des choses qu'il n'aurait pas du entendre. Il ne devrait pas ressentir tout ça alors il tente de repousser au maximum ses sentiments. Il les dissimule pour mieux réussir à les faire disparaître.
Il se mord légèrement la lèvre inférieure quand il voit Bill triturer ses doigts sans savoir quoi faire. Il s'en veut de lui faire endurer ça. Paradoxe entre l'envie d'éprouver tout ce que Bill lui fait ressentir et le désir d'arrêter une fois pour toute cette histoire pour pouvoir vivre sans la honte d'éprouver une telle attirance pour le petit-ami de son colocataire.
Tom n'est pas du genre à briser les couples, et il ne veut pas commencer maintenant.
Ses yeux s'affaissent doucement alors que son regard se fait plus intense. Il essaie de lire en Bill. Il essaie de voir ce qu'il ressent. Il essaie mais... va-t-il y arriver ?
Le brun relève un peu la tête et leurs regards se croisent quelques secondes. Tom détourne la sienne et fixe un point imaginaire.
Ne pas craquer.
Pour ne pas la ressentir... pour ne pas ressentir cette électricité qu'il est sûr d'éprouver s'il se laisse déborder par les sentiments. Il ne doit pas ressentir cette sensation étrange qui lui retourne l'estomac quand il voit Bill. Un tourbillon de sentiments le submerge mais il fait tout pour le repousser.
Pour ne pas craquer...
Le silence se fait pesant. Chacun aimerait dire quelque chose mais aucun n'ose vraiment parler. Bill de peur de se faire rejeter et d'avoir imaginer cette attirance réciproque. Tom de peur de se laisser aller et de partager un moment avec Bill qui ne le rendra que plus fou de lui. Qui rendra cette tension, pour l'instant seulement mentale, beaucoup trop concrète pour lui.
Il finit par s'appuyer sur la porte en soupirant, ses yeux restant dirigé vers le sol, cherchant à tout prix à éviter les yeux de Bill. Il se connaît. Il sait que s'il le regarde trop longtemps, cette chaleur familière qu'il sent naître à l'intérieur de lui quand le brun est à proximité va revenir. Il ne veut pas courir de risque même si une petite voix dans sa tête lui intime l'ordre d'arrêter de réfléchir aux conséquences. De vivre ce qu'il a envie de vivre. Mais paradoxalement sa raison l'oblige à ne pas aller trop loin et à mettre un terme à cette situation qui devient de plus en plus gênante.
Pour Bill comme pour lui.
Duel permanent entre la raison et le c½ur. Entre l'intellectuel et les sentiments.
Le choix est difficile et personne ne sait qui va l'emporter avant que le concerné prenne sa décision. Ses iris noisettes prennent les commandes et se posent sur le visage de Bill. Elles le scannent en détaillant la moindre de ses réactions. Ce dernier garde ses yeux baissés. Il attend une réponse de la part de Tom mais en même temps la craint. Contradiction au fond de lui.
Envie qu'il réponde vite mais en même tems peur de connaître justement cette réponse.
- T'aurais pas du venir...Ce n'est qu'un souffle qui traverse les lèvres de Tom. Léger, presqu'inexistant mais à ce son, Bill tente de capter le regard du dreadeux en osant relever la tête. Il soupire légèrement de soulagement en sentant cette pointe d'inquiétude que Tom ressent. Il est aussi déstabilisé que lui. Aussi perdu.
Il l'a senti... cette hésitation dans le ton de sa voix. Il a senti la voix de Tom faiblir quand le denier mot a été prononcé. Preuve qu'il n'est pas le seul. Preuve qu'il est autant perdu que lui. Ils sont deux dans cette histoire.
Lui qui avait peur de l'indifférence de Tom à son arrivée se sent plus léger. Indifférence qui le rendait presque malade. Peur de ne plus être aussi important à ses yeux. Peur de ne plus ressentir cette tension entre eux. Il ne devrait pas mais pourtant il meurt d'envie d'éprouver encore une fois cette sensation bizarre mais agréable au creux de son ventre.
- Je sais.
- Alors pourquoi?Il ouvre la bouche mais la referme quelques secondes après. Le brun ne le sait pas lui-même. Quand il a tapé à la porte il savait juste une chose... il voulait le voir. Les restes du quasi baiser qu'ils ont échangé sont encore trop présents pour lui. Il ne fait qu'y penser même s'il sait pertinemment qu'il ne devrait pas. Il le sait mais pourtant il le fait. Pourquoi? Parce que c'est plus fort que lui. Parce qu'il a adoré sentir Tom aussi proche de lui. Parce qu'il a encore envie de sentir ce phénomène qui se produit quand la distance entre eux disparaît.
Il adore ressentir cette tension lourde mais en même temps tellement douce...
Il sait que c'est réciproque. Il sait que Tom ressent pareil mais qu'il le cache. Il a envie de le croire. Il n'arrive pas à imaginer que toute cette attirance ne soit vraie que dans un sens.
- Je sais pas...Chuchotement incertain qui montre sa peur face à la réaction de Tom. Il craint le rejet. Même s'il a cette intuition que c'est réciproque, il a toujours ce doute en lui qui s'immisce lentement et qui le rend nerveux. Il finit par hausser les épaules en gardant sa tête obstinément baissée.
- Enfin je... je voulais te parler.Murmure dans le silence du couloir où Bill se trouve. Tellement bas que sa voix ne résonne pas. Mots presque inaudibles mais Tom les entend. Pour la première depuis son arrivée, leurs iris rentrent en contact.
Ce n'est peut-être pas une bonne chose se dit Tom.
Leurs yeux se fixent, se fondent les uns dans les autres. Chacun cherche à comprendre l'autre. Chacun cherche des réponses dans le regard de l'autre mais il sont dans le flou autant l'un que l'autre.
- Je peux entrer ?
- Je sais pas je...
- S'il te plaît. Juste pour parler.Tom baisse les yeux mais les relève la seconde d'après.
C'est trop tard...
Comment peut-il lui résister ? Comment peut-il lui dire non ?
Il devrait mais il sait qu'il ne le fera pas. Il sait parfaitement qu'il le laissera entrer et qu'il profitera de la moindre seconde qu'il va passer avec lui-même si ce n'est que pour l'écouter parler.
- Ok ..La porte s'ouvre un peu plus pour laisser passer Bill. Tom s'efface légèrement et se décale. A cette vision, le c½ur de ce dernier accélère sans réelle raison. Il souffle un bon coup avant de pénétrer dans l'appartement la tête baissée. Tom referme la porte derrière lui et s'adosse à cette dernière. Ses yeux retrouvent inconsciemment le corps de Bill. Au milieu de la pièce, comme perdu dans un environnement qu'il ne connaît pas.
Fragile mais tellement impressionnant.
C'est ce que se dit Bill en regardant la pièce qui s'ouvre devant lui. Intimidé par le silence qui ne cesse d'être le maître des lieux, il n'ose pas faire un pas. Ses yeux cherchent un repère mais ne trouve que l'inconnu. Première fois qu'il ne se sent pas à sa place ici.
Il sourit légèrement en pensant au comique de la situation. Un sourire qui devient vite un rire étouffé. Tom hausse un sourcil en entendant un léger rire.
- Je n'aurais jamais cru qu'on serait aussi coincé l'un en face de l'autre.Bill se retourne pour faire face à Tom toujours adossé à la porte. Le c½ur de ce dernier se gonfle en voyant une esquisse de sourire toujours peint sur le visage de Bill. Deux petites fossettes formées qui le rendent un peu plus enfantin.
Ce n'est que lorsque leurs yeux se rencontrent une nouvelles fois qu'ils sentent l'atmosphère de la pièce changer. Se transformer de manière agréable et familière. Une chaleur qui envahit les lieux de façon invisible pour les envelopper dans une bulle qu'ils ne briseraient pour rien au monde.
Cette tension irrésistible voit de nouveau le jour.
- J'dirais pas coincés.Bill penche la tête sur le côté en observant Tom avant de détourner le regard vers une lumière allumée... celle de la chambre du dreadeux.
- Tu faisais quoi? Enfin j'veux dire.. j'veux pas être indiscret hein mais...
- Je jouais c'est tout.
- Ah... ok.« Comme d'habitude » pense t-il en regardant en direction de la chambre.
Le brun sourit gêné de son bégayement improvisé. Sourire qui se peint également sur les lèvres de Tom avant de redevenir sérieux. Les fossettes creusées par cet étirement ne durent pas, l'ambiance se remplit à nouveau d'un silence qui met mal à l'aise chacune des personnes présentes.
Chacun cherche dans le regard de l'autre une explication muette. Une explication qui arrangerait beaucoup de choses et qui éviterait une discussion embarrassante. Une explication qui résoudrait le problème et qui mettrait fin à cette ambiguïté qui s'installe dans leur relation à chaque fois qu'ils se retrouvent dans la même pièce.
Mais pourtant, c'est plus fort qu'eux. Bill veut encore la ressentir, Tom veut encore la ressentir... tous deux le veuillent mais un des deux à des obligations et aucun ne sait où ça va les mener. Cette tension qui se transforme en douce chaleur est effrayante même si elle est attrayante. Première fois qu'il la ressente et première fois qu'ils ont peur de ce qu'ils ressentent. En se rencontrant rien ne devait se dérouler de cette manière. Ils devaient être amis... comme ils le sont en apparence quand Jürgen est dans les parages. Mais quand il n'est pas présent, leurs gestes ne sont plus les mêmes, leurs voix changent et se font plus envoûtantes malgré eux.
Bill a beau ne pas avoir explicitement trompé son petit ami, à l'intérieur de lui c'est comme si. Il le ressent au fond de lui. Ses sentiments le trompent impunément devant ses yeux sans qu'il ne le voit. Sans que Bill puisse faire quoique ce soit.
Tom, toujours adossé à la porte, détache son regard des iris du brun pour se plonger à son tour dans le couloir. Il craint autant qu'il languit le moment où Bill et lui se feront face de manière plus proche. Il a l'appréhension qui se traduit par cette boule au ventre mais est-elle agréable ou désagréable?
Il ne saurait le dire.
Tout est trop confus quand il s'agit de Bill.
- Et si... on allait s'asseoir?
- Euh oui.Instinctivement ses pas le mènent vers le couloir, ils le mènent vers la chambre de Tom. Il ne jette pas de regard en arrière, ses doigts s'enroulant autour de la couture de son tee-shirt pour évacuer ce stress qu'il n'arrive pas à faire partir. Le dreadeux fronce les sourcils à cette scène avant sourire légèrement devant la nervosité palpable de Bill. Il ferme la porte à clés avant de le rejoindre, s'engouffrant dans le couloir pour atterrir dans sa chambre
- On aurait pu se mettre dans le salon.
- Ah euh oui je... j'sais pas pourquoi je suis venu là euh.. on peut y aller.Bill se lève précipitamment et se sent honteux d'être venu ici sans vraiment comprendre pourquoi. Il aime bien sa chambre. Il la trouve reposante et agréable à vivre. Toutes ses guitares qu'il peut admirer et ses partitions qui s'étalent sur son bureau. Il adore se sentir entourer d'un environnement musical.
Arrivé devant Tom, ce dernier lui attrape le poignet doucement pour le retenir. Bill frissonne et ses yeux se posent sur la main du dreadeux qui empoigne délicatement cette partie de son corps.
- Non c'est bon on peut rester là maintenant.
- Hum.Il relève les yeux au moment où Tom relâche sa prise en laissant retomber son bras le long de son corps. Sans un bruit les deux garçons s'installent sur le lit. Bill quelque peu éloigné de Tom pour ne pas qu'il soit trop proche. Aucun des deux ne sait quoi dire. Le calme de la pièce pourrait être très pesant mais il ne l'est pas... pas pour l'instant. Bill soupire doucement et c'est lui rompt ce silence.
Ses mains moites se posent sur ses cuisses et ses yeux les regardent bouger, ses doigts s'accrochant au tissu de son jean alors qu'un nouveau soupir traverse ses lèvres. C'est fou quand une certaine situation peut faire monter la nervosité. Tout ce calme qui ne présage rien. Tous ces mots qu'il a envie de dire mais qu'il n'arrive pas à prononcer. Il voudrait juste des réponses sur cette histoire. Savoir ce que tout ça veut dire. Mais parfois des questions ne trouvent pas de réponses.
Ses yeux se ferment, espérant oublier cette histoire d'un claquement de doigts. Si tout pouvait disparaître pour qu'il puisse reprendre sa petite vie tranquille, sans doute tout irait bien. Mais il sait qu'une fois ouverts, ils se replongeront dans ceux de Tom et toutes ses questions qui disparaissent dans le noir réapparaîtront.
Tout serait plus simple s'il était célibataire finalement mais... s'il ne connaissait pas Jürgen connaitrait-il Tom?
- J'en ai marre..
- De quoi?Bill tourne le visage vers Tom en penchant la tête pour le regarder plus intensément arrêtant par la même occasion de se triturer les doigts. Finalement la discussion est inéluctable.
Où tout ça va les mener?
Ce n'est peut-être pas si mal d'en parler. Peut-être que certaines zones d'ombres vont s'éclaircir.
- De cette situation.Bill sent le lit s'affaisser alors qu'un corps se rapproche de lui. Il déglutit et jette un ½il par dessus son épaule pour constater que Tom est plus proche. Il peut désormais sentir un peu mieux son odeur même si elle est déjà présente dans la pièce. Cette odeur qu'il affectionne. Il peut voir le regard du dreadeux perdu dans le vide alors qu'un soupir franchit ses lèvres. Plus las qu'autre chose.
- Y a pas que toi...Leurs yeux se rencontrent encore une fois. Bill sent son ventre se tordre et il se mord la lèvre en regardant le visage de Tom. Il le trouve vraiment beau. Ses traits si finement dessinés. Ce grain de beauté sur sa joue qu'il rêve d'embrasser. Ce piercing au labret qu'il rêve d'avoir dans sa bouche. Le brun trouve en Tom un fantasme mais... un fantasme est fait pour ne restait qu'un fantasme et là Bill rêve d'assouvir son envie. Il prend une profonde inspiration tout en gardant les yeux sur Tom. Il ne se lasse pas de le regarder.
Plus il l'observe, plus son c½ur s'accélère, plus cette attirance s'accentue.
- Ca serait plus simple si tu n'étais pas aussi...
- Aussi quoi?
- Beau.Révélation qui sonne comme un aveu.
La voix de Bill n'est qu'un murmure. Mot prononcé dans un souffle alors que son visage se rapproche de celui de Tom sans le toucher. Une proximité assez intime se met en place. Il n'arrive pas à s'éloigner. Ses yeux sur lui, ce corps près de lui... tout le guide vers ce même point.
- Je n'devrais pas ressentir tout ça. J'ai Jürgen et...
- Je sais.
- Alors pourquoi je n'peux pas m'en empêcher.Bill baisse la tête mais la relève aussitôt. Il doit faire face à cette situation et ne pas la fuir. Mettre cartes sur table pour se dire qu'il n'y a plus de mensonges et que tout a été dit. Il ne sait pas comment va se finir la soirée mais il sait qu'au moins il n'aura plus ce malaise persistant.
- A chaque fois que je te vois je me dis que je dois résister. Putain Tom... pourquoi tu me rends aussi dingue.Aucune réponse ne vient mais finalement il n'en attend pas. Il aimerait savoir pourquoi mais c'est qu'il ne trouvera jamais de réponses à cette question. Il se la pose depuis le début et depuis elle tourne en rond dans sa tête à la recherche d'une réponse qui ne vient pas.
Il sait que c'est là que tout se joue. Il sait parfaitement que ce sera sûrement sa dernière chance d'être vraiment seul avec Tom. Il se mord la lèvre et tourne la tête vers le dreadé qui le regarde.
Il se rapproche alors en posant sa main sur la cuisse de Tom, crispant ses doigts autour de la zone qui est sous son emprise. Cette attirance est tellement forte qu'il n'arrive plus à la dissimuler. Il essaie mais en vain.
La respiration de Tom s'accélère inconsciemment en sentant la proximité qui s'installe entre eux. Il voudrait le repousser délicatement. Lui dire que ça ne peut pas se passer comme ça. Lui dire qu'il a un copain qui l'aime. Lui dire tout simplement que toute cette histoire est ridicule. Alors pourquoi ne le fait-il pas?
Il est coupé dans ses pensées par la voix de Bill. Une voix trop proche de lui. Ce n'est qu'un chuchotement mais elle est distincte. Bill s'est rapproché de lui et il peut sentir son souffle s'étaler sur sa peau.
Beaucoup trop proche...
Alors pourquoi ne le repousse t-il pas?
- Là si je ne me retenais pas je t'embrasserais.
- Et on devrait pas.
- T'en as pas envie?
- Trop justement.Bill se mord la lèvre inférieure alors qu'il sent la main de Tom sur sa cuisse pour la rapprocher et la passer au dessus des siennes. Le brun retire sa main et la pose sur sa propre cuisse alors que l'autre est posée sur le matelas.
Leurs lèvres s'effleurent sans jamais se toucher réellement. Cette proximité spontanée trouble Tom mais il ne peut s'empêcher de ressentir cette chaleur qui augmente de secondes en secondes. C'est en le regardant que Bill murmure quelque mots.
- J'en peux plus Tom... à chaque fois que t'es là des millions de frissons m'envahissent. A chaque fois que tu me frôles, j'peux pas m'empêcher de sentir cette décharge électrique qui parcourt tout mon corps. Est ce que t'es comme moi?
- Bill...
- Est ce que tu la ressens cette putain de chose qui me tue à chaque fois que t'es dans la même pièce que moi ? Leurs yeux se fixent, ils sont tellement proches que Tom remarque alors un léger strabisme chez Bill. Tout ce qu'il y a de plus adorable quand c'est lui...
Bill passe ses mains sur la chemise du dreadeux, caressant chaque bouton comme s'il avait la capacité de les enlever sans les déboutonner. Son nez se frotte contre celui de Tom, dans une recherche de contact un peu plus directe. Plus le temps passe moins il se sent la force de rester éloigner de Tom. Il se sent inexplicablement attiré par le blond depuis leur première rencontre et pour la première fois, il ne résiste pas et laisse aller ses envies.
Peut-être va-t-il regretter. Peut-être qu'il ne fait pas le bon choix. Mais ce soir, il ne réfléchit plus même s'il sait que peut-être il devrait écouter sa raison et non ses sentiments. Il a juste envie d'être tendre avec Tom. Il veut lui montrer une partie de sa personnalité qu'il ne connaît pas encore.
- On ne peut...
- J'en ai marre de la sentir Tom... putain j'ai tellement envie de toi. A chaque fois qu'il me touche j'rêve que ce soit tes doigts. C'est tellement mal mais ça me fait tellement de bien... si tu savais...Les mains parfaites de Bill s'accrochent à la chemise de Tom en la tirant vers le bas, rapprochant leurs deux torses. Il peut sentir le c½ur de Tom battre un peu plus vite quand leurs peaux couvertes d'un simple tissu se touchent. Habilement, ses doigts passent sous le vêtement et caressent à même la peau. Le dreadeux attrape alors ses mains entre les siennes pour les stopper, le mettant une dernière fois en garde. Il ne sait pas combien de temps il va pouvoir tenir. Combien de temps avant qu'il ne perde le contrôle?
Leurs yeux sont plongés les uns dans les autres. Tom se raccroche à quelque chose pour essayer de résister mais il ne voit que de l'envie. Chose qui ne l'aide pas au contraire. Le bas de son ventre se réchauffe de voir autant de désir dans les yeux de quelqu'un. Désir qui lui est adressé.
- Bill si tu continues...
- J'en ai envie.
- Tu n'sais pas dans quoi tu vas te lancer alors...
- J'ai pas envie de savoir pour l'instant. J'veux juste enlever ce désir qui est en train de me rendre fou. Tu me rends fou Tom... comment tu fais?
- Je te retourne la question?Bill s'humidifie les lèvres involontairement, ses yeux vagabondant sur celles de Tom qui effleurent les siennes. Effleurement aérien qui augmente son envie. Qui augmente cette chaleur dans le bas de son ventre. Chaleur qui va devenir beaucoup trop insupportable s'il ne touche pas de suite cette bouche qui s'offre à lui.
Tous deux la sentent. Tous deux la ressentent. Et c'est ensemble qui vont succomber.
- Embrasses moi s'il te plaît.
- Aucune porte ne va claquer aujourd'hui?Bill sourit doucement avant de baisser sa tête pour capturer les lèvres totalement offertes de Tom. Leur premier baiser. Premier vrai contact avec les lèvres du blond. Et c'est comme il avait imaginé. Un frisson les envahit soudainement en réalisant qu'ils s'embrassent.
Les mains de Tom, toujours dans celles de Bill, se détachent et passent autour de sa taille pour se poser sur sa chute de reins. Geste banal mais qui prend toute son ampleur quand Bill se rend compte que c'est celles de Tom qui le touche. Les doigts se crispent sur le tissu en provoquant un légère pression.
Pression pour créer un rapprochement. Un corps qui glisse jusqu'à se coller à l'autre, Bill se retrouve assis sur les genoux de Tom.
Pression pour le sentir un peu plus contre lui. Pour se dire que c'est bien réel et qu'il ne va pas lui échapper.
Pression qui se renforce quand le baiser s'approfondit.
D'abord simple contact, les lèvres de Bill s'appuient un peu plus contre celles de Tom en s'ouvrant légèrement. Ce dernier suit le mouvement et peut alors sentir la langue de son futur amant demander timidement l'accès. Les yeux mi-clos, Tom passent ses mains sous le tee-shirt de l'androgyne, le sentant frissonner à cette attention. Un sourire se dessine sur ses lèvres entrouvertes. Puis un murmure. Un murmure faible étouffé par la bouche de la personne en face.
- Pas la peine de demander.Bill se mord la lèvre en louchant sur celles de Tom. Son visage se rapproche un peu plus, leurs nez se cognent, son souffle s'accélère alors que Tom effleure une nouvelle fois ses lèvres. Frisson incontrôlable. Faible frisson de bien-être. Frisson qui n'a pas la même signification que ceux que Jürgen lui procure. Moins intense, moins fort...
- Ca fait tellement longtemps que j'attends ça que...
- ... ?
- T'es pas un rêve?Bill pose son front sur celui de Tom en le regardant dans les yeux. Regards remplis d'intensité qui rend l'atmosphère un peu plus électrique. Tension qui monte d'un cran et qui se fait palpable. Le dreadeux sort alors sa langue de sa bouche pour aller caresser les lèvres du brun. Leurs yeux se ferment à moitié sous le contact humide. Il la laisse ensuite s'aventurer à l'intérieur et passer sur les dents de Bill avant de la retirer.
- T'es pas un rêve...Chuchotement quasi inaudible dans le silence d'une pièce où la température se réchauffe. Leurs corps aussi d'ailleurs. Les mains de Bill remontent le long des bras de Tom pour savourer sa présence. Ne pas aller trop vite par peur de ne pas assez profiter. Profiter de son corps contre lui. Profiter de la chair de poule qui envahit les bras du blond quand ses doigts passent sur sa peau.
Leurs lèvres se scellent enfin. Leur souffle se coupe avant de s'accélérer d'un seul coup. Toute cette tension accumulée depuis des mois se concentre dans cet échange et le rend de plus en plus langoureux, sauvage. Les deux jeunes hommes ne pensent plus respirer. Ils le font à travers l'autre.
Cette sensation d'enfin avoir ce que l'on veut les envahit et les rend encore plus enthousiaste. Ils se perdent complètement dans ce nouveau contact. Un gémissement se fait entendre.
Qui en est le propriétaire?
Bill ? Tom ? Les deux mais tellement synchronisés qu'ils n'en forment plus qu'un.
Bill sent les bras autour de lui se resserrer et presser un peu plus son corps contre le sien. Il sent aussi l'excitation de Tom se coller contre la sienne. Jamais cette sensation ne l'avait rendu aussi heureux. Heureux de constater qu'il n'est pas le seul à désirer un homme aussi fort.
Les mains du dreadé descendent sur sa chute de rein et continue jusqu'à ses fesses. Il se sent quelque peu soulever alors que Tom empoigne cette partie de son corps. Encore une manière de le presser un peu plus contre lui même si ce n'est pas possible.
Leurs bassins se frottent l'un contre l'autre alors qu'un soupir s'échappe des lèvres de Bill. Il les détache de celles de Tom, son souffle saccadé s'évade sur le visage de Tom.
- Ca fait du bien.Tom ne répond rien de concret. Il s'empare juste une nouvelle fois des lèvres du brun. C'est finalement une réponse qui veut dire beaucoup. Sa langue passe directement la barrière, qui n'en est pas une, des lèvres de Bill. Elle rencontre celle du brun qui se presse contre elle. Leurs lèvres se découvrent et redécouvrent inlassablement. Elles se goûtent sans jamais se séparer.
Un contact froid sur son palais fait soupirer Tom qui apprécie l'utilité du piercing de Bill. Pointe de fraîcheur dans un monde qui a succombé à la chaleur.
La pièce s'est d'ailleurs réchauffée en quelques minutes. Les mains de Bill redescendent le long du corps de Tom en même temps que les boutons de sa chemise sautent. Un à un ils s'ouvrent. Un à un ils font découvrir à l'androgyne un torse imberbe et légèrement bronzé, plus que le sien en tout cas. Il se recule de Tom pour détailler la moindre partie de ce corps qui s'offre à lui.
Corps qu'il imagine depuis longtemps et qu'il voit enfin.
Inconsciemment, il se mordille les lèvres alors qu'il arrive au dernier bouton, son regard errant sur la partie inférieure, celle au dessous de la ceinture, où une bosse est née. Il recule son postérieur, toujours entre les mains de Tom pour apercevoir un peu plus son excitation, bien qu'elle soit cachée par un pantalon beaucoup trop grand pour la personne dedans.
Ses yeux se détachent difficilement de cette partie et remontent pour retrouver ceux de Tom qui le fixent sans ciller. Ce dernier rit doucement de l'air de Bill, si innocent mais pourtant si indécent. Air qui fait tout son charme et qui rend fou toutes les personnes qu'ils croisent.
Comment résister à ce regard ?
- T'as apprécié la vue ?Bill sourit en coin alors que son corps se soulève, son bassin se retrouve au niveau du torse de Tom. Qui pourrait croire qu'il ne sait jamais rien passer entre eux ? Qui se dirait qu'un des deux va être infidèle ce soir ?
Leur comportement est tellement naturel et une complicité est tellement présente qu'on pourrait croire à un couple qui se retrouve après une journée de travail. Le brun baisse la tête alors que ses mains passent sur les épaules de Tom pour faire glisser sa chemise le long de ses bras. Un premier vêtement est ôté et jeté à terre. A la vue du torse de blond complètement offert, Bill sent son excitation grossir dans son pantalon, beaucoup trop moulant pour ça.
Il effleure les lèvres de Tom, les humidifiant de sa langue pour enfin murmurer sa réponse. Un seul mot. Un seul mais dit avec une voix qui sous-entend beaucoup de choses. Voix grave et suave, qui fait frissonner Tom.
- Oui. Le blond passe ses mains sur les hanches de Bill, qui se rassoit doucement sur ses cuisses, alors que sa tête va se réfugier dans son cou, ses lèvres à quelques millimètres de son oreille.
- A moi alors de profiter.Après quelques bisous humides sur cette peau qui paraît sensible en vue des frissons qu'il a pu ressentir chez Bill, Tom retire sa tête pour la replacer face de celle de Bill. Ce dernier hoche la tête sans le quitter des yeux. De lui-même, il relève les bras pour faciliter la tâche.
A cette vue, Tom rigole plus franchement alors que Bill fronce les sourcils.
- Quoi ?
- T'as l'air pressé ?
- Maaaaaaaais...En bon enfant qu'il est, Bill croise ses bras contre son torse en affichant une mine boudeuse. Faisant un peu plus rire Tom, il retrousse son nez en faisant les gros yeux avant de les plisser pour faire culpabiliser le dreadeux.
Cette complicité revient et est encore plus forte. A les voir ils sont faits pour être ensemble.
- Je me demande pourquoi j'ai autant envie de toi d'un coup.
- Parce que...Redevenant sérieux, Tom se recolle contre Bill, ses mains longeant les bras du brun pour les relever au dessus de sa tête comme quelques minutes auparavant. Ce dernier se laisse faire sans rien dire mais garde tout de même une moue enfantine qui fait sourire Tom. Qui le fait craquer aussi.
Ses bras descendent ensuite le long du torse de son partenaire pour passer sous le tissu, caressant la peau. Toutes ses phrases ne sont que murmures. Murmures à peine audibles mais qui font leur effet à Bill.
-... moi aussi j'ai envie de toi et...Il tente de ne pas ressentir tous ses frissons et cette chair de poule qui l'envahit quand Tom le touche. Il essaie de garder une expression neutre et de ne pas montrer ce désir qui peut se lire dans ses yeux.
Ses mains qui remontent vers sa poitrine et ses doigts rugueux qui continuent leur ascension, s'arrêtant aux tétons pour les titiller. Un soupir incontrôlable sort alors de ses lèvres et son visage se détend.
- ... tu n'as pas envie que ça s'arrête hum ? Ce désir qui te consume comme si c'était quelque chose qu'on est obligé de vivre...
- Tom...Bill se mord la lèvre en fermant les yeux alors qu'il sent deux lèvres se poser sur les siennes avant de sentir son tee-shirt passer au dessus de sa tête. Il entend alors tomber au sol dans un léger bruit.
Il sent un mouvement et deux mains se poser dans la chute de ses reins avant qu'un contact humide lui fasse poser les siennes sur les épaules de Tom et qu'un nouveau soupir se fasse entendre.
Une langue taquine s'amuse à s'enrouler autour d'un de ses tétons tandis qu'il se sent pousser vers l'avant, une bouche suçotant à présent le bout rougi. Simple succion qui fait gémir Bill.
Sa tête se baisse pour se poser dans le cou de Tom, ses lèvres sortant de faibles sons de bien être alors que la bouche remonte le long de sa clavicule puis dans son cou. Bill se rend alors compte qu'un seul contact, aussi banal soit-il, le rend fou. Et ses mots qu'il ne fait qu'entendre encore et encore.
Les doigts du blond se crispent sur la peau du brun avant de descendre et de passer la barrière du pantalon. Ses mains touchent une peau plus douce, qu'il imagine blanche.
- J'peux pas te dire pourquoi mais je peux te dire que je ressens pareil et que j'ai aucune envie que ça s'arrête. Toutes ses sensations mélangées qui te brûlent de l'intérieur. Tu les ressens non ?L'androgyne soulève son corps pour permettre à Tom d'aller plus loin. Il a envie qu'il le touche, qu'il le caresse et qu'il ne s'arrête pas.
- Hein ?
- Hum...Ce n'est que ce mot qui sort de la bouche de Bill. Mot étouffé par les lèvres de Tom qu'il capture pour ne pas gémir trop fort alors qu'un doigt grappe son anneau de chair sans jamais pénétré à l'intérieur.
C'est avec des mains tremblantes dû au baiser et aux mains de Tom qu'il atteint le pantalon de ce dernier. La boucle de ceinture est défaite en quelques secondes puis s'en suit une bataille pour les boutons.
Un rire étouffé s'élève faiblement alors que Bill détache ses lèvres de celles de Tom, reprenant sa respiration puis se mordant la lèvre en sentant le doigt appuie plus fortement sur son intimité.
- Hum...
- Tu t'en sors?L'intéressé hoche la tête rapidement en dégrafant le dernier bouton. Ses mains se posent alors sur les hanches de Tom qui soulève son bassin pour retirer le pantalon mais un problème se pose. Bill soupire en frôlant les lèvres du dreadeux, son souffle saccadé s'insinuant à l'intérieur de sa bouche.
- Je meurs d'envie de te voir nu mais ça veut dire m'éloigner et ne plus ressentir cette... ça...Pour appuyer ses dires, Bill presse ses fesses contre la main de Tom qui se trouve toujours dans son habit. Main aux doigts qui chatouillent cette peau pendant qu'un se fait plus vicieux, tapotant l'entrée de Bill dans un rythme régulier, de manière plus ou moins appuyée.
A l'entente de cette phrase, Tom se mord la lèvre inférieure. Il ferme les yeux quelques instants avant de les rouvrir tombant dans ceux brûlant de désir du brun.
- Bill... me dis pas des trucs comme ça...
- Comment ?
- Qui me font encore plus perdre la tête.Il ne le laisse pas finir et remonte ses mains le long du corps de Bill, les pose sur ses joues, pour capturer ses lèvres dans un baiser fougueux. Le genre d'échange qui vous fait perdre la tête et qui vous fait tout oublier. Le genre de baiser que toute personne rêve de recevoir au moins une fois dans sa vie.
Un baiser rempli de passion.
Dans un mouvement habile Bill se retrouve recouvert du corps de Tom, ce dernier pressant son corps bouillant contre le sien. A moitié habillé, un mouvement d'avant en arrière débute sans qu'aucun des deux ne s'en aperçoive réellement.
Une envie trop forte pour être contenue.
Un désir trop important pour attendre.
Bill replie ses jambes, ses pieds se mettant automatiquement à plat sur le matelas, tandis que son bassin part en avant, suivant le rythme que Tom instaure. Elles se resserrent contre ses hanches pour accentuer le contact. Mais à un moment donné les vêtements se font de trop.
Beaucoup trop de couches. Beaucoup de chaleur concentrée à l'intérieur. Envie de sentir la peau de l'autre glisser contre la sienne.
- T... Tom... ton pantalon et le ... mien... en... en trop...Tom sourit en frottant son nez contre celui de Bill avant de placer ses mains sur les hanches du brun, attrapant un morceau de tissu entre chaque doigt. Le mouvement s'arrête, Bill pousse un soupir de frustration mais ne réplique pas quand il sent son pantalon glisser entre ses jambes en même temps que son sous-vêtement. L'air brûlant de la pièce s'écrase sur cette peau surchauffée.
Le vêtement tombe, seul le bruit de la boucle de ceinture raisonne dans la pièce.
Le visage de Tom réapparaît en face de celui de Bill, qui semble plus détendu.
- Merci.Soupir de soulagement avant de passer ses deux bras autour du cou de Tom pour rapprocher son visage. Leurs lèvres s'effleurent et les rôles s'inversent. Bill passe au dessus de Tom, ses yeux scrutant presque immédiatement ce torse qui le fait rêver.
Il peut enfin le toucher.
Ses mains parcourent délicatement la peau. Ses doigts redessinent les tétons, passant subtilement dessus le bout de chair qui se contracte à ce contact. Ils passent ensuite sur le nombril, enchaînant le même manège que plus haut avant d'arriver à l'élastique du boxer qui dépasse.
Il peut enfin le goûter.
Sa tête s'abaisse et embrasse la clavicule puis se dirige vers ce torse imberbe. Où ses doigts sont passés, sa bouche repasse. Tom soupire doucement en fermant les yeux, et se délecte de cette sensation qu'il a mis tant de temps à ressentir. Son corps se cambre légèrement quand il sent la langue de Bill cogner contre son nombril puis descendre jusqu'à la couture de son vêtement.
Les gestes de Bill sont lents et sensuels.
Chaque frôlement de peau. Chaque souffle qui se répand sur ce corps. Chaque pression qui fait soupirer le dreadeux.
Tom peut sentir chaque partie de son corps frissonner, ressentir chaque caresse. Caresse qui s'accentue quand elle s'approche de son entrejambe. Bill baisse habilement le bagguy, appréciant la douceur de la peau qui s'offre à lui.
On dirait une peau de bébé pense t-il quand ses mains remontent le long des jambes de Tom pour attraper la couture du sous-vêtement et le tirer vers le bas, dévoilant peu à peu la virilité dressée de Tom. Ses baisers suivent le mouvement et un soupir plus prononcé se fait entendre quand sa bouche se pose vers cette peau si sensible.
Tout se passe au ralenti. Aucun des deux ne souhaitent que ça se termine et pourtant l'envie monte encore et encore. A un point que ça en devient douloureux et difficile de ne pas sauter sur l'autre. Ce désir cumulé au fond d'eux réapparaît dix fois plus fort. Bill et Tom s'enivrent de cette tension qu'ils existent entre et qui les a fait succomber.
Le bassin de Tom part en avant quand la bouche de Bill englobe le gland pour le lécher et faire entrer en contact son piercing froid avec la peau qui se rétracte .
- Hum...Une fois complètement nu l'un comme l'autre, le boxer de Tom trouvant refuge sur le sol, Bill se réinstalle sur le dreadeux, leurs sexes rentrant pour la première fois en contact sans tissu superficiel. Un gémissement commun se fait entendre alors qu'ils halètent en même temps. Tom se relève en position assise et Bill se retrouve entre ses jambes. Leurs souffles se mélangent et leurs lèvres s'effleurent. Leurs corps déjà en sueur se pressent l'un contre l'autre alors que Bill pose ses mains sur les épaules de Tom pour faire cogner sa virilité contre celle du blond.
L'excitation se fait ressentir. Leurs soupirs se font plus forts. Leur souffle brûlant s'alourdit un peu plus.
Tous deux s'accrochent l'un à l'autre. Ils s'accrochent au corps de l'autre, leurs mains glissant à cause de la sueur qui se crée un peu plus que les secondes passent. Ils s'accrochent l'un à l'autre dans le but de ressentir un peu plus de contact. Ce contact tellement désiré est enfin assouvi.
Cette électricité qui s'est crée entre eux rend la situation plus excitante. Elle parcourt leurs corps et les envahit comme une drogue qui s'infiltre dans leurs veines. Elle les rend dépendants sans qu'ils ne s'en aperçoivent.
Ils profitent de chaque seconde de cette intimité qui leur est offerte. Ils sentent le désir se décupler et envahir chaque goût de leur sang. Après tout ce temps, ils savourent enfin le corps de l'autre.
- Alors le program... hum.Tom se mord la lèvre en sentant son sexe glisser sous les testicules de Bill pour toucher une partie beaucoup plus intime de son anatomie.
- Moi en toi...
- Ah ?
- Hum hum.Ses mains se posent à plat sur le torse de Tom pour le pousser délicatement et l'allonger sur le lit. Ce dernier esquisse un sourire en posant les siennes sur les épaules de Bill.
- Sûr de ça ?
- Oh oui. Tom regarde le visage de Bill se crisper sous le plaisir de ressentir ce frottement incessant qu'il crée. Plusieurs minutes passent comme ça. Chacun admirant l'autre. Cherchant ses points sensibles du bout des doigts. Profitant de ce moment qui sera sûrement unique. En une nuit, Bill et Tom doivent satisfaire des mois de désir refoulé.
Nuit où tout est oublié pour que demain la normale revienne. Nuit où toutes leurs envies peuvent être exaucées.
Habilement, les mains de Bill passent sous les fesses de Tom, et le bout de ses doigts part caresser l'arrière de ses cuisses. Un frisson envahit Tom quand il sent les ongles du brun parcourir sa peau pour rejoindre son intimité.
- Tu veux au moins ?
- Tu me le demandes vraiment ?Un sourire est échangé et une permission est donnée. Bill pose son front sur celui de Tom en fermant les yeux. Son souffle s'arrête quelques instants pour s'accélérer à l'entente de quelques mots murmurés par cette voix qui le fait fondre.
- J'attends que ça depuis que je t'ai vu. Bill ouvre les yeux en se mordant la lèvre pour empêcher un sourire trop large d'apparaître. Ses yeux plongent dans ceux de Tom et ce dernier peut alors remarquer cette étincelle. Une petite étincelle étouffée par celles du désir et de l'envie. Il ne sait pas exactement ce que c'est pour le moment mais à cet instant il se dit juste que ça le rend encore plus beau. Il se demande même comment c'est possible.
Tom relève alors la tête et effleure les lèvres de Bill alors qu'il sent un doigt forcer contre son entrée puis entrer doucement. Ce n'est pas désagréable. Peut-être parce que ça fait longtemps qu'il attend ce moment. Peut-être que grâce de ce désir trop grand et trop longtemps contenu, la douleur n'est pas assez forte pour se faire ressentir. Le brun frotte son nez contre le sien, Tom laissant retomber sa tête contre l'oreiller.
Bill ne cherche pas à frustrer le dreadeux. Il veut juste lui donner du plaisir et c'est en entendant des soupirs sortir de la bouche de Tom qu'il se dit qu'il y arrive. Mais il a envie que ses soupirs soient plus prononcés alors il entre un deuxième doigt. Les muscles de Tom se contractent et un gémissement plus fort envahit la pièce. Bill sourit doucement avant de s'emparer des lèvres de son amant.
Un soupir de bien-être est étouffé. Ses doigts entrent et sortent du corps du blond d'abord lentement puis plus rapidement.
Tom lâche alors les lèvres de Bill, son souffle lui faisant défaut.
- Hum... Le brun plonge sa tête dans le cou de Tom, sa langue caressant cette partie de son corps avec douceur et envie alors qu'un troisième doigt s'insère à l'intérieur du blond.
Le plaisir le submerge un peu plus. Il coule dans ses veines à une allure folle et se répand dans tout son corps.
Tom remonte ses mains et les pose sur les épaules de Bill, les réactions de son corps trahissant son plaisir. Jamais encore il n'avait ressentir un plaisir si exquis. C'est comme il avait imaginé.
Il peut sentir chaque particule de peau de Bill se coller à lui. Son souffle effleurer sa peau et lui procurer une vague de frissons.
Son dos se cambre et ses jambes s'enroulent autour de la taille du brun.
- Maintenant Bill...Le brun relève la tête à l'appellation de son nom dit d'une voix enrouée et sensuelle. La vision qui s'offre à lui, le laisse sans voix.
Tom le regarde dans les yeux. Des yeux brillants et remplis de désir. Il reprend alors son souffle qui s'était coupé face à cette vision.
Tom complètement offert.
Une vision orgasmique qui ne veut plus partir de son esprit. Après avoir retiré ses doigts de l'antre de Tom, il accroche ses mains sous les cuisses du blond, rapprochant leurs deux corps.
Le moment fatidique arrive et aucun des deux ne pensent aux conséquences que cela peut engendrer. Seule leur envie dévorante parle pour eux. Plus rien n'existe à part l'autre.
Chacun regarde son amant dans les yeux pour garder cet instant en mémoire. Un seul instant qui peut changer une vie et qui va peut-être changer la leur.
Tom descend sa main le long du torse de Bill pour se saisir de sa virilité humide et gonflée pour la guider. A peine la peau frôlée, le brun soupire de plaisir.
Une seule caresse et une décharge électrique se répand à l'intérieur de lui. Aussi forte que ce qu'il ressent quand il est en sa présence. Toujours plus intense quand il s'agit de Tom.
Pourquoi ?
Comment l'expliquer ?
Bill ne sait pas et ne cherche plus à savoir. Il vit ce qu'il a à vivre et ce qu'il a envie de vivre avec la personne de son choix.
Sa tête se pose sur l'épaule au dessous de lui pour garder son self-control. La respiration saccadée de Tom touche sa peau et le fait frissonner.
Des frissons qui se lisent aussi sur le corps du blond qui ressent puissance mille tout ses sensations.
- Regarde moi s'il te plaît...Tom relève la tête au moment où le bout de la virilité de Bill se presse contre son entrée. Il se mord la lèvre et fait tout ce qu'il peut pour ne pas fermer les yeux. Et ce qu'il voit l'encourage.
Un sourire.
Bill lui sourit alors que ses mains se mettent à caresser ses hanches. Il se détend complètement à cette vision.
Le nez de Bill caresse celui de Tom en murmurant les yeux mi-clos.
- J'veux te voir.Bill remonte ses mains et encadre le visage en sueur de Tom. Leurs souffles chauds se mélangent agréablement et une bulle se forment autour d'eux. Une bulle peut-être fragile mais qui est bien présente.
C'est au moment où il pose ses lèvres sur les siennes, ses mains se crispant sur sa peau que Tom sent le brun s'insérer un peu plus en lui. Doucement pour qu'il n'ait pas mal. Tellement soucieux du mal que ça peut faire que le blond peut ressentir chaque millimètre de Bill entrer en lui. Il ne se souvient plus exactement la dernière fois qu'il a ressenti autant de plaisir à être pénétré. C'est pourtant le moment le plus redouté. Celui qui est le plus douloureux bien que la suite soit super.
Et pourtant... aucune douleur déchirante ne le transperce. Aucune envie que ça s'arrête au contraire il donnerait n'importe quoi pour sentir Bill un peu plus.
Ses mains se posent sur les fesses du brun et les pressent pour le faire entrer plus profondément. Les doigts de Bill, accrochés au drap, de chaque côté du visage de Tom, blanchissent et ses lèvres s'ouvrent pour aller goûter celles du dreadeux. Un soupir s'échappe de ses lèvres quand il est entièrement en lui.
- Putain...C'est alors qu'un mouvement se met en place. D'abord doucement pour profiter de ce moment peut-être unique. Bill et Tom se regardent autant qu'ils le peuvent, s'embrassent aussi.
Ils ne peuvent plus se passer de ce contact. Envolés les doutes, ils ne pensent qu'à leur plaisir et à ce bien-être qu'ils ressentent.
Peut-être qu'une fois terminée, cette attirance s'en ira aussi. Une fois l'exaltation de la première fois et de l'inconnu passé, peut-être qu'ils ne ressentiront plus rien.
Pourtant Bill se demande comment il va faire pour se séparer de toutes ses sensations. Sentir l'étroitesse de Tom contre lui. Et pour Tom s'est pareil. Il se cambre en jetant sa tête en arrière, appréciant chaque entrée de Bill en lui.
Les accoups se font de plus en plus rapides et le plaisir les traverse de plus en plus souvent. Des frissons parcourent leurs corps en sueurs. Tellement envie de l'un de l'autre que la libération arrive beaucoup trop vite pour eux. Ils sentent leurs ventres se tordre et leurs souffles se couper.
Un mouvement plus profond touche la prostate de Tom qui s'accroche au dos de Bill pour ne pas sombrer complètement dans le plaisir. Il ne veut pas venir seul, il veut en même temps que le brun. Ce dernier se mord la lèvre en voyant l'expression peinte sur le visage de Tom. Il a toujours rêvé de voir le visage de Tom pendant ce genre de moment et il peut enfin le voir.
Son c½ur explose quand il entend Tom gémir plus fort et qu'il sent sa semence se répandre entre eux. Il ne lui en faut pas plus pour atteindre plus aussi l'orgasme. Tellement puissant qu'il en perd la tête. Sa respiration se coupe alors qu'il se laisse tomber sur Tom, qui respire bruyamment.
Jamais ils n'ont ressenti autant de plaisir. Jamais ils n'ont vécu un moment aussi forts en intensité.
Une fois calmé, Bill s'allonge à côté de Tom et se met sur le côté pour le regarder. Le dreadeux prend la même position et ils restent un moment silencieux. Un moment où les images de ce qu'il vient se passer défilent dans leur tête. Alors que Tom voit le regard ailleurs de Bill, il lève la main pour caresser sa joue. Au moment où elle touche la peau une légère décharge se fait ressentir et Bill sursaute un peu en revenant à la réalité.
Il regarde Tom qui a déjà ses yeux posés sur lui et tous deux rigolent au même moment. Un électricité plane dans l'air, ils la sentent et s'en enivrent.
Tom se rapproche de Bill et effleure ses lèvres en fermant les yeux. Les mais de Bill se pose à plat sur la torse de Tom alors qu'il caresse toujours sa joue. Ils profitent de chaque instant passé parce qu'ils ne savent pas quand ils vont revivre un moment aussi fort.
Un soupir de bien-être sort de la bouche du brun. Il ressent toujours autant de désir pour lui. Il la sent encore cette attirance et plus forte que jamais mais derrière elle, se cache un sentiment étrange qu'il n'arrive pas à nommer. Un sentiment qui le fait frissonner. Un sentiment qui le pousse à rester prés de Tom.
- Tom...je peux rester...
- Dormir ?Tom sourit devant l'air gêné de Bill avant de se rapprocher un peu plus de lui. Il murmure quelques mots en frottant son nez contre celui du brun.
- Bonne nuit beau brun.Soulagé, Bill se calfeutre dans les draps avant de se coller contre Tom, assez surpris mais heureux par cette soudaine marque d'affection. Il ne sait pas où tout ça va le mener mais il n'a pas encore envie d'y réfléchir. Peut-être que demain il va tomber de haut et que ça va faire mal mais il ne veut pas briser ce moment de plénitude qu'il ressent.
Un peu maladroit, les bras de Bill entoure délicatement sa taille comme s'il avait peur qu'il s'en aille. Mais cette nuit est la leur, aucun des deux ne bougera avant le lendemain. A cette pensée, Bill soupire d'aise, en relâchant son corps qui s'était tendu à cette réflexion.
La nuit porte conseil dit-on. Peut-être que Bill trouvera des réponses à ses questions. Des réponses qui lui indiqueront pourquoi il se sent aussi bien dans les bras de Tom? Pourquoi cette attirance physique n'est pas encore parti après ce qu'ils ont fait? Et surtout... pourquoi son c½ur est si léger quand il sent les douces mains de Tom lui caresser les cheveux dans un geste d'affection.
Il veut juste savoir... pourquoi il a envie d'être dans ses bras et nulle part ailleurs?
FIN FLASH BACK- Hé Bill réveille toi. Bill...Qui aurait cru qu'ils finiraient ensemble? En tout cas pas eux.
Le lendemain matin aucun des deux ne voulaient revenir à la vie réelle. Cette attirance et attraction mutuelle étaient toujours aussi présentes... si ce n'était pas plus encore. A son réveil, Bill se souvient avoir héberger du pays des merveilles pour un retour assez dur dans le monde réel. Le monde où il venait de tromper son petit ami. Et pourtant aucun remord ne l'envahissait. Il s'est trouvé horrible à ce moment là.
Il se souvient avoir regarder Tom se réveiller en douceur avant de l'embrasser comme si sa vie en dépendait. Il voulait voir si c'était toujours présent ou si c'était parti. Mais c'était bien là, au creux de son ventre. Il la sentait l'envahir à nouveau au contact du dreadeux. Cette attirance était toujours aussi forte que la veille. Et il ne pouvait s'empêcher de l'embrasser ou le toucher. Il sentait que pour Tom s'était pareil. Leurs baisers se faisaient appuyés comme si à chaque fois c'était le dernier qu'ils allaient échanger. Et de fil en aiguille Bill a laissé Tom être en lui et le dominer. Il a adoré ça, cette sensation d'être comblé et de ne faire qu'un.
Bill a mis du temps avant de parler à Jürgen et pendant presqu'un mois, il se torturait à se demander ce qu'il fallait faire. A chaque fois qu'il voyait Tom, son c½ur s'accélérer et il n'avait qu'une envie : retrouver leur cocon qu'ils avaient créé pendant une nuit. Il sentait le regard intense de Tom sur lui et c'est ce qui lui a fait prendre une décision. Cette décision qui a tout bouleversé. Un soir il a tout avoué à Jürgen qui ne semblait pas aussi choqué que ça.
Il lui a juste demandé de choisir. Il lui en voulait mais n'a jamais essayé de lui faire payer et Bill s'est senti encore plus coupable.
Que devait-il faire ?
Il aimait Jürgen mais cette attirance pour Tom le bouffait jour après jour. Mais est ce qu'il pouvait se contenter de contact purement charnel? Est-ce que c'était seulement physique entre eux ? Est-ce qu'il aimait encore sincèrement Jürgen ou se voilait-il la face ?
Il ne savait plus où il en était, des tonnes de questions traversaient son esprit mais aucunes avaient de réponses. Et puis, après un certain temps sa décision a été prise. Il est alors allé voir la seule personne qu'il avait envie de voir.
Et maintenant voilà où il en est... c'est une voix qu'il connaît par c½ur à présent qui le réveille tous les matins.
- Allez Bill debout..Il s'étire avant de serrer le corps chaud contre lui. Il le sent lui rendre cette étreinte avant de frissonner à la sensation de baisers humides dans le cou puis un chuchotement dans le creux de son oreille qui le fait sourire.
- Bon anniversaire mon Bill. 30 ans.. ça se fête pas tous les jours.Et 10 ans qu'ils vivent ensemble.
10 ans jour pour jour, que Tom lui a demandé de vivre avec lui le jour de ses 20 ans. A cet instant il n'a jamais été aussi heureux du choix qu'il a fait. Il n'a jamais regretté de l'avoir choisi lui.
Comme quoi il faut toujours suivre son instinct et ne jamais aller contre ses sentiments. Parce qu'ils sont toujours plus fort que la raison.
FIN.